‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 48 sur 291 · JJ 105, n · texte numérisé non relu

JJ 105, n

fait violer une jeune fille de seize ans par ses deux aides après ravoir violée lui-môme*, obtiennent des lettres de rémission de l'un des souverains du moyen âge les plus étrangers à l'engouement féodal, de Charles Y.

La torture, par le feu, est sévèrement défendue par les ordonnances, et pourtant les juges royaux ne cessent d'y avoir recours. A l'occasion d'un vol de cinquantehuit francs commis dans l'hôtel du seigneur de Marcoussis, le clerc du bailli de ce lieu soumet à la question une servante que l'on soupçonne d'avoir commis le vol. Il lui fait mettre des menottes aux mains, un mortier aux pieds, deux œufs chauds sous l'aisselle des bras ; puis on lui noue un fouet autour du cou et on la tire d'un demi-pied de long avec une poulie. Enfin, comme ces tortures n'arrachent aucun aveu à la patiente, le lieutenant du bailli donne l'ordre de lui maintenir les jambes au-dessus d'un brasier ardente La justice royale se montre parfois immorale, alors môme que ses arrêts sont dictés par une pensée d'humanité. Charles V fait grâce à un écuyer qui a violé une de ses serves, à condition qu'il l'affranchira, elle et sa postérité *. Assurément le roi obéit à un sentiment généreux : qui ne voit pourtant qu'il y a là comme une prime d'encouragement accordée à la débauche. Mais c'est l'empiétement de la raison d'État sur la justice qui corrompt surtout celle-ci et qui donne parfois à la clémence royale un caractère d'immoralité révoltante. 11 n'est pas de crime que l'on ne puisse se faire pardonner quand on sert fidèlement le roi à la guerre, surtout si l'on appartient à quelque province disputée, la Normandie, par exemple, où un rival aussi redoutable que le roi de Navarre est à la

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