‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 228 sur 291 · Baudouin d'Anncquin · texte numérisé non relu

Baudouin d'Anncquin

2. Arnaud de Cervolle, surnommé l'Archipn^lre, parce qu'il percevait, à titre de seigneur temporel , les droits utiles de rarchiprétré de Vélines^ au diocèse de Périgueux.

3. Nous suivons ici la leçon du manuscrit d'Amiens^ parce que c^est seulement dans cette rédaction que Ton trouve à leur vraie place les paroles du captai relatives à la Inlle imminente entre les Gascons du parti français et ceux du parti navarrais.

4. Ce dialogue d'une si vive allure s'échangeait entre le captai et Faucon le mercredi 15 mai. Charles V fut, en effet, sacré à Reims le dimanche qui vint après ce mercredi, c'est-à-dire le 19, jour de la fête de la Trinité.

5. D'après Christine de Pisan {Le livre des fais et bonnes mœurs de Charles K, éd. Michaud'et Poujoulal. p. 9 et 10) et Cuvelicr (t. I, p. 154), le captai était en marche sur Remis, lorsque la pour^^uite de du Gucsdin Tobligea à s'arrêter à Cocherol.

nommé Prie, qui vientdelapartderArchiprôtre. « Sire, dit alors Jean Jouel, pourquoi refusez-vous d'entendre ce héraut? Nous pourrions peut-être tirer quelque profit de ses paroles? — Jean, Jean, répond le captai, il n'en est rien. L'Archiprôtre est tellement traître que, s'il envoie un héraut vers nous, c'est qu'il veut se rendre compte de nos forces, et cela pourrait nous porter un grave préjudice. Je ne me soucie en rien de ses messages. »

Les deux armées apprennent ainsi qu'elles se trouvent à peu de distance l'une de l'autre. Le captai, voyant que du Gucsclin a déjà passé la Seine à Pont-de-rArche, et ne sachant au juste s'il menace Êvreux, PacyouVernon, ne songe plus qu*à prendre la position la plus favorable pour arrêter l'ennemi dans sa marche et se porter au secours de celle de ces trois places qui sera attaquée la première. Il occupe donc, dès la journée du mercredi, le sommet et les pentes d'une colline escarpée qui domine le village de Cocherel situé sur la rive droite de l'Eure, à' l'endroit où un pont mettait alors en communication les deux tronçons d'une très-ancienne route reliant ensemble Vernon et Évreux. Cette position où le commandant en chef des forces navarraises est à peu près à égale distance des trois forteresses qu'il veut défendre et d'où il peut recevoir du secours, est admirablement choisie; et il la met à profit immédiatement en se faisant envoyer par le capitaine d'Évreux un renfort de cent vingt soudoyers pris parmi les jeunes gens de cette ville.

Les Français, de leur côté, ne font pas preuve de moins de prudence. Les cruelles leçons de Poitiers et de Briguais n'ont pas été perdues pour eux ou du moins pour le chef habile chargé surtout de la direction des opérations, et c'est la veille et le jour même de Cocherel que ce progrès s'accuse avec éclat pour la première fois.

Du Guesclin a soin de lancer en avant, pour diriger sa marche, de nombreux éclaireurs qui le tiennent au courant de tous les mouvements des Anglo-Navarrais^ C'est dans la matinée du mercredi 15, comme on vient de le voir, que ceux-ci ont pris le parti de Tattendre sur la colline de Cocherel où ils se sont établis. Bertrand est informé de cette résolution le jour môme, dans Taprèsmidi. Aussitôt appuyant sa gauche à la Croix-Saint- Leufroy* dont Tabbaye lui offre un excellent gîte pour la nuit et sa droite aux bords de Tlton*, il vient camper dans l'espace compris entre ce gros ruisseau et TEure. Les deux armées ne sont séparées que par le cours de cette rivière, et Ton se prépare de part et d'autre à la bataille pour le lendemain.

Le jeudi 16 mai, dès le point du jour, le captai, qui est un vétéran de Poitiers où il combattait dans les rangs anglais, se contente de répéter les excellentes dispositions pris ^ par le prince de Galles dans cette journée mémorable. Il occupe une colline, longée à l'ouest par TEure, qui est le pendant exact du plateau de iMaupertuis, contourné au couchant par le Miausson. Pour compléter la ressemblance, lui aussi, il fait mettre pied à terre à ses hommes, reléguant les chevaux, les bagages et les valets dans un petit bois voisin dont il couvre ses derrières. Selon l'usage, il divise son armée en trois corps, chacun d'environ quatre cents combattants. Jean Jouel est à la tôte du premier, composé des hommes d'armes et des

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