Oncques tel escuier ne fu ou monde en vie
(Chron. rimée, p. 39, vers 1002.)
Qu'à Bertran venus est, et haut lui escrioit : « Escuier j venez cà, et me suiez tout droit. »
(Ibid., vers 1011 et 1012,)
2. • En son vivant (Dagorne, c'est-à-dire Thomas de Dagifvorlh) avoil pour certain ordonné
Que menues gens de ville, ceulx qui gaingnent le blé, Ne seroient des Englois plus prins ne guerroie. »
(Bibl. Nal., ms. fr. n* 1555, f 51.)
3. Chroniques^ éd. Polain, t. H, chap. lxxxii, p. 144 et 145.
4. Chroniques de J. Froissart, t. IV, p. xxx, xxxi, 69, 70, 302 et 303.
son parti, une pension de deux mille livres et la maia J
d'une riche dame par-dessus le marché : ce fut le boirH
temps.
Lorsque ces aventuriers, qui le plus souvent étaient^ comme Knolles ctCroquart, des gens de la plus basa^J extraction', avaient saigné jusqu'à la dernière goutte Ift-l laboureur qui n'osait plus cultiver la terre', lorsqu'il ne restait plus rien à piller aux alentours de la Forteresse dont ils avaient fait leur repaire, ils abandonnaient alors cette forteresse pour aller en occuper une autre dans un pays non encore exploité, sans se soucier en aucune fai;on du dommage qui pouvait en résulter pourleur parti*. Comme ils n'étaient venus en Bretagne que pour s'enrî cliir, une fois leur Tortune faîte, ils ne voulaient plui courir de nouveaux dangers ; et le lieutenant d'Edouard | avait beau réclamer leurs services, ils refusaient de ré- | pondre à sou appel*. Entin, détail piquant et vraimenti caractéristique, quand le moment leur semblait venu de I retourner en Angleterre avec le produit de leurs rapi- 1 nés, plutôt que de s'embarquer dans un port de Bretagne, ils aimaient mieux prendre la voie de terre et I traverser la France, pour échapper à la vigilance onM peut-être pour ne pas éveiller les convoitises jalouses def Gautier de Bentley^ Ce n'est pas sortir de notre sujet 1
l. • Car il uc sont tlieïak'rs oc esquii-rs, mis sool gens de petit* I vslue • Mémoire presealé, à la fin de 13ôl, par Gautier de Bentley 4>l Edouard Ul sur Ion réfurmos à iulroduiro dans le Kouvcrnement de la llp^ T iBgnc, Bibl. Nst., dép. des mas., collection de Briquign)-, t. LÏXV.
1. • Car lot povrvs ae osent laborcr pur uo que tes capitayns qui h deuseot garder, sont compaignoDS as lieui mains scurs. ■ /birf.
3. • Quant un chastiei est destruit par liol govomement, si vount à us J antre ot lessunl lour (artrusscs desgarnies, cooie ceux qui ne regardent 1 ai n'est k lour aïaulagc, car tous jours vounl il au plus gront gajii. • Ibid. 1
4. ■ A grant pojne poet te gardein les assembler, car il sont si richM | et si altruaiitts qu'il ne ïoillfnt lour cor[i8 avtnlurer. • Ibid.
b. ■ Quant il sont fait ricliea par lielc manière, pur doute le gardeyo.
que de rappeler ce défaut de bonne garde des places fortes*, ces désordres des gens de guerre* anglais en Bretagne pendant les années 1350 et 1351, car ce furent 1&, selon toute apparence, les circonstances que du Guesclin mit à profit pour s'emparer vers cette époque du château du Fougeray.
Edouard III, par une ordonnance en date du 20 avril 1352, vint porter remède à cette situation en enjoignant à son lieutenant dans le duché de payer désormais aux soudoyers des garnisons une solde suffisante et régulière qui les dispensât de demander leur subsistance au pillage*. Cette mesure venait à point pour relever les affaires anglaises sur le continent. Dès le commencement de cette année, Baldo Doria, amiral de Bretagne au service de Charles de Blois, avait repris aux auxiliaires de Montfort le château de Redon*. L'armée de terre commandée par Gui de Nesle, sire d'Offémont, maréchal de
ne osent aler en Engleterre par meer, si s'en vount par France, par sauf conduist, donaunt largement de lour. » Ibid.
