Arch. Nal., sect.jud., X»M9, ^• 212 à
teuil, forcent un riche marchand de draps de Paris, leur captif, à faire leur cuisine*.
Ces soudards s'abattent de préférence sur les contrées renommées pour la fertilité de leurs vignobles. En 1359, ils n'occupent pas moins de cinquante forteresses dans les comtés d'Auxerre et de Tonnerre. Aussi, les capitaines des garnisons françaises d'Ancy-le-Franc' et de Cruzy-le-Chàtel* donnent Tordre de vider les caves aussi bien que les greniers et font défoncer les barriques des paysans qui refusent de leur obéir*. Dans celte région où ils peuvent boire du vin tout leur soûl, les gens des Compagnies se montrent très-friands de poisson salé, saus doute pour exciter davantage leur soif. Ainsi, dans les premiers mois de 1359, les Anglais de Ligny-le-Châtel obligent les habitants de Vermenton à leur fournir, en sus d'une rançon en argent et d'un certain nombre de journées de travail, un millier de harengs'. Ceux de la Ferté-sous-Jouarre font main basse sur les calices et ornements d'église des religieux de Rcuil-sur-Marne^, qui se sont sauvés à l'approche de Tennemi ; mais les fugitifs sont bientôt autorisés à rentrer dans leur prieuré, à la condition d'entretenir de poisson les envahisseurs'. La cuisine de ce temps-là faisait une énorme consommation d'épices*. Voilà pourquoi les brigands imposent souvent comme tribut aux habitants d'un vil-