Voyez, dans le tableau précité, Sarthe, au mot Touvoie
la garnison pénètre à temps la ruse de l'agresseur, et le célèbre partisan périt victime de sa témérité*.
Le dauphin Charles, chargé du gouvernement en Tabsence de Jean avec le titre de lieutenant du roi son père, comprend que du Guesclin seul est capable de tenir tète à ces aventuriers. Probablement dès le mois d'avril 1363, il le rappelle à son service, car il ne Ta pour ainsi dire que prêté à son cousin le duc de Bretagne. Bertrand regagne donc en toute hâte la Basse-Normandie dont il a dès lors entre les mains le commandement militaire. Il s'intitule dans ses actes capitaine souverain pour le duc de Normandie es bailliages de Caen et de Cotentin. Il est en même temps lieutenant de Philippe, duc d'Urléans, dans les nombreuses possessions de ce prince situées entre Seine et Bretagne*.
L'une des places les plus importantes du parti français en Basse-Normandie, la forteresse de Torigni, qui commande la vallée de la Vire en amont de SaintrLo, se trouve alors dans la situation la plus critique. La garnison bretonne, qui l'occupe pour le roi de France et le dauphin Charles depuis le commencement de la guerre, craint de voir arriver le moment où elle ne pourra plus résister aux attaques incessantes des aventuriers anglo-navarrais qui exploitent la région comprise entre Saint-Lo et Vire. Un des chevaliers les plus dévoués à Charles le Mauvais, Arnaud d'Aigremont, s'es! fortifié dès 1357* dans le château d'Aulnay*. Un montagnard navarrais, rejeton illégitime d'une des plus vieilles familles chevaleresques des Pyrénées, le «bourc» ou