‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 7 sur 286 · C'estoit un beau chappel, d'or et d'argent ouvrez · texte numérisé non relu

C'estoit un beau chappel, d'or et d'argent ouvrez

avec des chances égales. Bertrand appelle la ruse à son secours. 11 <c joue d'un jeu si subtil » qu'il finit par faire perdre terre à son adversaire et le renverse sur le dos ; mais celui-ci ne lâche pas prise et Tentratne & son tour dans sa chute. En tombant sur son champion, le jeune du Guesclin se heurte contre un caillou pointu; il a le genou à moitié coupé, et Ton est obligé de le relever en le proclamant vainqueur. Bertrand se fait panser par un barbier et porter chez sa tante, qui lui pardonne cette aventure, & condition qu'il renoncera à ces amusements de vilain et n'essayera désormais ses forces que dans les joutes et les tournois.

Après un an de séjour à Rennes chez son oncle, Bertrand parvient à reconquérir les bonnes grâces de ses ])arents. De retour à la Motte-Broons, il se met à suivre attentivement les joutes et les tournois; il s'y rend, monté sur un des petits chevaux de son père. Quoique sa bourse soit mal garnie, il ne tarde pas à se faire un renom de générosité. Partout où il sait qu'une réunion de jeunes ccuyers doit avoir lieu, on présente le vin au nom de Bertrand du Guesclin ; aussi chacun l'accueille avec joie et lui fait fôte. Les pauvres gens ont leur part dfins ses libéralités, et il lui arrive parfois de se dépouiller de ses habits pour les donner à des mendiants qui lui demandent l'aumône, quand il ne peut les assister autrement. « C'est le fait pour quoi son père l'aime le plus et pense bien que son fils lui fera honneur*. »

Ici se place un événement qui fait époque dans l'histoire de Bertrand, le célèbre tournoi de Rennes. Si l'on connaissait ladate précise decet événement, on en pour-

Page 1