PUNITIONS
Cachots, fers, carcan, etc.
10 décembre 1753.
Saint-Mayeul. — Claude de Launay, bossu, horloger, garçon, 27 ans. Entré
par BUREAU.
Condamné par le Bureau de Bicétre à être enfermé en ladite maison et préalablement attaché au carcan une fois seulement pendant quatre heures, pour vol d'effets à la sacristie.
Passé aux cachots le 23 juillet 1734.
Repassé des cachots à Saint-Léger le 8 octobre 1734, pour y rester le reste de ses jours.
HISTOIRE DE lîICÈTRE 429
Sorti le 30 mai 1750, par ordre du linreau, et remis à ses père et mère. — Cachot : 3 mois, 13 jours.
30 aviil 1754.
Hilaire Lointier.sous officier invalide du régiment d'Artois, entré comme garde, est sorti le 1" avril llôl aprns avoir été en prison pour avoir mené une fille à la Chapelle des Cabanons, l'avoir fait monter au grenier qui est au dessus et y être resté au grandscandale des prisonniers.
9 janvier 1738.
Cachots neufs. — Jean-Fi'ançois L.xndry dit Bras-d'Ûr, dragon au régiment de BaufTremont, garçon, 2 ans, de Lorraine.
ORHDE DU ROI
Passé aux cabanons le... (pas de date) 1760.
Mort à Saint-Hoch, le 30 septembre 1763. — Cachot: 2 ans.
8 juillet 1738.
Saint-Martin et Force. — Pierre Ghatelet, mendiant de profession, 13 ans d'Yvetot, près Caudebec, en Normandie, Flétri.
ORIJRE DU ROI
Passé à la Force le 28 novembre 1738.
Nota : Que le lundi 18 mai 1761 entre 8 et 9 heures du soir, ledit Chatelet étant à Saint-Léger, a donné de dessein prémédité deux coups de couteau dans le visage du nommé Aiitoine Cotté, sous-brigadier de ladite salle, à dessein de le tuer.
Le dit Chàtelel transféré le 19 mai 1701 au Grand-Chàtelel par ordre de M. de Sartine.
Par jugement en dernier ressort rendu en la Chambre criminelle du Chatelet de Paris le 11 juin 1761, ledit Pierre Chatelet a été condamné a être rompu vif dans la principale cour de l'intérieur du château de Bicêtre, pour l'assassinat par lui commis en la personne du nommé Antoine Cotté, sous-brigadier de la salle Saint- Léger. — Sursis au jugement du procès à l'égard de Michel Poirier et Pierre Clape, complices dudit Chatelet jusqu'après l'exécution du jugement.
Ledit jugement a été exécuté le lendemain vendredi 12 juin 1701, de 6 à 7 heures du soir, dans la cour royale dudit château, en lace des cabanons, de la Force et de Saint-Léger.
18 juillet 1761.
force. — Jean Charles-Frédéric Meyer, dit le baron de Mayer, capitaine dans les hussards au service du roi de Prusse, 24 ans. Allemand de nation.
Transféré du Grand-Châtelet à Bicêtre, par ordre de M. de Sartine. Sorti le 14 juin 1763. Exilé à 10 lieues de Paris.
Nota : Qu'il a été attaché aujourd'hui au carc in pen'dant deux heures pour escroquerie.
430 HISTOIRE DE niCÊTRE
20 novembre 1768.
Force. — Joseph Yatel, gazier, garçon, 18 ans.
ORDRE DU ROI
En marge : Mis au cachot le 22 juillet 1772, étant un des chefs de la sédition et révolte que les prisonniers de la Force ont fait ce même jour dont le nommé Michel Levasseur a été tué et le nommé Jean-Baptiste Dresy a eu le bras cassé d'un coup de feu, et dont le commissaire Guyot a dressé procès-verbal en présence de M. deSartine, lieutenant général de police, qui s'est transporté en cette maison avec M. Laboureur, commandant du guet, accompagné de quarante hommes de sa garde.
Sorti du cachot le 20 août 1772, par ordre de M. dé Sartine.
Remis au cachot le 15 octobre 1776 pour tapage. [Pour combien de temps'?... Le registre est muet à cet égard).
Mort à l'infirmerie de Saint-Roch, le 3 juin 1778.
25 mars 1771.
Cabanons, 200 fr, — Jacques Chevillot, domestique de M. d'Aucourl, fermier général, 25 ans.
Ordre de M. de Sartine portant de le retenir jusqu'à nouvel ordre au moyen de la pension de 200 francs par an, payée par M. d'Aucourt, fermier général.
