Ik)m Morice, Preuves. 1. 1, col. Iô
compte; il a suivi de préférence dans cette partie de son récit la version de Cuvelier, sans doute parce qu'elle ffattait davantage l'amour-propre breton*. Ce parti pris est d'autant plus regrettable, que si le document dont il s'agit constate un succès plutôt diplomatique que mili* taire du duc de Lancastre, il atteste en revanche le désintéressement patriotique de trois des plus grands seigneurs de Bretagne, en même temps que leur dévouement absolu au mari de Jeanne de Penthiëvre.
Charles de Blois paraît être resté pendant la durée du siège de Rennes à la cour du dauphin. En décembre 1356 et dans les premiers jours de l'année suivante, lorsque ce jeune prince fit un voyage à Metz où il eut une entrevue avec son oncle l'empereur Charles IV, le duc de Bretagne accompagna son cousin '. Il était à Paris pendant la session des États généraux et assista à la séance du Parlement où fut promulguée la célèbre ordonnance du 3 mars 1357'; on constate encore sa présence dans le conseil du duc de Normandie pendant les dernières semaines d'avril*.
Nul doute que les gens d'armes, qui essayèrent à diverses reprises, comme nous l'avons vu, de forcer le duc
1. Histoire de Bretagne, t. I, p. 291. D'après dom Morice, 1« mande* menl d'Edouard, en date du 28 avril, aurait mis à néant la convention conclue antérieurement entre le duc de Lancastre et les habitants de Rennes, par laquelle ceux-ci s'obligeaient à verser cent mille écus au prince anglais, et cette contribution de guerre n'aurait jamais été payée. Le mandement adressé par Charles de Blois à Georges Giquel ne permet pas d'admettre cette interprétation.
2. De retour de ce voyage en Lorraine, Charles de Blois se trouvait à Chàlons-sur-Marne avec le duc de Normandie le 14 janvier 1357 (n. st.). On mentionne aussi comme ayant assisté ce jour-là au conseil du duc, le cardinal de Rouen, Tarchevôque de Sens, les comtes de Tancarville et de Saarbruck, le maréchal Boncicaut. Arch. Nat., scct. hist., JJ88, n* 276.