R. COUSTELIER
(Bibl. Nat., dép. des mss., Quittances, t. XV, n» 34.)
1364, septembre. Pans, Jean de GraUly, captai de Buchy fait prisontiier à Cocherel par Roland Bodin, écuyer, qui Va remis entre les mains de Charles V^jure de tenir loyale prisa à Paris ou ailleurs jusqu'à ce quHl ait été rendu à laliberté par lettres scellées du grand sceau du roi de France,
Je Jehan de Greilly, captai du Buch, de ma pure et franche voulante, recognois et confesse par ces présentes que, — comme pieça en la bataille qui fu dccoste Coicherel en Normandie Ro> tant Bodin escuier m'eust pris et fusse son loyal prison, et depuis il m'eust quittié ma foy en trausportant en très excellent et puissant prince le roy de France tout tel droit comme il avoit en moy, pour quoi je demourai et fu et ancores suis et demeure loyal prison du dit roy, lequel roy lors me ordena et establi ma demourance ou Marchié de la ville de Meauls, et de sa grâce m'ottroia que de jours entre deux solaus je peusse aler et venir par la cité et par toste la dicte ville de Meaulx et tout environ ycelle et quiexconques parties qu'il me plairoit jusques à demie lieue près d'icelle ville de Meaulx par tèle manière que chascun jour devant soleil couchant je seroie retournez dedans le dit Marchié de Meaulx ne d'ilecques ne partiroie ne pourroie partir jusques [Pandemain après soleil levant ne aussi ne pourroie passer demie lieue oultre la dicte ville de Meaulx, se ce n'estoit du gré et voulenté et de Texprès consentement du dit roy ou de Tun de ses successeurs roys de France ou cas que il trespasseroit *, et depuis ce le dit roy, à la supplicacion de moi et de pluseurs de mes seigneurs et amis, m'eust ottroié de sa grâce que pour certainnes causes et besoignes qui me touchoient je peusse aler en Angleterre et demeurer, tant en alant droit ou dit pays de Angleterre commî en demourant ylec et en retournant tout droit pardeça, juques au jour de la feste Saint Michiel prouchain venant, en tèle manière et soubz tèle condicion que le dit jour de la dicte Saint Michiel je seroie retournez
et me seroie remis ou dit Marchié de la dicte ville de Meaulx pour y demeurer et tenir ma dicte prison en la manière que ordenée me fu et que tenir l'i dévoie comme dit est, si comme ces choses et autres sont plus à plain contenues es lettres sur ce faictes et seellées de mon seel -, et au jour d'uy je soie retournez d'Angleterre et venuz à Paris devers le dit roy preps et appareilliez de retourner tantost, se y li plest, en la dicte ville de Meaulx pour y tenir ma prison en la manière dessus dicte; mes pour ce que très excellentld et très puissant dame madame la royne Jehanne m'avoit escriptet prié par ses lettres que je alasse devers li à Ghasteau Tierry où elle est ou là où je la trouveroie, je aie supplié et fait supplier au dit roy qu'il me vousist donner licence de y aler, et avec ce li aie supplié qu'il me vousist changier ma dicte prison du dit lieu de Meauls et moi ottroier que je la tenisse à Paris : lequel gracieusement a encline à mes dictes supplicacions en moi ottroiantque je puisse aler devers ma dicte dame au dit lieu de Ghasteau Thierri ou ailleurs où elle sera en tèle manière que dedans ce prouchain dyemenche après la feste Saint Remy prouchain venant je soie retournez et me soie mis dedans la ville de Paris dessus dicte pour tenir ylecques prison dedans la fermeture comprise entre les bastides d'icelle ville *, — je ai juré sur les sains ewangiles de Dieu et promis par la foy de mon corps donnée en la main de très noble et puissant prince le conte d'Estampes ou nom du dit roy et pour lui, et ancores jure et promeit loyaument pour ma dicte foy que je serai bons et loyaus prisons au roy dessuz dit et à ses successeurs roys de France, ou cas que il trespasseroit, et que dedans le dyemenche dessus dit je me mettrai et serai en la dicte ville de Paris et me tendrai et demourrai tant ilecques comme ailleurs en telx lieux, par telx temps, en tèle manière et à telle com pagnie come y leur plaira, et que quelque part que j'aille ou soie, soit par congié, mandement ou commandement du dit roy ou de son successeur ou autrement, commant que soit ne quelque chose qu'il aviegne de ma personne, je suis et serai, demeure et demourrai touz jours loyaus prisons du dit roy et de ses successeurs roys de France, ou cas qu'il trespasseroit, jusques à tant que de ma dicte prison eulx ou l'un d'eulx m'aura ou auront plenement quitté par leurs lettres scellées de leur grant seel ; ne pour quelconque chose qui puisse avenir de ma peronne, il ne sera ne pourra estre que je ne soie et demeure touz jours vrais et loyaus prisons du dit roy
