‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 141 sur 291 · Oise, arr. Compiègne, c. Estrées-Saint-Denis · texte numérisé non relu

Oise, arr. Compiègne, c. Estrées-Saint-Denis

3. Guillaume VAloue, par Siméon Luce. Nogent-le-Rotrou, 1875, broch. in-S (extrait du Bulletin de la Société de V Histoire de France, année 1875).

TAloue perd la vie dans un combat où ses paysans ont tué plus de cent ennemis, dont vingt-quatre chevaliers, mais il laisse un valet, véritable type du bon géant, le Grand Ferré, qui se charge de venger son maître dont il surpasse encore l'héroïsme. Si la postérité a retenu les noms de TAloue et du Grand Ferré, c'est que ces humbles héros ont inspiré à Tun des continuateurs de Nangis, à leur compatriote Jean de Venette*, quelques pages immortelles. Dans ces pages, écrites en latin, un latin, il est vrai, tout vivant et en quelque sorte frémissant d'inspiration, le sentiment national tel que nous l'entendons aujourd'hui prend, peut-être pour la première fois, cet accent d'ardeur militante qu'avait surtout la foi religieuse dans les productions des âges précédents. C'est, à vrai dire, l'avènement d'un genre alors original, de ce qu'on pourrait appeler déjà la Httérature patriotique.

Ce touchant épisode de la défense de Longueil-Sainte- Marie par une garnison de paysans nous fournit l'occasion de citer un fait, jusqu'à présent inconnu, où l'esprit nouveau que du Guesclin apporta dans la manière de faire la guerre apparaît dans tout son jour. Loin de partager les préventions de la plupart de ses contemporains contre l'emploi des vilains dans les armées, Bertrand, même lorsqu'il fut parvenu au faîte des honneurs militaires, allait chercher de préférence ses soudoyers parmi les manœuvres dont la profession nécessite une certaine adresse ou une grande force physique; et les actes mentionnent des batteurs en grange, des charrons, des forgerons, des tonneliers', qui furent

1. Continuatio chronici Guillelmi de Nangiaco, éd. do Géraad, t. Il, p. 288 à 293.

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