Arch. Nat., sect. bist., JJ 92, n
5. Bardonnct, Procès-verbal de délivrance à Jean Chandos^ p. 67.
6. Le 5 décembre 1361, le roi Jean quitta Paris et se mit en route poar la Bourgogne (Gr. Chron.^ t. VI, p. 225); il ne rentra dans sa capitale que vers la mi-février. Arch. Nat., sect. hist., JJ 91, n* 221.
7. Voyez plus haut, p. 267, note 1. Nous ignorons la date précise de cette donation dont Pacte ne s*est pas conservé. Du Guesclin prend pour la première fois le titre de « sire de la Roche-Tesson » dans une quittance
entre Avranches et Saint-Lo. Confisqué en 1344 par Philippe de Valois sur Jean Tesson, décapité pour crime de lèse-majesté, ce château n'a pas seulement de l'importance comme chef-lieu d'une châtcllenie : il commande en outre le cours supérieur de la Sienne ainsi que la route qui relie la Normandie à la Bretagne par Bayeux, Saint-Lo, Torigni, Avranches et Rennes. D'après Eustache Deschamps*, la Roche-Tesson aurait appartenu au duc d'Orléans.
De cette forteresse, qui n'est qu'à quelques lieues de Gavray, du Guesclin sera désormais à môme de tenir en respect et de surveiller le principal boulevard des Navarrais en Basse-Normandie. En butte, de longue date, aux incursions des soudoyers de Charles le Mauvais, les pauvres gens dont les chaumières se cachent aux replis des coteaux de la Sienne vont enfin respirer en paix. Grâce à cette donation, notre héros monte d'un degré dans l'ordre de chevalerie. De simple bachelier il devient banneret; il abandonne le pennon et lève bannière. Dès lors aussi il a rang et prend le titre de conseiller du roi ^ A la môme époque, selon toute vraisemblance, le duc de Normandie confie à du Guesclin la garde du château de Torigni qu'une garnison, composée de Bretons du parti français, occupe depuis plusieurs années. Ce château commande le cours de la Vire
datée de Pontorson le 21 janvier 1362 (n. st.) V. le n* xxix des pièces justificatives.
1. « II (du Guesclin] servit premièrement D'Orléans duc et duchesse ;
La Hoche ot de leur richesse Tesson heritabicment. »
{Poésies (VEustache Deschamps, publiées par Crapelet, 1832, p. 143.)
2. Du Guesclin prend pour la première fois le titre de « conseiller du roi » dans une quittance du 11 janvier 1362 (n. st.). V. le n* xzYin des pièces justificatives.
en amont de Saint-Lo ; il est du reste relié directement à celui de la Roche-Tesson par la route qui met le Bessin et le Cotentin en communication avec la Bretagne. Du Guesclin va dans la première quinzaine de janvier 1362 prendre possession de sa nouvelle seigneurie; il touche barre à Pontorson où un acte mentionne sa présence le 21 de ce mois*. Pendant ce temps, Robert, sire de Tiennes, prend ses quartiers à Rouen*. Par Tordre du duc de Normandie, le connétable de France et Bertrand ont arrêté le plan d'une nouvelle campagne dirigée contre les Compagnies anglo-navarraises qui infestent le duché. Ces deux capitaines se sont donné rendez-vous près des sources de TOrne, dans le Merlerault, ce pays de verts pâturages dont les brigands anglo-navarrais, grands amateurs de chevaux, ont fait leur repaire de prédilection.
En faisant route vers cette région à la tète de quatre cents combattants qu'il vient de prendre à sa solde, du Guesclin est informé que six cents Anglo-Gascons sont logés en rase campagne à deux lieues environ de Saint- Guillaume de Mortain. Il leur court sus et réussit à les surprendre. Les Anglais lâchent pied les premiers. Une centaine de ces pillards restent sur le champ de bataille, et Ton fait un égal nombre de prisonniers*. Après cette chevauchée aussi rapide que brillante, Bertrand continue sa route et opère sa jonction avec Horeau de Fiennes. La première place que le connétable de France et le capitaine de Pontorson attaquent de concert est l'abbaye de Saint-Martin de Séez.
Les Anglais qui se sont fortifiés dans cette abbaye for-