ou de ses successeurs roys de France, ou cas que il trespasseroiti jusques à tant que de ma dicte prison eulx ou Tun d^eulx m^aura ou auront quitté plainement par leurs lettres seellées de leur grant seel. Et ay juré sur les sains ewangiles par moy corporelment touchiées et ancores jure et promet par ma dicte foy que, tant comme je seray leur prisonnier, je ne seray aidans ne] conseillans ne confortans par dit, par fait, par lettres ou par messaiges ne par signes ou autrement, en appert ou en repost, comment que soit, au roy de Navarre ne à aucuns ou aucues de sa partie ne à aucuns autres rebelles, ennemis ou malveillans du dit roy de France ne de ses successeurs ne du royaume, ne ne diray ou ferai ou pourchaceray par moi ne par autre, en appert ou en repost, commant que soit, aucune chose qui puisse porter dommage ou préjudice au roy ou à ses successeurs roys de France ne au royaume. Et à touz cculx qui demourront avecques moy je ferai faire semblable serment. Et se, par aucune aventure dont Dieu me gart, je failloie en aucune manière de tenir la dicte prison ou fasoie aucune chose contre ce que dessus est dit, je vueil et consens que je soie tenuz pour faux, mauvais et desloial chevalier et pour parjur et foy mentie, et que en signe de ce mes armes soient tournées eC mises ce (sic) dessus dessoubz, et que pour tel et comme tel, comme dessus est dit, le roy ou ses successeurs roys de France, ou cas que il trespasseroit, comme dit est, me puissent poursuire ou faire poursuire en leur court ou en quelconques autres cours tant et de telx, par tant de foiz et par tant de gens et par telx comme y leur plaira, non contrestant quelconques drois, usaiges ou coustumes d'armes ou autres de quelconque pais et lieux soit du royaume ou d'ailleurs quelconques il soient. Et ay juré sur les sains ewangiles dessus diz par moy touchiées corporelment, comme dit est, et ancores le juré je et promet par ma dicte foy baillée, comme dit est, tenir et garder fermement, senz fraude et senz mal engin, toutes les choses dessus dictes et chascune d'icelles, et que contre le dit serment ne contre aucune des choses dessus dictes je ne venray ne feray venir par moy ne par autre, en appert ou en repost, comment que soit, ne n'en empetray ou feray empêtrer aucune dispensacion ne privilège du pape ou d'autres; et se données m'estoient, je n'en useroy point et y renonce expressément dès maintenant et generalment à toutes choses dont je me pourroie aidier en aucune manière contre les choses dessus dictes ou aucune d'icelles,
et en especial à ce que je ne puisse dire que moy estant prisonnier, par double et paour ou par force ou par contrainte, je aie fait ou accordé les choses dessus dictes et aussi à ce que il ou autres pour moy puissons dire que le dit lieu ou autres lieux où il vouldront que je faice me demourance soient prisons closes. Et quant à toutes les choses dessus dictes et chascune d'icelles tenir et garder fermement, je me oblige par la manière dessus dicte et m'en souzmet à la juridicion et cohercion de nostre Saint Père le pape et de sa chambre par lesquelx je me consens estre contrains, par sentence d'escommenioment ou autrement, à les tenir et garder fermement, et aussi par les autres contraintes dessus dictes ensemble ou par celle ou celles qui miex plaira ou plairont au dit roy ou à aucuns de ses successeurs roys, ou cas que il trespasseroit. Et pour recevoir la dicte sentence d'escommeniement contre moi, je ai fait et establi, faiz et establis par ces présentes mes procureurs à court de Romme mcstre Pierre de l'Aigle, mestre Jehan Cabouche, clers du dit roy, Jehan Gueniant et Robert de Vaissières. Et a chascun d'eulx, et leur donne tout le pouvoir et mandement especial qui à ce puet estre requis avec povoir de substituer en lieu d'eulx un ou plusieurs qui aient semblable puissance. En tesmoin de ce, j'ay scellé ces présentes lettres de mon seel. Donné à Paris le • jour de septembre l'an de grâce mil ccc soixante et quatre.
(Arch. Nat., sect. hist., J616, n» 6.)
1365, juin^ Paris, Charles V accorde à Jean Malherbe^ chevalier, des lettres de rémission faisant mention d'un siège mis devant la forteresse du Molay-Bacon , tombée au pouvoir des Anglais, par Bertrand du Guesclin, Olivier de Mauny et les gentilshommes du pays,
Charles, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à tous presens et avenir que, de la partie de nostre amé Jehan Malherbe, chevalier, nous a esté exposé que, comme depuis deux ans derrain passés, et au devant de ce que les guerres fussent à