Jusqu'au 24 juin 1359. Rymer, HI, 422 et
ves qui aboutissent à un projet de descente en Angleterre *. En attendant que des commissaires spéciaux envoyés dans toutes les provinces aient recueilli l'argent destiné à faire les frais de cette expédition, le dauphin déploie une activité prodigieuse pour mettre le royaume en état de défense. Les États s'associent à ses efforts avec le plus généreux patriotisme. Les noblei^ s'engagent à servir un mois à leurs dépens et à contribuer aux impositions ordonnées par les bonnes villes. Les gens d'église consentent aussi à payer leur part de ces impositions. La ville de Paris prend à sa charge Tentretien de six cents glaives, de trois cents archers et de mille brigands.
Encore toute meurtrie de sa chute à Poitiers, affaiblie pendant les années qui ont suivi cette défaite par les dissensions civiles, la France se retrouve enfin sous l'excès des maux qui l'accablent et oppose à l'ennemi l'énergie du désespoir. C'est alors qu'un simple paysan de Longueil-Sainte-Marie ^, Guillaume l'Aloue, a la gloire d'armer le premier avec succès les gens des campagnes pour la défense du sol envahi. Ces vilains ne font pas de quartier aux Anglais qui tombent entre leurs mains et refusent de les prendre à rançon. Ils mettent aussi une sorte de point d'honneur à ne recevoir aucun noble dans leurs rangs ■, sans doute pour montrer qu'ils sont capables de se défendre par eux-mêmes. Guillaume
1. Ce fait si nouveau el si curieux auquel Froissart fait allusion {Chroniques, t. V, p. 90 et 91) ressort d'un texte découvert et publié par M. Germain, Mémoires de la Société archéologique de Montpellier y t. IV, p. 409 à 434.