‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 54 sur 286 · V. le n* II des pièces juslificalives · texte numérisé non relu

V. le n* II des pièces juslificalives

2. Le 20 octobre 1348, Edouard lU notîGa à Moniqaot de France et à Thomas de Bentley, gardiens des châteaux de Noirmoutier et de la Barre, ainsi qu'à Thomas de Dagworth efr aux principaux capitaines de Bretagne, la nomination de Henri, comte de Lancastre, comme lieutenant et capitaine es parties de Poitou. Rymer, vol. Ul, p. 190.

3. Dans un acte du 15 mars 1349, le Galois de la Heuse, ch*', sire de Goy, est qualiûé «capitaine souverain pour le roi en la vicomte de Thouars dès la feure de Niort jusques à la mer et des terres de Belleville et de Clisson. » JJ 80, n* 192, f* 157 et 158.

4. « Ne quis salem apud la Bay vel alibi in parlibus Pictavie ah aitquOj nisi a comiU Lancattrie^ emere audeat, • Rymer, vol. HI, p. 190.

no GUESGLIN, CHEF DE PARTISANS. 99

Gomment la fldélité d'un Raoul de Caours aurait-elle résisté à une telle épreuve? Nul doute que Tancien pensionnaire d'Edouard ne soit entré dès ce moment en négociations avec le roi de France. Ces Âmes viles, mercenaires, sont souvent les plus vindicatives. D'ailleurs Raoul connaissait trop bien le prix de toutes choses pour ne pas se rendre compte du peu de valeur que pouvait avoir sa parole ; il sentait parfaitement que personne ne prendrait au sérieux son nouveau changement de front, s'il n'en attestait avec éclat la sincérité par des actes. C'est alors que, rassemblant les débris du parti de Charles de Blois et y joignant l'appoint des forces dont il disposait, il infligea aux auxiliaires de Montfort dans les premiers jours d'août 1350 cet échec important d'Auray^ où une centaine d^ommes d'armes anglais périrent avec leur chef Thomas deDagworth, le vainqueur de la Roche-Derrien, le lieutenant d'Edouard en Bretagne.

Dagworth, pris à Timproviste par la défection de Caours, avait dû faire appel, pour soutenir la lutte, aux garnisons anglaises des forteresses de la vallée de la Vilaine où s'ouvrirent les hostilités; et Robert Brambore, capitaine du Fougeray, répondit sans doute à cet appel. Par un heureux hasard, Bertrand se tenait alors

1. « Anno gratie 1351 concessa est régi décima biennalis. Domina» Thomaa de Dagworthe, nobilis miles, peremptus est per fraudem Francorum. • (Henri de Knygthon, Hisl, AngL Script, de Tii7sden, t. H, col. 2602.) Knygthon se trompe de date ; le combat où périt Thomas de DagwoKh doit être antériear au 8 septembre 1350, date de la nomination de Gautier de Bentley comme lieutenant en Bretagne en remplacement de Dagworth. « Environ ce temps, eschelèrent et prindrent Englois Bescherel. Et y ot une bataille près d'Auroy que fist Raoul de Caours et le sire de BcAuvoir, et y eut mors et prins bien cinq cens Englois. Et y fu mors Thomas Dagome qui estoit lieutenant du roy Edouart en Bretaigne. • Bibl. Nat., dép. des mss., fonds français, n" 4987, f* 51 v. Cf. Froissart, Chroniqtie», U IV. p. 400.

tapi avec sa bandé composée d'environ soixante gars sur la lisière des bois* qui entouraient, au quatorzième siècle, la forteresse dont il s'agit, guettant les Anglais de la garnison pour les happer * à la première occasion favorable. Il apprend, par un valet* du ch&teau tombé en ses mains, que le capitaine et la plus grande partie de ses hommes viennent de partir en expédition. « Amis, nous souperons aujourd'hui dans ce maître donjon, et je vous y régalerai de mouton gras », s'écrie Bertrand, en montrant de loin à ses gars la belle tour à créneaux qui domine encore le pays. Il sait que la garnison a fait une commande de bois de chauffage, et voici le stratagème qu'il imagine. Il se présente devant le château à la tête de trente gars des plus résolus déguisés en bûcherons et tout courbés sous le poids de fagots et de bourrées où ils ont caché leurs armes. Le reste de la troupe, réparti en quatre petits groupes de sept à huit hommes, se tient caché à quelque distance, prêt à accourir au premier signal. Bertrand porte la plus forte charge et s'avance le premier, en faisant de grandes enjambées, comme quelqu'un qui aurait h&te de se débarrasser d'un fardeau trop lourd. Plusieurs de ses compagnons se sont affublés de j upons blancs pour ressembler à de pauvres vieilles femmes qui viennent de ramasser du bois. La sentinelle du château les aperçoit et sonne de la trompe. A ce moment, plus d'un des faux bûche-

1. Ces bois sont ceax de Teillais (auj. succursale d'Ercé^n-Lamée, lUe-et-Yilaine, arr. Redon, c. Bain) ; il reste encore des débris de cette forêt entre Teillais au nord et Rufflgné an sud. Au quatorzième siècle, la forêt de Teillais s'étendait à Touest jusqu'au Fougeray.

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