1. « Pro defectu bonœ custodiœ castrorum. » Rymer, vol. Ul, p. 242,
2. « Pro importuno gcstu soldariorum, tam Anglicorum quam aliorum, qui, lucris propriis inhianles.... » Ibid,
3. « Quod omnes, in hujusmodi munitionibus commorantes, tam homines ad arma quam sagittarii et alii, ad vadia nostra in partibus illis soivi solita morentur.
« Ita quod pilagia vel rapinas aliquas in partibus adjacentibus ad nos* tram obedientiam exislenlibus ulio modo non faciant, sed de vadiis suis, qus eis promple soIvi volumus, sint contenli. » Rymer, vol. Ul, p. 242.
4. Dès le 1*' avril 1352, Baldo Doria, chevalier, amiral de Bretagne, avait repris aux Anglais le château de Redon dont il conCa la garde, du 1** avril au 6 juin de cette année, à Tobie la Rage, écuycr, et à Guillaume Gandoufle, connétable de quarante-neuf arbalétriers génois. Le 6 juin, Bonabbes, sire de Rougé et de Derval, lieutenant es parties de Redon pour Gui de Nesle, capitaine souverain en Bretagne, après avoir reçu le ch&teau de Redon des mains de Tobie la Rage, le remit à son cousin Jean, sire de Rieux et à GeofTroi de Coesmcs, capitaine de la dite ville de Redon. Dom Morice, Preuves de Vhistoire de Bretagne, L I, eoi. 1484 et 1485.
et des grandeurs, il devait parfois se reporter avec charme vers ce temps lointain où il avait mené avec ses gars une vie si pauvre, si précaire, mais si indépendante, où il avait couru tant de hasards. C'est alors que son génie avait essayé ses forces; alors aussi il avait connu pour la première fois l'ivresse du triomphe. On se le figure à la fin d'un repas copieux, arrosé de fréquentes rasades, évoquant ces souvenirs en présence de quelques amis fidèles, compagnons de ses premières prouesses, et disant comme l'Aimerigot Marchés de Froissart : « Il n'est temps, ébattement ni gloire en ce monde que de gens d'armes, de guerroyer par la manière que nous avons fait aux jours de notre jeunesse folle. Comment étions-nous réjouis, quand nous chevauchions à l'aventure et nous pouvions trouver par les chemins un chevalier anglais richement équipé, monté sur un destrier de prix, ou une route de mules du Poitou chargées de sel du comte de Lancasire : tout était nôtre ou rançonné à notre volonté. Tous les jours, nous avions nouveaux csterlins d'Edouard. Ah ! il y avait parfois de durs moments, de rudes épreuves à traverser, quand la chasse & l'Anglais avait été mauvaise, et qu'on avait vainement battu l'estrade sur la route de Ploêrmel au Fougeray, de Redon à Bécherel, ou bien encore lorsqu'on était réduit à chercher un refuge en pays ami pour échapper à la poursuite d'un adversaire trop supérieur en nombre. Les braves gens que nos Bretons, j'entends les partisans de notre bon duc Charles : non contents de nous receler, moi et mes gars, ils s'empressaient alors de partager avec nous le peu qu'ils possédaient. Le besoin devenait-il trop pressant, force m'était bien en cette extrémité de fouiller l'armoire mater aelle. C'étaient là les mauvais jours. Mais, lorsqu'il nous arrivait de faire quelque bonne prise, quelque riche capture, comme
nous nagions dans l'abondance ! Pour punir les lâches qui se rançonnaient aux brigands de Bentley, nous les obligions à nous apporter à notre tour les blés, la farine, le pain tout cuit, Favoine pour les chevaux et la litière, les bons vins, les bœufs, les brebis et les moutons tout gras, la poulaille et la volaille. A ces heures de triomphe, nous étions gouvernés et étoffés comme rois ; et, quand nous chevauchions de Ploêrmel & Bécherel, tout le pays anglais tremblait devant nous. Tout était nôtre, allant et retournant. Comment primes-nous, moi et mes gars déguisés en bûcherons, le fort château du Fougeray qui était à Robert Bramborc? Je ne le tins que peu de temps, et si en reçus sur une table la charge d'un sommier en esterlins sonnants. Par ma foi, cette vie était bonne et belle. »
DU GinSSOLIN FAIT OHBYALISR A MONTMTTRAN.
