liïbU Nat., mss. fr., d** 49b7, f* 83 v
ment une garnison très-nombreuse. Elle se compose principalement des débris des trois grandes bandes qui se sont fait donner, Tannée précédente, Tune en mars et avril, seize mille écus pour rendre aux Français Lingèvres et Saint-Yaast aux environs de Caen', une autre, en juillet, deux mille écus pour vider le fort de Graffart près Carteret% une troisième enfin, à la même date, quinze mille royaux pour évacuer Barfleur, port de mer alors important situé non loin de Cherbourg'. Ou est au commencement de mars et, pendant que Moreau de Fiennes et du Guesclin sont campés devant l'abbaye, quatre cents Anglais, venus du monastère fortifié de .Silli-en-Gouffern et de quelques autres forteresses voisines de Séez, accourent, à la faveur d'un épais brouillard qui leur permet d'entrer par une poterne dans la place assiégée sans être aperçus des assiégeants, renforcer la garnison de Saint-Martin. Les Français reçoivent la première nouvelle de l'arrivée de ce renfort lorsqu'il leur faut tenir tête à une vigoureuse sortie des assiégés. La plupart sont sans armes et occupés à des travaux de campement. Toutefois, les Anglais trouvent à qui parler. Bertrand du Guesclin, Oudart de Renty, Enguerrand de Hesdin et plusieurs autres seigneurs, tant normands que picards, s'arment en toute hâte et chargent avec furie les agresseurs. Après une lutte acharnée, ceux-ci sont forcés de battre en retraite, et beaucoup d'entre eux sont tués ou pris. Découragée par cet échec, la garnison rend l'abbaye de Saint-Martin moyennant la liberté et la vie sauve*. Dans le même temps, au retour d'une
1. DelislC; Hist, du château de Saint-Sauveur-le-Vicomtef p. 120 et 121. BibL Nat., Quittances, t. XIII, n» 1298.