Arch. Nat., sect. hist., J 720, n
3. D'après Mathieu Villani (1. XI, c. zxxii), Jean allait solliciter la main
pour les historiens modernes, le principal but de son voyage est de faire comprendre à Urbain V, successeur d'Innocent VI, qu'il ne peut s'acquitter envers le Saint-Siège, à moins qu'on ne l'autorise encore une fois à imposer des décimes sur les ecclésiastiques de France.
Tel est l'ensemble de circonstances qui décident le roi Jean, vers la fin du printemps de 1362, à rappeler Robert, sire de Ficnnes, de Normandie, où nous l'avons laissé donnant la chasse aux Compagnies anglonavarraises et faisant le siège de Cormeilles, de concert avec du Guesclin. Le connétable de France vient à Paris prendre les instructions de son souverain, et le 14 juillet il se met en marche pour la Bourgogne, où il va tenir tête à la Grande Compagnie victorieuse à Brignais*.
La nouvelle de cette victoire ne tarde pas à se répandre par tout le royaume. Le trioniphe que les brigands ont remporté sur les bords du Rhône accroît encore l'audace des aventuriers qui infestent les rives de la Seine, et cela rend plus difficile la tâche de Bertrand, qui reste seul chargé des opérations militaires dans le duché, après le départ de Moreau de Fiennes. C'est ainsi que les Anglo-Navarrais occupent le château de Livarot, situé dans la riche vallée d'Auge, non loin de
de Jeanne, reine de Naples, veuve du roi Louis mort au mois de mai 1362, pour Philippe, duc de Touraine, son plus jeune fils, et implorer le pardon du Saint-Siège en faveur de Bernabo de Milan. Zantfliel (Martcne, Vêler. Script. Ampl. colUclio, col. 287) donne à peu près seul le vrai motif: « Porrexil Avenionem, impetrare cupiens dccinvam a clero regni sibi dari perUrbanum papam..., sed nihil impetravit. » Mais Zantfliet luimême n'a pas su que Jean pouvait mettre en avant une dette importante qu'il avait contractée envers le Saint-Siége pour solliciter l'octroi de ce décime.