Le Miausson, affluent du Clain
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1. Aojourdliai la Cardinerie, lica-dit de la commane de NouaiUé, Vieone. arr. PoiticrS; c. la Villediea, à eniriroD 8 kilomètres aa sud-est
2. Prlrarcœ epi$lolœ familiareSj édit. FracassetU, vol. 01, ep. ht, I». 162. lii lettre, d*oU est extrait ce fragment, datée d'une auberge des Alpes U' 27 février 1361 • ex itinere, per M\)es et glaciem, hieme horrifia -. r!«l adrcMHée à Pierre le Poitevin ou Pierre Bersuire. traducteur de Til«-Livc.
Quelle fut la cause d'un si soudain et si prodigieux écroulement? A notre avis, ni Tordre imprudent donné par le roi Jean dès le début de l'action à ses hommes d'armes, excepté à trois cents chevaliers réservés pour Tattaque d'avant-garde, de descendre de leurs chevaux ; ni l'injonction faite au dauphin Charles ainsi qu'à ses deux frères, après une première et malheureuse escarmouche, de se retirer avec leurs gens loin du champ de bataille; ni même la conduite vraiment honteuse et pusillanime de Philippe, duc d'Orléans, qui alla de bonne heure se replier avec sa division derrière le corps d'armée de son frère, ne suffisent pour expliquer la défaite de Poitiers. Malgré ces défections, les Français qui tinrent bon restaient encore supérieurs en nombre à leurs adversaires dont ils égalèrent au moins le courage. Nonseulement le roi Jean, de sa personne, une hache de guerre à la main, se battit comme un lion, mais encore la division qu'il commandait, animée par son exemple, fit des prodiges de valeur; et cette division, nous le répétons, était & elle seule plus nombreuse que l'armée anglaise tout entière. Et pourtant le résultat définitif n'en fut pas changé, et Ton peut ajouter hardiment qu'il ne pouvait l'être. C'est que la défaite des Français avait une cause profonde, inéluctable, indépendante de la bravoure personnelle des soldats, de l'héroïsme et même jusqu'à un certain point de Thabileté de leur chef. Cette cause était la révolution radicale accomplie sans bruit, depuis vingt ans, par Edouard III, dans la manière de faire la guerre usitée jusqu'alors.
Le vainqueur de Crécy, et c'est' par ce côté que son règne marque une époque décisive dans l'histoire du moyen âge aussi bien que dans celle de l'Angleterre, est le véritable créateur de l'infanterie moderne. Qu'on se garde bien, du reste, de faire honneur de cette création
uniquement au génie militaire rlu roi anglais ; Edouard y Tut amené par la nécessité, qui a été si souvent la cheville ouvrière du progrès. Le levier qu'il employa est le môme, à le bien prendre, auquel ont eu recours dans tous les temps, pour s'assurer la suprématie à la guerre, les pays de peu d'étendue territoriale et par conséquent de population restreinte; ce levier, c'est le service militaire obligatoire. Si le nom est, comme on le voit, trèsmoderne, actuel même, la cliose est ancienne précisément chez le peuple qui y est le plus étranger aujourd'hui, et l'on peut établir par des preuves certaines qu'Edouard la pratiqua sur une large échelle.
Les textes qui démontrent ce fait sont tellement nombreux, qu'on ne pourrait les énumérer sans écrire un chapitre, non le moins intéressant, il est \Tai, ni le moins neuf de l'histoire d'Edouard 111, et cela n'entre point dans le plan de ce livre. Qu'il nous suriise de citer, entre mille autres, une ordonnance par laquelle Edouard enjoint à tout Anglais, jouissant depuis trois ans lie quarante livres de terre ou de rente, qui n'est pas encore homme d'armes, d'embrasser l'état militaire. « Que ceux qui ont quarante livres de terre ou de rente annuelle dont ils ont joui pendant trois ans en- . tiers, et qui ne sont pas encore hommes d'armes, aient à embrasser la profession militaire'. » Une ordonnance
1. • Quoi) omnes illi, qui quatlraginLa libralas tcrrie vel reddilui pcr annom habennt et eus per très annos tntegros tcnucrunl, et nODduin nioI
milites, ordincm Huacipiont mililarom Rymer, Fœdtrn, vol, U,
p. 899. Danfl ce passage, tnila doit être tradait par homme d'arme», noD par chevalier, car ea Angleterre, comme du reslo dons les aulrca paya de l'Europe, la qualité de chevalier no Tut jamais uns propriâlé héréditaire înMrente k la naissance comme le rang de gentilhomme ou i la position de Tortune, mais bien un titre essentiellement personnel el viager. Cette ordonnance csl du 30 décembre 1334, mais elle fui renouvela plusieurs Tois, notamment le 20 avril l'ikl {Ibid., p. Us], le 6 Tûvricr I3M (Itymer, vol. [II, p. 786).
complémentaire oblige, sous les peines les plus sévères, eeux.qui ont vingt livres de terre ou de rente, & se pourvoir de chevaux, de harnais et des armures, tant défensives qu'ofTensives, propres aux hommes d'armes montés; ceux qui possèdent quinze livres, & se munir d'un haubergeon, d'un chapeau de fer, d'une épée, d'un couteau et d'un cheval. Tout rentier de dix livres doit avoir un haubergeon, une épée, un chapeau et un couteau ; tout rentier de cent sous, un pourpoint, un chapeau de fer, une épée et un couteau; tout rentier de quarante à cent sous, une épée, un arc, des flèches et un couteau; tout rentier de moins de quarante sous, de fausses guisarmes, des couteaux et autres menues armes ; tout propriétaire de moins de vingt marcs de capital, une épée, un couteau et autres menues armes. Enfln, tout Anglais qui ne se trouve pas compris dans les catégories précédentes, doit se procurer au moins des arcs, des flèches et des pieux*. Six mois plus tard, Edouard 111 ordonne que tous ses sujets prennent les armes, de seize ans à soixante*.
On voit par ces exemples, pris, pour ainsi dire, au hasard dans l'immense collection des actes d'Edouard III, combien fut profond Tabîme creusé parles institutions de ce roi novateur entre les mœurs, les habitudes des pays situés des deux côtés de la Hanche. En France, la profession d'homme d'armes constitue un privilège exclusif que la noblesse revendique pour elle seule et qu'elle dispute au reste de la nation avec une sorte d'égoïsme jaloux,