Lettre de M. de Sartine du 8 juin 1771 portant que ledit Chevillot a fait de nombreuses filouteries chez M. d'Aucourt ; qu'il en a avoué une partie, mais qu'il s'obstine à en cacher qu'il est très essentiel de savoir.
En conséquence de le mettre au cachot, au pain et à l'eau jusqu'à ce qu'il ait tout avoué, de recevoir sa déclaration et d'en prévenir ce magistrat sur le champ.
Mis au cachot le 10 juin 1771.
Sorti le 18 août 1771, en vertu d'un ordre de M. de Sartine, après avoir fait sa soumission, s'être engagé à se retirer dans son pays et à ne jamais reparaître à Paris ni dans les environs. — Cachot : 2 mois, 8 jours.
22 juillet 1772.
Force. — Pierre Grandi, commissionnaire, 15 ans, de Saint-Germain-en-Laye. Orphelin de père et mère.
Transféré du Grand-Chàtelet, en vertu d'un ordre de M. le Procureur Général, portant de le recevoir à la Force et de l'y retenir.
17 juillet 1773. Mis au cachot pour dégradations et avoir donné des coups de couteau dans une sédition de ce jour.
13 septembre 1775. Transféré au Grand-Châtelet en vertu d'une lettre du lieutenant criminel.
28 septembre 1773. Ledit Grandi a été rompu vif à Bicêtre avec les nommés Delaunay, Reverchon, Vignon et Chaty qui a été fouetté et marqué comme complice des susdits pour avoir tué à coups de couteau le nommé Médici et assassiné Pelletier et Legrand-Thonias, prisonniers de la Force. — Cachot : 36 jours.
HISTOIRE DE H1CÊTRE 43
27 aoiH 1772.
Force. — Marie-Joseph Pinard, dit Bienainié, ci-devant soldat au re'giment de Navarre. Garçon, 23 ans, de Paris, ci-devant à la maison par police, d'où il est sorti engagé pour ledit régiment.
Transféré du fort Levê(iue avec ordre de M. de Sartine portant de le retenir jusqu'à nouvel ordre comme mauvais sujet incorrigible.
14 juillet 1773. Mis au cachot avec neuf autres pour sédition et avoir maltraité les veilleurs.
15 juillet 1773. Lettre de M. de Sartine portant qu'il approuve ce que M. Tristant, économe, a fait au sujet de ce particulier et l'autorise à le retenir aux cachots jusqu'à nouvel ordre.
8 novembre 1773. Sorti du cachot, par ordre de M. de Sartine à la séance tenue en cette maison, la veille.
20 mars 1774. Sorti en vertu d'un ordre de M. de Sartine. — Cachot : 3 mois, 23 jours.
14 décembre 1772.
Force. — Philippe Convenant dit Montaval, garçon perruquier ci-devant soldat aux gardes française d'oii il a été chassé après avoir été passé par les verges. 23 ans, de Lisieux, en Normandie.
Transféré des Champs-Elysées, en vertu d'un ordre de M. de Sartine portant de le recevoir et retenir jusqu'à nouvel ordre.
30 novembre 1773. Mis au cachot pour avoir fait un trou souterrain à la Force pour s'évader.
29 décembre 1773. Sorti du cachot.
20 juin 1774. Mis au cachot avec dix-sept autres pour sédition et avoir fait un trou à Saint-Léger et à la Force, à dessein de s'évader.
16 septembre 1774. Sorti du cachot.
4 juin 1773. Sorti en vertu d'un ordre de M. de Sartine engagé pour les colonies françaises et remis à M. Agobert major d'infanterie chargé des recrues générales pour les colonies. — Cachot : 86 jours.
4 juillet 1774.
Force. — Alexis de Launay, dit Beau Soleil, compagnon menuisier en carrosses, 23 ans, de Paris, paroisse Saint-Eustache.
ORDRE DU ROI
13 septembre 1773. Transféré au Grand-Chàtelet.
28 septembre 1773. Rompu vif à Bicêlre avec les nommés Têtefort, Vignon, Reverchon, Grandi et Chaty qui a été fouetté et marqué comme complice des susdits, pour avoir tué à coups de couteau le nommé Médici et assassiné Pelletier et Legrand-Thomas, prisonniers de la salle de Force.
14 juin 1777.
Cachot. — Louis de Solignag, gentilhomme, ci-devant soldat au régiment du Béarn, 21 ans, de Paris. Entré à Bicétre, par ordre du Roi le 17 juin 1773 d'où il
est sorti cejourd'hui 14 juin 1777, à 9 lieures du malin après avoir fait sa soumission de s'éloigner à 30 lieues de Paris.
