Ibid
452 CHAPITRK XIV.
heureux possesseur une véritable fortune. On va en juger par un curieux exemple. Nous avons dit plus haut que Robert Chesnel, le fameux aventurier anglais, s'est vu forcé de se rendre à un chevalier français nommé Gaudry de Ballore. Ce Chesnel s'est tellement enrichi aux dépens des oampagnes du Perche qu'il se trouve en mesure de payer immédiatement pour sa rançon douze mille florins, un coursier du prix de trois cents francs, une haquenée de la valeur de soixante francs, une épëc, un couteau dit dague, et enfin un fer de lance de fabriqua bordelaise', le tout livrable, moitié & Noël 1364, et l'autre moitié à la fin de janvier 1365 '. Un écuyer du diocèse de Quimper, qui a fait prisonnier dans la jour* née du 16 mai Pierre d'Aigremont, étant tombé & son tour l'année suivante entre les mains des Anglais & la bataille d'Auray, son mattre Robert KnoUes le tient enfermé pendant des années au château de Derval et veut exiger d'un simple écuyer une rançon aussi élevée que d'un grand seigneur, tant il suppose cet écuyer enrichi par la rançon du capitaine navarrais pris & Cocherel'. Ces rançons rétablissent un peu les aflaires des Bretons du parti français appauvris et plus ou moins ruinés par rinlerminable guerre de la succession. Mieux vaut, certes, chercher fortune de cette manière, que de mettre au pillage les maisons de Mantes et de Meulan ou même que de se faire donner les biens des rebelles confisqués par Charles Y. Au moins, cet argent, ils l'ont gagné & la pointe de leur épée dans une lutte loyale, et ils ne le tiennent que de Dieu et de leur courage. Si la défaite du captai et des Anglo-Navarrais enrichit les
1. « De factura Burdegalis. » Arch. Nat., sect. jud., X^* 19, f* 300.