A loi de chevalier s*adouba H marehis
[Chron. rimée, t. I, p. 31, v. 782.)
s'équipe alors de pied en cap avec les dépouilles du chevalier, tandis que son valet revêt celles de Técuyer; n'ayant plus besoin de la jument qu'il montait avant cette boiine aubaine , il la remet au lieu où il l'avait prise * et va trouver sa mère. « Depuis quand êtes-vous chevalier? » crie celle-ci à son fils, du plus loin qu'elle l'aperçoit dans cet équipage. — « Madame ma mère , répond Bertrand, veuillez me pardonner les larcins que j'ai parfois commis à votre détriment. Voici de l'or que j'ai conquis, vous y pouvez puiser à pleines mains : pour chaque denier que je. vous ai pris, je veux vous rendre vingt sous*. »
Le plus bel exploit de du Guesclin et de ses gars, pendant cette période, c'est la prise du château du Fougeray. Cuvelier , à qui nous devons le curieux récit de ce fait d'armes , a omis comme toujours de nous en faire connaître la date; mais Robert Bramborc, qui fut tué au célèbre combat des Trente, était alors capitaine du Fougeray : la prise de cette forteresse par notre héros doit, par conséquent, être antérieure au 27 mars 1351, date de la lutte épique qui se livra sous le chêne de Mi-Voie. D'un autre côté, l'audace même de ce coup de main, l'absence de Bramborc occupé à chevaucher contre « l'ost » de Charles de Blois nous reporte à une époque où le parti de ce prince, après avoir paru comme anéanti pendant les trois années qui suivirent le désastre de la Roche-Derrien , commençait à relever ouvertement la tête, c'est-à-dire à la première moitié de 1350. Dans le cours de cette année, le parti anglais en Bretagne fut
1. S'enmainnent la jumont, et nous dist H escrips Que Bertrand la remist au lieu ou il la prist.
(/6«d., V. 790 et 791.)