Nota : Que ledit jour ce particulier est revenu dans cette maison l'après-midi, sous prétexte de payer quelques dettes à ses camarades de la salle de Force, en disant qu'il venait de la part du magistrat et qu'en conséquence il voulait rentrer dans ladite salle pour y parler et remettre lui-même ce qu'il devait à ses dits camarades, ce qui lui a été refusé par l'Econome convaincu qu'il en imposait puisque le magistrat était à Versailles, ce qui lui a été observé. Malgré cela, ledit Solignac est entré en fureur et s'est porté aux dernières extrémités, non seulement par jurements et menaces, mais encore en voulant le poignarder à coups de couteau. En con5équence de quoi, l'Econome l'a fait arrêter parla garde de la maison et l'a fait constituer prisonnier aux carhofs, et en a rendu compte sur-le cliainp au magistrat.
Lettre de M. Lenoir, lieutenant général de police, du 18 juin 1777, autorisant provisoirement à retenir à Bicétre ce particulier trop dangereux pour être remis dans la société.
Ordre du [lui du 26 juin 1777 portant de retenir à Bicëlre ledit Solignac et de l'y garder jusqu'à nouvel ordre.
Sorti le '2.'1 avril 1778, engagé pour le corps royal d'artillerie du régiment de Toul. — Caciiot : 1 an, 10 mois, 9 jours.
12 juin 1783.
Cachots. — Jean-Pierre Montagne, carrier, 26 ans.
Transféré des prisons de la Force par ordre du roi portant de le faire mettre au carliot pendant un mois, après lui avoir fait couper les cheveux. (Le registre ne mentionne pas si le nommé Montagne est sorti ou resté au cachot.)
Sorti le 29 mai 1786, exilé à 30 lieues de Paris.
2 août 1784.
Saint-Nicolas. — Claude Furcy Nitro, compagnon serrurier, 19 ans, de Paris. Galeux.
Ordre de M. Delamotte, administrateur, portant de l'y recevoir pour y être traité de la gale et ne rester que jusqu'à parfaite guérison.
12aoill 1784. Passé <à Saint-Joseph comme pauvre infirme.
17 septembre 1787. Mis au carcan de cette maison depuis midi jusqu'à 2 heures par déliliération du Bureau tenu à la Pitié, pour vol d'argent et d'effets par lui fait à une fille de service delà buanderie, et condamné à garder prison à Saint- Prix jusqu'à nouvel ordre.
22 août 1789. Sorti en vertu d'un ordre des administrateurs de l'Hôpital Général.
20 mai 1786.
Cabanons, 200 fr. — Nicolas Mittoux, valet de chambre chez M. de Jarente d'Orgeval, coadjuteur d'Orléans. Garçon. 34 ans. Transféré des prisons de l'Hôte) de la Force.
HISTOIRE DE mCÈTRE 433
ORDHK Dt: ROI
Pension de 200 francs payable par M. le roadjuteur d'Orléans. Mh au cachot le 2 octobre 1788 pour avoir coupé la porte de son cabanon et •■avoir été trouvé muni d'une échelle de corde pour teiifer de s'évader. Sorti du cachot le 15 octobre 1788.
Sorti le 28 avril 1790, par ordre de M. Bailly, maire de la ville de Paris.
15 juillet 1786.
ra6a«o»!.s, loO fr. — Jean François Di CLERC, marchand mercier à Paris, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, et ci-devant soldai au régiment, royal Comtois Marié, 34 ans, de Paris.
ORDRE 1>U ROI
Passé des Cabanons à la Force comme très mauvais sujet — et de la Force à Saint-Prix pour la même raison le 18juillet 1787. Not.\. Que le 9 novembre 1787 ledit Duclerc n donné un coup de couteau à un des garçons de service de Saint- Prix lequel était entré dans sa loge à l'elTet de voir si les fers qui lui avaient été mis, tant au col qu'aux mains et aux pieds en raison de sa grande méchanceté étaient en bon état, et n'ayant à son grand regret pu percer que les habits de ce .garçon de service.
Lell juillet 1788, Ordre deM.de Crosne, lieutenant général de police, portant de faire ôterles fers au nommé Musquinet de la Pagne et à son voisin Jean François Duclerc. Sicetadoucissement quece magistrat veutbien leur procurer mettaitdans le cas d'avoir grande appréhension sur la sûreté de leurs personnes, de vouloir bien placerauprès d'eux unganlepourles surveillerparticulièrement jusqu'au moment où on pourra les placer dans un cachot blanc et que ce magistrat se chargera de payer les frais du garde, tant qu'il y en aura un auprès d'eux.
