‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 55 sur 286 · Pour haper les Engloiz, quant de là sont seyré · texte numérisé non relu

Pour haper les Engloiz, quant de là sont seyré

{Chron. rimée, 1. 1, p. 33, vers Soi.)

3. « Un varlet sorty du chasteau en la forest du Teillay • Bertrand d'Ai^ gentré, HUl. de Bretagne, éd. de 1618, p. 400.

rons voudrait bien « être dans la mer salée' », mais il est trop tard pour reculer.

Le stratagème réussit. La garnison croit qu'on lui apporte le bois dont elle a besoin, elle fait abaisser le pont-levis et ouvrir la porte. Bertrand entre le premier. Dès qu'il est sur le seuil, il jette sa charge en travers, tire son épée et fend la tète au portier en poussant son cri de guerre. « Guesclin ! En avant I mes amis, en avant! crie-t-il à ses compagnons, à bas vos fagots; il y a céans bon vin, il ne s'agit plus que de le tirer; » puis, sV dressant aux Anglais : « Fils de putain, voilà du bois que vous payerez cher : c'est pour chauffer votre bain, mais c'est de votre sang que je remplirai la baignoire. «

Du Guesclin et ses compagnons sont déjà maîtres de la porte, lorsque la valetaille des cuisines et des écuries, accourant au bruit, s* efforce d'assommer les assaillants à coups de pierre. Un des gars de Bertrand reçoit même sur l'oreille un tel coup de cognée qu'il tombe sur le pont-levis pour ne plus se relever. Bertrand passe son épée au travers du corps de l'écuyer anglais qui a fait ce coup, saisit la cognée et s'élance en avant au cri de *: «Guesclin! la journée est gagnée! » C'est alors que notre héros, en poursuivant quelques fuyards, se trouve tout à coup séparé du gros de sa troupe et comme enfermé dans une étable où il lui faut soutenir seul l'assaut de toute une armée de valets des cuisines, de la bouteillerie, de la paneterie et des écuries. Ces combattants d'un nouveau genre sont armés les uns de leviers à porter les seaux, les autres de perches pointues, plusieurs enfin de broches et de pilons. La situation de du Guesclin et des siens menace de devenir critique lorsqu'on entend retentir un galop de chevaux. Par précau-

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