Avènement du roi Jean et reprise des hostilités en Bretagne. — Du Guesclin, enrôlé au service de la France^ quitte les vallées de la Vilaine supérieure et vient guerroyer dans la région de Pontorson. — Mort de Jeanne Malemains. — Combat des Trente. — Défaite des Français à. Mauron. — Mort de Robert du Guesclin. — Voyage en Bretagne de Charles de Blois, prisonnier des Anglais. — Arrivée à Pontorson d'Arnoul; sire d*Audrehem, en qualité de lieutenant du roi de France sur les frontières de Bretagne et de Normandie. — Pierre de Villiers, capitaine de Pontorson ; joutes organisées dans cette ville par du Guesclin et Baudouin d'Annequin. — Expédition d'Arnoul d'Audrehem en Bretagne. — Affaire du.ch&teau de Montmuran ; Bertrand est fait chevalier par Eslatre des Marès^ capitaine de Caen. — Voyage en Angleterre de du Guesclin, otage pour Charles de Blois (1350-1354).
Du Guesclin, chef de partisans, semble avoir pris surtout pour théâtre de ses opérations les forêts qui couvrent la Bretagne près du cours supérieur de la Vilaine ou des principaux affluents de cette rivière. De cette guerre sous bois, pour ainsi dire, que Bertrand fit aux Anglais après Técrasement de son parti à la Roche-Derrien, nous ne connaissons que le couronnement, la prise du château de Fougeray. Un succès aussi éclatant vint appeler l'attention sur le jeune écuyer au moment même où le roi Jean, à peine monté sur le trône, après
BKaTRANO DU OUBSCLIlf. I — 8
avoir rassemblé comme en un faisceau les débris du iparti de Charles de Blois, se préparait à reprendre pour son compte roflfensive en Bretagne. Philippe de Valois «était mort le 22 août 1350, et dès le lendemain son successeur mandait auprès de lui les principaux seigneurs 'bretons du parti français pour s'entendre avec eux sur <5e qu'il y avait à faire. C'est à ce moment, il y a tout lieu de le croire, que le vainqueur du Fougeray s'enrôla pour la première fois au service du roi de France de- -venu ainsi, en l'absence de Charles de Blois prisonnier •des Anglais, le chef des adversaires de Montfort. Au lieu d'une poignée de gars ramassés un peu au hasard en vue d'un coup de main et licenciés aussitôt l'affaire «faite, Bertrand eut désormais sous ses ordres une troupe régulière de gens d'armes soldés. Alors aussi il dut •quitter les vallées de la Vilaine supérieure et de ses affluents pour aller guerroyer sur les bords de la Rance ^et continuer la lutte dans la région de Pontorson, centre •des opérations militaires des Français en Bretagne.
Vers ce même temps, d'ailleurs, notre héros avait été rappelé sans doute dans cette région par un grand malheur de famille qui l'avait frappé peu avant son «uccès du Fougeray ; il avait perdu sa mère. La femme •de Robert du Guesclin fit son testament au mois de juin 1350, et quelques jours après avoir dicté ses dernières volontés', elle descendait dans la tombe. Jeanne Male-
1. « Du mariage do Robert du Gucrclin, seigneur deBroon, et de Jeanne llalemains, dame de Sens^ issirent quatre ûls et six ûlies^ sçavoir Bertrand du Guerclin, alias du Guesclin, Olivier du Guerclin, Guillaume et Bobert du Guerclin ; Julianne, Agathe, Loyette, Jeanne, Collette et Clémence du Guerclin. Tous lesquels enfans, for9 Vaiëtiéj sont mentioanez au testament de la dite Jeanne que j'ay veu au Couvent des Frères Prèscheurs de Dinan escrit sur velin, daté du mois de juin 1350, et est en termes latins, et se commence en ceste sorte : Ego Johanna MaUmains, uxor tiomini mei domini Roberti de Glaquino. Par lequel testament
DU OUESCLIN PAIT CHEVALIER A MONTMURAN. 115
mains fixait sa sépulture dans Téglise de Sens ^ au diocèse de Rennes où elle possédait une terre qui formait la meilleure part de sa dot, et elle instituait ses exécuteurs testamentaires son mari Robert du Guesclin, Thibaud de Saint-Didier et Hervé de Mauny. Jeanne avait connu les joies profondes d'une union bénie du ciel, mais la providence ne lui avait pas ménagé les épreuves. Elle avait eu dix enfants. Son Ois aîné arrivait à peine à l'adolescence que la Bretagne avait pris feu. Elle avait vu succomber le parti auquel son mari et ses enfants s'étaient attachés. Deux ans seulement avant sa mort, Tépouvantable peste de 1348 avait ajouté ses horreurs aux maux de la guerre. Enfin, au moment où elle rendit le dernier soupir, alors que Bertrand était réduit à guerroyer avec des vilains au fond des bois et à voler ses parents pour nourrir ses gars, comment la femme de Robert du Guesclin aurait-elle espéré encore que les prédictions de la religieuse se réaliseraient un jour? Dieu lui refusa donc cette joie suprême, la plus douce qu'on puisse goûter en ce monde, où Ton oublie en un instant les douleurs de toute une vie : il ne prolongea pas assez les jours de Jeanne pour que son cœur de mère pût battre à la gloire naissante de son fils.
