V. le n<> XX des pièces jusliûcati vas
personnes et dans leurs biens du payement de la rançon tout entière*. Grâce à ce marché, la liberté des communications avec le centre du royaume est assurée, et Jean peut dès lors se rendre sans être inquiété de Calais dans sa capitale. Nous avons ici évidemment le pacte avec les brigands dont parle Pétrarque dans le passage rapporté plus haut.
Une des clauses du traité de Brétîgny oblige Jean à livrer, dans les trois mois qui suivront son départ de Calais, quatre-vingts otages : quarante chevaliers et un égal nombre de bourgeois pris dans les dix-neuf principales villes de France ^ Parmi les chevaliers figurent plusieurs princes du sang, entre autres les ducs d'Orléans, d'Anjou et Pierre d'Alençon. Telle est déjà la renommée militaire de du Guesclin et la confiance inspirée par ses talents, sa bravoure, sa loyauté, que ces trois princes du sang, avant de quitter la France, nomment en môme temps le capitaine de Pontorson lieutenant en leur absence, le premier dans ses possessions de Normandie, le second dans TAnjou et le Maine, le troisième dans le comté d'Alençon.
Notre héros n'est pas, du reste, un inconnu pour ces grands personnages. Il sert depuis longtemps, comme
1. Toutefois, les Anglais delà Ferlé-sou3-Jouarre, sommés de vider cette forteresse, prétendirent que le comte de Warwick n*avait pas qualité pour traiter en leur nom, et, avant d'évacuer la place qu'ils occupaient, se flrenl donner quatre mille cinq cents moutons de supplément par les habitants des ville et prévôté de Meaux. V. le n" u des pièces justificatives.
2. Paris seul, en raison de son importance et du chiffre de sa population, fournit quatre otages; on n'en demanda que deux seulement à chacune des dix- huit autres villes. Voici, par ordre alphabétique, les noms de ces villes : Amiens, Arras, Beauvais, Bourges, Caen, Ch&lons-sur-Mame, Chartres, Compiègne, Douai, Lille, Lyon, Orléans, Paris, Reims, Rcuen, Sainl-Omer, Toulouse, Tours, Troyes. Martene, Thés, Anecdot., 1. 1, col. 1448 et 1449.
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