‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 125 sur 291 · Manche, arr. Saint-Lo, r. Tessy. JJ 92, n · texte numérisé non relu

Manche, arr. Saint-Lo, r. Tessy. JJ 92, n

aide pour sa solde*, ou les obligeait à se racheter du pillage moyennant une somme convenue : c'étaient les plus favorisés. Mais malheur aux pauvres gens qui faisaient leur résidence et possédaient des biens en frontière de pays anglais, navarrais ou même français ! Us servaient pour ainsi dire de cible aux trois partis ; c'est sur leur dos qu'on se portait des coups, de part et d'autre; c'est sur leur dos que s'exerçaient les représailles. Par exemple, les habitants d'une paroisse de la lisière du clos de Cotentin avaient-ils été contraints de payer rançon aux Anglais de Saint-Sauveur ou aux Navarrais de Carentan, les Français de SaintrLo ou deCoutances avaient à peine reçu la nouvelle de cette exaction que, sous prétexte de punir les malheureux qui l'avaient subie , ils accouraient les rançonner à leur tour. Ce n'était entre toutes ces petites forteresses qui se guerroyaient sans cesse qu'une partie de barres perpétuelle dont la région intermédiaire faisait toujours les frais.

Même en pays ami, les gens de guerre se livraient aux plus honteux excès. Vers 1357, un homme d'armes du fort français de l'église de Périers, qui devint dans la suite bailli des possessions du duc d'Orléans en Basse- Normandie, Richard Condran, va se promener un jour avec plusieurs autres soudoyers à Saint-Sébastien de Raids *, village voisin de la forteresse où il tenait alors garnison. Richard et ses compagnons font dans ce village la connaissance de deux jeunes filles, de bonne vie et d'honnête extraction, qui ont le malheur de leur plaire. Ils les prennent aussitôt de force, les lient sur

1. En 1357, les bourgeois de Saint-Lo forcèrent les paroisses des envi- ^ rons à payer une aide pour entretenir la garnison de leur ville. Bibl. Nat., dép. des mss.. fonds Secousse, Mélanges; lettres de rémission de décembre 1357.

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