‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 163 sur 291 · JJ 90, n · texte numérisé non relu

JJ 90, n

Les gens des Compagnies sont la terreur des mères, parce qu'ils volent les enfants à dix lieues à la ronde pour s'en faire des pages, sans môme attendre qu'ils soient arrivés à l'adolescence. Les actes mentionnent des petits garçons de dix ou douze et môme de huit ans arrachés ainsi à leurs familles et transportés parfois dans des pays lointains*. A Massy', 'près Longjumeau, un des enfants de Crespin Belle-Hure tombe entre les mains des Anglais d'Amblainvilliers, et son père s'estime heureux de le racheter au prix de deux cents écus*.

Les rançons imposées par ces brigands à leurs victimes sont parfois énormes. Richard d'Enfernet, de Vire, réduit en captivité par les Anglais d'Aulnay-sur-Odon, est taxé à neuf cent vingt royaux d'argent comptant, à dix-huit aunes de drap, à six barriques de vin, à certains plats d'une valeur de cinquante francs et à deux fourrures de menu vair*. Un simple bourgeois de Clermont, Michel Amonis, pris vers le !•' novembre 1363 par des Bretons qui occupent dans le Bourbonnais la forteresse des Barres % ne recouvre la liberté qu'en leur payant trois mille deux cent quarante-huit florins d'or*. Un écuyer de Bourgogne, nommé Jean d'Ancy, est mis à rançon jusqu'à quatre fois en quelques années. Ces saignées successives ont tellement épuisé ses ressources que, la quatrième fois, il ne peut plus se racheter; il se met alors au service de l'Anglais qui l'a fait prisonnier'.

Les Français eux-mômes punissent avec la dernière rigueur les personnes qui tentent de se soustraire aux

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