BERTRAND DU GUE8CUN
jour sans apprendre que plusieurs de ses forteresses viennent de tomber au pouvoir des ennemis du royaume. «( En ce temps, dit le moine de Saint-Alban, surgit en France la fameuse Grande Compagnie que Ton appelait Sans-Tête*. » C'est un chroniqueur anglais, il importe de le remarquer, qui donne aux Compagnies ce sobriquet de Sans-Tôte. Edouard aurait bien voulu faire croire que les gens d'armes dont il se servait pour accabler les vaincus et les contraindre à. subir ses exigences n'obéissaient à personne; mais nous savons aujourd'hui que le monstre aux mille bras qui, de 1356 à 1359, dévora la France au mépris de la trêve de Bordeaux, avait une tête; et cette tête, c'était Edouard luimême, associé secrètement à Charles le Mauvais. Jean de Fodrynghey, l'un des négociateurs du traité du !•' août pour le roi d'Angleterre, est capitaine de Creil ' au lieu et place de Philippe de Navarre dont il se dit le maréchal. A Épernon, James de Pipe*; à la Ferté-Fresnel, Jean de Standon *; à l'abbaye du Val, Jean de Weston* ; à Auvilliers, Thomas Fogg • ; au Neubourg, Thomas Caun ' ; à Saint-Valery-sur-Somme^ Guillaume Boulemer'; à Lingëvres et à Saint-Yaast, Robin Adez*; à Becoiseau en
1. « Sub hisdiebus, consurrexit in Francia famosa Magna Socielasqus Gens sine Capite vocabatur. » Chronicon Angliœf auciore monacho quodam Sancti Albani, edited by Edward Maunde Thompson, 1874, London, p. 37.