‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 192 sur 291 · V. le n* xzxiv des pièces justificatives · texte numérisé non relu

V. le n* xzxiv des pièces justificatives

BERTRAND DU OUESCLIN. 1—24

cette forteresse de Cormeilles qui est depuis plusieurs mois le principal point de mire de du Guesclin. Robert de Neubourg, seigneur de Livarot, essaye en vain de déloger les envahisseurs, et Bertrand, qull appelle à son aide, n'est pas plus heureux ^

Cependant, les négociations entamées à Saint-Omer^ au mois d'avril précédent', entre Charles de Blois et Jean de Montfort, n'ont pas abouti, et tout le monde comprend que la guerre va se rallumer en Bretagne. Du Guesclin, qui veut être prêt à mettre son épée au service de Charles de Blois, prend la résolution d'en finir à tout prix avec l'affaire de Cormeilles. Il adresse à James de Pipe une sommation conçue dans les termes les plus menaçants. Le rusé routier, qui n'ignore pas combien il est dangereux de mettre à l'épreuve la patience de Bertrand, a peur de l'exaspérer par une résistance trop prolongée et consent à traiter. Il s'engage à évacuer Tabbaye où il s'est si bien fortifié moyennant le payement d'une somme convenue*. Nous ignorons le montant de cette somme et la date précise de l'évacua: lion. Nous savons seulement que, le 24 juillet, Claudin de Harenvillier, maréchal de Normandie, fut chargé par le dauphin de traiter avec les ennemis de Cormeilles. Il parait que Philippe de Navarre, lieutenant du roi son frère dans les possessions normandes de Charles le Mauvais, prit en cette qualité à sa charge une part de la contribution due à James de Pipe, et le payement de

1. De la Rue; Nowoeaux essaU Awlortçues êurlaviUe de Caen, t. Il, p. 228.

2. Pendant Toctave de PAqoes (Pâques tomba, en 1362, le 17 avril). Rymer, vol. 10, p. 633.

3. « Environ ce temps, prist Bertran dn Guesclin Tabbaie de Cormeilles par siège et par traitié que les Englois qui la tenoienl firent d'eolz en aler sauvement. » Bibl. Nat., mss. fr.^ n* 4987, t* 86.

•cette part fut réglé dans les derniers mois de 1362'. La convention passée entre du Guesclin et les Anglo- Navarrais de Cormeilles, qui assura Févacuation ou, comme on disait alors, le videment de cette abbaye^ doit donc remonter au mois d'août ou au mois de septembre de cette année. Les Français eurent soin de se faire livrer un certain nombre d^otages, entre autres le Navarrais Sauvage de Pommereul. La présence de ces otages à Pontorson* s'ajoute au témoignage d'un chroniqueur contemporain pour attester le rôle prépondérant que joua du Guesclin dans la reddition de Cormeilles.

Au moment où le capitaine de Pontorson se dispose à quitter cette région, il apprend que l'Anglais Jean Jouel, l'un des chefs de la garnison de Livarot, a fait une incursion jusqu'au nord de Lisieux et met au pillage tout le pays compris entre cette ville et Pont-l'Évêque. Il l'atteint au passage de la Touques, en un lieu dit le Pas du Breuil \ le bat, lui tue une partie de ses gens et le force â rebrousser chemin.

Nous sommes resté au-dessous de notre tâche, si le lecteur n'aperçoit pas maintenant, d'une part, la profondeur de l'abîme où les ravages des brigands jetèrent

1. « A roaistre Guillaume du Boys, pour lors bailli de Beaumont et de Pontaudemer et commissaire de par monseigneur Phelippe de Navarre^ frère et lieutenant de Monseigneur (le roi de Navarre) sur le fait et vuidement du fort de Cormeilles, fut baillé par Jehan le Franc, viconte d*Orbec, pour le vuidement d'icellui, par sa cedulle du viii* jour de décembre cccLXii... ; pour ce : xnn' fraus. » Bibl. Nat., mss. fr., n* 100 367, f* liât. « Visconte de Rouen, lit-on dans un mandement en date du 31 juillet 1362, baillez et délivrez ou faites bailler et délivrer à messire Claudin (de Harenvillier) et mesaire le Haze quarente frans pour les despens qu'il ont faiz ou voiage de Cormeillez.... Donné soubz noz seaulz le derrenier jour de juillet (1362). » Bibl. Nat., Quittances^ t. XIV, n* 1372.

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