Le héros de Taflaire du Fougeray avait sans doute quitté déjà les vallées de TOust et de la Vilaine en 1351.
tligit tepuUuram in ecclesia de Sensibtis diœcesis Redonensis, Et choisit «t institue exécuteurs de son dit testament dominum suum Roberium dou Glaquin mililem, Theobaldum de Sancto Didiero et Hervetum de MaUmido. Elle choisit sa sépulture en Tégiise de Sens, evesché de Renés, et institue exécuteurs de son dit testament son seigneur et mary Robert du Glaquin chevalier, Thebaud de Sainct Didier et Hervé de Mauny. • Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, par frère Augustin du Paz, in-fol., 1620, p. 416.
1. Sens-de-Bretagnc, lUe-et-Vilaine, arr. Rennes, c Saint-Aubin-d'Afibigné.
Au combat dos Trente ' livré le 27 mars de celte année, il ne figure pas parmi les trente champions du parti français dans les rangs desquels sa place était marquée, s'il avait encore Uabilé celte région. On ne sait si du Guesclin prit part le 14 aoiH de l'année suivante à la sanglante bataille de Mauron. Il est certain du moins, comme nous l'avons fait remarquer plus haut, que les montres assez nombreuses que l'on a conservées des gens d'armes français enrôlés pour cette expédition ne mentionnent pas le nom de Bertrand. Un nouveau malheur de famille qui, s'il en faut croire les autorités les plus dignes de foi^, vint frapper ngtre héros en 1353, dut contribuer autant que son entrée au ser\'ice du roi Jean, à le retenir aux alentours de Ponlorson et à le fixer dans la vallée de la Rance. Trois ans après la mort de Jeanne Malemains, Robert du Guesclin suivit
I. Ce combat fut livre sur le (crritoîre de la. CroLi-Ilclléan [Morbilian, arr. Ploemicl, c. Jossolin], A peu prËs à mi-chemin de PIoérmcl et de Joa, «elin, non loin des bords du NinïaDl, petit ruisseau qui eat un aTQuent do l'Outt.
1. Le pèK Anselme, dont le témoignage est d'un grand poids parce qu'il avait eu à SB disposition des titres aujourd'hui perdus, dit [Hitl. ginéol,, I, VI, p. IHJ) eu parlant du père de ficrlrand ; • Robert du Guesclin, chevalier, seigneur de Droon, suivit le parti de Charles de Blois et de Jeanne du Bretagne sa femme contre le comte de Montfort et houhi't eu l'iâ'i, • Dertrimd d'Argenlrâ prétend, il est vrai (//l'il. de Bretagne, I. VE, chap. iLin, p. 413), que Robert du Guesclin et Jeanne Malemains moururent la mSme année, en 1363 : ■ El en eeote mSmo année (B. d'Argentré vient de raconter le mariage de Bertrand avec Tiphaîas Raguenel), meesire Bertrand perdit son péro et sa mèro qui moururent, Celji passoit en l'an - MCCCLXin. • Mais, sans parler du testament de Jeanne Ualeniaina, en Juin 13S0, dont nous avons parlé, il est fait mention de la mort de la mère de Bertrand dons un acte de Charles, comte d'Alençon et du Perche, en date du ai juillet 1361 (Morice, /■réuni», 1. 1, col. Iô4l à UU) ; et d'un autre cAli, Eiertrand s'Intitule tire d* Broons dans une quittance du 31 janvier 13S2 (n* ixvii des pièces jualiQcstivcs) : les deux dates, assignées par B. d'Ar^cenlri; au déa^s, tant du père que de la mère de Bertrand, sont donc évidemment fausses.
