Ibid., r 62 V
6. Jean Gauvain, valet de chambre de Charles, exprimait un jour à ce prince son élonncmcnt qu'il pût supporter cette vermine : « Elle ne mo
Nût pomt mal, lui répondi son maflre ; et, quand elle me ronge, j'offre
charité inépuisable. Il marie les orphelines pauvres*; et quand il voit des enfants heureusement doués, il les fait instruire et leur donne de Targent pour fréquenter les écoles^. Reconnaissant des services rendus, il a un at|ir chement pieux pour la mémoire de ses compagQQps d'armes. Chaque année, en quelque endroit trouve, les jours anniversaires des combats où il^ part, Charles de Blois fait célébrer un service solcnîieï pour les âmes des braves qui ont péri en défendant sa cause, et il garde soigneusement par devers lui un registre contenant Tindicalion de tous ces anniversaires*. Ce saint est, quoi qu'on en ait dit, un type de générosité chevaleresque. Un jour que ses gens, croyant se rendre agréables, attaquent devant lui son compétiteur, il les reprend sévèrement en disant : « Mon adversaire croit à son bon droit comme je crois au mien, il défend sa cause et moi la mienne. D'ailleurs Jean de Montfort est du sang de Bretagne. Tout déshonneur qu'on lui ferait m'atteindrait moi-môme : ne tenez plus un pareil langage à l'avenir*. » Comme saint Louis, son glorieux an-
ma souffrance à Dieu et aux saints. » Ibid., f- 201 v et 202. Cf. M 53, 60 V et 147.
1. • Puellas orphanas maritabat. » Ibid., f" 148. — « Quaiiclo sciebat aliquos pauperes orphanos, ipsos nutriri faciebat suis sumptibus et expensis; et si erani muliercs, cas maritabat, et eis aliquos bonos operarios et probos homines, secundum quod status eorum requirebat, dabat. » /6id., ^2ol.
2. « Quando videbat et percipiebat pueros ingeniosos et bone indolis, pecunias dabat ad tenendum ipsos in scolis.» Ihid.j î* 148.— ■« Si viri eraiit, ipsos ad scholas mittebal et in scientiis Hlterarum inslrui faciebat.... ; plurcs pueros orphanos nutriri fecil et in scientiis Hlterarum erudiri. » Ibid., ^231.
3. ■ Et dies dictorum conflictuum apud se habcbat registratos. » Ibid., (^ 128 V.
4. « Ipse adversarius meus crédit habere bonam causam contra me, et ego contra ipsum. Ipse défendit causam suam, et ego meam. » Ibid.j rM9ô V.
cêtre, Charles de Blois met autant de scrupule à respecter les droits dont ses vassaux sont investis en verlu de la constitution féodale, que d'énergie à revendiquer les siens propres ; et quand on le presse d'arrêter une résolution importante de son autorité privée, il répond qu'il ne peut rien faire sans prendre l'avis de ses bardhs et des autres habitants de son duchés A la guerre, dans le tumulte d'une mêlée, Tascète se transflgure en héros, l'agneau devient un lion ; on dirait l'ange des combats en personne. A la sanglante bataille de la Roche-Derrien, Charles de Blois a déjà reçu dix-sept blessures lorsqu'il est fait prisonnier par les Anglais *. Dans le train de la vie ordinaire , la douceur, raffabilité , la prévenance du duc de Bretagne pour les plus humbles lui gagnent tous les cœurs. Une simple hôtelière deSaumur, qui avait hébergé Charles de Blois à plusieurs reprises, raconte que, du plus loin qu'il l'apercevait dans la rue, ce prince courait à elle, ôtail son chaperon, et la saluait avec la même courtoisie que s'il eût abordé une dame du plus haut rang*. Rencontre-t-il un prêtre ou un religieux, il se jette à bas de cheval en signe de respect. Comment le clergé breton ne serait-il pas tout dévoué à un prince qui, non content de combler les églises de ses dons, témoigne tant d égards aux membres les plus modestes du sacerdoce ! Aussi les religieux mendiants, les franciscains ou frères mineurs surtout, alors si po-
1. « Nihil possum super hoc faccre nisi pcr consiiium baronum cl aliorum ducalus nici. » Ibid.y f* 201.