Ibid., p. 137, col
5. Cette convention, qui est rédigée en latin et qui affecte la forme (Tune donation, est datée du 4 juillet 1348 (Rymer, vol. III, p. 164) ; elle fut confirmée le 9 août suivant (Rymer, vol. III, p. 168). La seule difTérence qui distingue ce second acte du premier, c'est qu'ici la terre de Retz est pour la première fois affectée nommément à Tassietle des mille livres sterling. On fit également, à la date du 9 août, une traduction française des deux pièces précédentes, destinée sans aucun doute à être remise à Raoul de Caours. Il est à remarquer que cette traduction n'affecte plus la forme mensongère d'une donation ; elle prend le nom qui convient à son contenu : c'est une « endenture faite entre noslre seignur le roi de France et d'Englcterre d'une part et monsieur Rauf do Caoors d'autre part. » Rymer, vol. III, p. 168.
rontôtre l'objet de ses prises, ainsi que la moitié de la part à lui afférente sur les rançons des prisonniers qui tomberont entre ses mains*. Il est en outre convenu que, si Raoul fait quelque capture iitiportante , s'il met la main sur un personnage de marque, il ne pourra lui rendre la liberté sans l'avis et l'assentiment du roi d'Angleterre. Tout le reste des bénéfices , comme biens meubles , argent , bijoux , cheptel , bestiaux et autres menus profits, doit revenir en totalité à Raoul de Caours*. Ce marché n'est pas seulement honteux, il est lâche et déloyal. La convention passée avec Raoul de Gaours est du 9 août, et le 1" de ce mois le roi d'Angleterre a signé avec Charles de Blois, son prisonnier, une trêve spéciale par laquelle les deux parties contractantes s'engagent à s'abstenir de tout fait de guerre en Bretagne jusqu'au 25 décembre suivant*. L'historien, qui signale pour la première fois ces turpitudes, éprouve le besoin de les flétrir. Il suffit, à la vérité, de rappeler au lecteur les hontes de la fin du règne d'Edouard III, pour montrer que la violation de la justice porte malheur, et que Dieu prend tôt ou tard sa revanche.
Tel est le régime dont les Anglais se font les fauteurs et auquel ils soumettent la Bretagne de 1347 à 1352. Aussi la haine des partisans de Charles de Blois contre
1. L'autre part des rançons était probablement réservée à celui ou à ceux des compagnons de Raoul qui avaient fait la capture.
2. • Et nostre dit seignur le roi vœt et grante que le dit monsieur Rauf; en la dite guerre de Bretaigne et Poytou, eit touz les advantages de guerre que lui sont eschuz ou escbcrront^ comme en biens moebles et chateuX; sauvant totes voies au roi et ses beirs cbastelx, villes et terres et aussint la moite de la porcione appurtinante au dit monsieur Rauf des prisoners qui serront pris par lui et les seons, durante la guère susdite, et que le dit monsieur Rauf ne face délivrance de nul granl prisoncr. sanz Tassent et volunté du roi. • Rymer, vol. m^ p. 168.