sa femme dans la tombe. Bertrand, en sa qualité d'aîné, hérita du fief patrimonial de Broons; il avait déjà recueilli la terre de Sens dans la succession de sa mère. Devenu possesseur de ces deux domaines en un temps où les Anglais de Bécherel, attirés par Tappât du pillage, poussaient des pointes jusqu'au Guildo^ notre écuyer avait désormais trop d'intérêts propres à protéger dans cette partie de la Bretagne pour n'en pas faire le théâtre de son activité guerrière.
Au commencement de 1353, Charles de Blois, prisonnier en Angleterre, obtint d'Edouard la permission de se rendre en Bretagne* pour y recueillir de quoi payer sa rançon. Ce prince, pendant le séjour de quelques mois qu'il fit dans son duché, résida surtout à Dinan ou & Rennes, et sa présence fut peut-être aussi Tune des causes qui retinrent Bertrand dans cette région.
1. Château ruiné de la commune de Créhcn, Côtes-du-Nord, arr. Dinan, c. riancoët, à l'embouchure dé TArgucnon.
2. Charles <]e Blois était déjà venu en France avant le 4 septembre 1351 (Rymcr, vol. HI^ p. 230) d l'occasion du mariage de sa fille Marguerite avec Charles d'Espagne. Un témoin qui déposa en 1371 dans Tenquôte pour la canonisation du mari de Jeanne de Penthièvre, affirme qu'en 1353, comme en 1351; la mise en liberté provisoire du prisonnier d'Edouard ne fut que d'environ trois mois (Bibl. Nat., mss., fonds latin, n* 5381, f" 48) ; mais ce témoin se trompe au moins sur le premier voyage de Charles, car ce prince était encore sur le continent le 26 mars 1352 (Rymer, UI, 241). Un autre témoin, ancien valet de chambre du duc de Bretagne, Jean Gauvain prétend môme que son maître était à Bennes lorsqu'il y reçut la nouvelle de la bataille de Mauron livrée, comme on sait, le 14 août 1352: « et similiter in civitate Redonensi nunciatum sibi fuit quod hostes ccperant villam forlem de Morron et quod bdlatores sut ibidem devicti fueranl in conflictu. • Morice, Preuves^ t. Il, col. 19.— Le séjour de Chai-les de Blois dans son duché, en 1353, est attesté non-seulement par Knygthon [Hist. anyl. Script., t. U, col. 2607), mais encore par un acte daté du château de Lehon (Côtes-du-Nord, arr. et c. Dinan), le 8 avril de celte année où le mari de Jeanne de Penthièvre accorde une pension de cinq cents livres à sa tante Isabcau d'Avaugour, veuve du seigneur de Château briant. Morice, Preuves j t. 1, col. 1491.
ÎI8 CHAPITRE V (135&-1354).
Les Français, après leur défaite à Maiiron le U aoO' 1352, étaient restés simplement sur la dérensive, du moins en Brcta^me, et l'on a vu que pendant ce temps des négociations fort actives s'étaient engagées en vue de la. mise en liberté de Charles de BloÎB. Les rois du Franco et d'Angleterre avaient mèm". conclu i celte occasion, le 10 mars 1353, une trêve qui expirait le 1" août suivant'. A l'expiration de cette trêve, après l'écliec des négociations et le retour en Angleterre du mari de Jeanne de Penihiëvre qui n'avait pu réussir à se procurer la rançon convenue, on crut à Paris comme A Londres que les hostilités allaient recommencer dana le duché, et l'on prit des mesures en conséquence'.
C'est alors que la direction des opérations militaires sur les Tronliëres de Bretagne et de Normandie fut confiée à un homme qui devait avoir sur l'avenir de du Guesclin l'influence la plus décisive. Nommé lieutenant du roi Jean dans cette région le 2 août 1353% Arnoul, sire d'Audrchera', maréchal de France, prit possession de ses nouvelles fondions et établit son quartier général à Pontorson dès la première quinzaine
l. njincr, vol. lU, p. S:>4 el 255.