‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 129 sur 291 · JJ ST, n- 3!S · texte numérisé non relu

JJ ST, n- 3!S

dépouilles, s'étaient mis à leur tour à vivre du brigandage. Ces tuchins occupaient les maisons placées dans le voisinage des routes fréquentées que la terreur avait fait vider; de là, ils guettaient au passage les voyageurs, surtout les marchands dont ils tiraient de grosses rançons ^ Ils commettaient encore plus de désordres que les gens d'armes proprement dits; ils se faisaient un jeu de violer les femmes*, et mettaient le feu aux chaumières des villageois qui refusaient ou que leur dénuement empêchait de composer avec eux*. Comment les vengeances privées n'auraient-elles pas profité de cette

1. Charles V délivra des lettres de rémission, en mars 1377 (n. st.), à Pierre Lcgendre et Guillaume Duboys, de la paroisse du Lorey (Manche; arr. Coutances, c. Saint-Sauveur-Lendelin), qui avaient noyé dans un vivier trois pillards « vingt ans a ou environ, ouquel temps plusieurs Anglois et autres gen% d'armes tenoient et occupoient plusieurs forteresccs ou dit paiS; lesquelx pilloient et rauboient les bonnes gcnz, et dont les aucuns se logoient aucunes foiz en aucunes maisons vagues et estraniëres ; et là guettoient le chemin par où Ton va de Saint Lo en Constances qui passe par ladite paroisse de Lorey et ainsi dcslourboient les marchanz et autres bonnes genz trespassanz par lo dit chemin que eulx povoient trouver, et les aucuns emmenoient prisonniers à leurs fors. » JJ 110, n* 180.

2. Charles V octroya, en octobre 1376, des lettres de rémission à Jean Legaat Tatné, de Notre-Dame de Gorges (Manche, arr. Coutances, c. Pcriers), qui avait aidé à rompre la jambe d*un brigand de bois achevé à coups de couteau « comme, vingt ans a ou environ, il avoit ou pais pluseurs larrons et brigans de bois qui souvent se assembloient et venoient es villages du pais pour rober les bonnes genz et prendre leurs femmes à force, ou quel temps se feussent assemblez six ou sept des diz briganz et larrons et venuz par nuit en la dite ville de Gorges et entrez en Tostel de Guillaume Noël et de Phelippart Nocl frères, pour prendre leurs femmes à force. • JJ 109, n- 282.

3. Charles V fil grAce, en avril 1376 (n. sL), à Richard Yvon et à Henri Fauvel de Courcy-lez -Coutances^ qui avaient tué. vers 1360, Jean Moissant dit Gallot, de la dite peroissc, « qui esloit devenu brigant ou tuchin de bois, frequentoit et hantoit noz ennemis lors estanz ou pais de Coustenlin et environ et faisoit faiz d*icculz ennemis.... pilloit, roboit ce qu'il povoit llrouver, prenoit les bonnes gens ses voisins et autres, les rançonnoit, et quant les aucuns ne se voloienl rançonner, alumoit feu en trois ou quatre lieux. . JJ 108, n« 259, f^ 146.

BBSTRAND DU GUESCLIN. I — 18

anarchie pour s'assouvir? Voulait-on nuire à quelqu

^ rien n'était plus facile que de le faire arrêter, pille

! tuer au besoin, en le dénonçant comme français aux

< glais ou aux Navarrais, comme anglais ou navarrais

■ Français *.

! Traqués par tant d'ennemis à la fois, les laboure

I du Cotentin et de rAvranchin, surtout ceux des envii

* de Cou tances et de Saint-Lo, qui restèrent généralen

: fidèles au régent, ne savaient plus où se blottir

Saint-Jores, ils se cachaient dans les roseaux et hautes herbes des marais^, et à Sainl-Gilles *, dans bois * ; à la Mancellière \ ils creusaient des soutern pour y mettre en sûreté leurs familles et leurs biei

' ^ 1. Guillanme Hémart, de Bures en la ricomté de Bayenx (Calvados

' Vire, c. le Bény-Bocage), accuse Pierre Lebrait, de Guilberville (Mai

• arr. Saint-Lo, c. Torigai), d'avoir Kimiliarité et alliance avec plusieun

lards ci gens des garnisons des forts du pays, par lesquels il fait piller qui ne sont pas ses amis. JJ 108, n* 378, f" 216 v*.

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