‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 50 sur 286 · IHc-et-Vilaine, arr. Montfort -sur-Meu, c. Plélan · texte numérisé non relu

IHc-et-Vilaine, arr. Montfort -sur-Meu, c. Plélan

2. Sorto de bouclier de forme oblongue que l'on portait parfois accroché à la ceinture. Cuvelier nous représente ici du Guesclin dans le plus pauvre équipage, car la taloche était une armure défensive tout à fait primitive. Au quatorzième siècle, les marchands eux-mêmes ne voyageaient guère

qu'un valet nommé Orris, grand et hardi gaillard, qui court essoufflé derrière la monture de son mattre. Quand ils ont fourni une longue traite : « Sire, dit le valet tout hors d'haleine, j'en ai assez de ce métier, je ne puis aller à pied plus longtemps. Si vous ne me donnez mulet ou jument, je vais prendre congé de vous, bien le bonsoir. » — « Paix! répond Bertrand qui vient d'entendre retentir au loin le galop d'un cheval et le cliquetis d'une armure. Dans un instant, si je ne suis pas mort, tu seras bien monté, je te le promets. » Bientôt apparaît, dans le sentier, un chevalier anglais armé de toutes pièces, monté sur un destrier de prix, le bassinet en tête, la lance au poing, au bras un écu étincelant. Suivi de deux hommes bien armés et montés, un écuyer et un valet portant en trousse les bagages, ce chevalier se rend au château du Fougeray* occupé par une garnison de quatre-vingts ou cent soudoyers de sa nation. A certains détails de l'équipement, Bertrand reconnaît de suite un ennemi. La lutte a beau être inégale, son parti est bientôt pris. En quelques coups de hache, il fait voler en éclats la lance du chevalier, l'épieu de Técuyer et les étend tous deux raide morts par terre ; puis , enfourchant le destrier de l'Anglais, il rattrape le valet qui s'enfuyait sous bois avec le sommier chargé d'or et lui fend la tète. Le pauvre écuyer des marches * bretonnes

sans porter sous leur manteau un badelaire ou grand couteau, et une taloche. JJ108, n- 177, 202; JJ120, n* 325.

1. Le Grand-Fougeray, IlIe-et-Vilaine, arr. Redon. Le chevalier qui figure dans l'anecdote racontée par Cuvelier venait peut-être de Ploérmel occupé aussi à cette époque par les Anglais ; et la route qu'il devait suivre pour se rendre au Grand-Fougeray est à peu de distance de la lisière méridionale de la forêt de Paimpont.

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