Mis au cachot le 25 février 1789 pour avoir descellé un barreau de sa loge et levé une pierre à l'effet de s'évader. (Le registre ne fait mention ni de date de sortie, ni de décès.)
31 juillet 1786.
Cachots. — Hippolyte Ciiamaran ou Chamorant, officier dans les volontaires de Monsieur, frère du roi — marié, 22 ans.
ordre du roi.
Lettre de M. de Crosne.licutenant général de police, portant que le sieur de Surbois inspecteur de police est chargé de transféi'crà Bicêlre. le sieur Chamaran, et que comme les motifs qui ont donné lieu à sa détention sont très graves et que c'est d'ailleurs un homme extrêmement violent et d'une force extraordinaire, l'intention du Ministre est qu'il soit privé de loutr communication soit inU'rieure, soit
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extérieure et gardé avec la plus grande sûreté. Ce magistrat prie de lui rendre compte de temps en temps de sa conduite.
Sorti le 23 août en vertu d'un ordre du Roi, contresigné le comte de Saint- Priest.
22 août 1786.
Force. — Charles Petit, tailleur de pierres, 3.t ans.
Transféré des prisons du Chàtelet par ordre de M. de Crosne, lieutenant général de police, suivant ordre du Roi.
Mis au cachot le 24 août 1788 pour avoir voulu .l'cvader avec trente-sept autres prisonniers par un trou qu'on avait fait au mur du Poli du Moulin donnant dans la boutique du coutellier.
Sorti du cachot le 3 septeml^re 1788.
Sorti le 11 octobre 1790 en vertu d'un ordre du département de police.
NOTE XXllI.
Extrait des reyistres de la prison de Hici'tre. — Archives de la préfecture de Police
1" (AITaire du Courrier de Lyon.) — Du 19 thermidor an IV de la République française. —
Le nommé Joseph Lesurgue, rentier, marié à Jeanne Campion, demeurant lors de son arrestation rue Montmartre, n" 205. à Paris, 33 ans, natif de Douay département du Nord, taille de 3 pieds 3 pouces, cheveux et sourcils blonds front haut, nez long, mince et pointu, yeux bleus, bouche moyenne, menton rond, visage rond et pâle, ayant une cicatrice auhaut du front à droite, et un doigt de la main droite estropié, a été extrait et transféré de la maison de Justice de la Conciergerie, de brigade en brigade, en vertu d'un jugement rendu par le tribunal criminel du département de la Seine, en date du 18 thermidor an IV, qui le condamne à la peine capitale, convaincu d'assassinat sur les personnes du courrier de Lyon et du postillon, de complicité avec les nommés Courtiol Bernard et Richard, et laissé à la garde du concierge de la maison de détention, de Bicêtre pour le représenter toutes les fois qu'il en sera légalement requis.
Signé : Hanés et Masson, Hiiissipi- audiencier au Tritiiuial du départeiiieiit de la Seine.
IIISTOIUK DK lilCÉTIÎK 435
En marge : Le nommé ci-contre est sorti le dit jour pour subir l'exécution de son jugement et remis au citoyen Masson, huissier au Triljunal civil du département de la Seine qui a signé : Masson.
Au dessous : A la peine capitale. Sorti.
L'écrou précédent est celui de Etienne Courtiol. Les suivants sont ceux de Bernard condamné à la peine capitale et de Kicliard condamné à vingt-quatre ans de fer.
2° ViDOCQ.
— Du 1" prairial an V -20 mai 1797 . —
Le nommé François Yidocq, marchand d'indienne, marié à Marie-Anne Chevalier, demeurant lors de son arrestation h Lille, département du Nord, et en deuxième à Paris, rue Saint-Hugues, 4, cour Saint-Martin, âgé de 26 ans, natif d'Arras, départementdu Pas-de-Calais, taille opiods G pouces, cheveux et sourcils blonds, front rond, nez aquilin long, yeux gris, bouche moyenne et de travers menton rond et bmg, visage ovale, barbe blonde, ayant une cicatrice à la lèvre supérieure à droite et les oreilles percées, a été extrait et transféré de la maison de Justice de Douai, de brigade en brigade, en vertu d'un jugement rendu par le tribunal criminel du départementdu Nord le 27 nivôse an V (27 décembre 1796) qui le condamne à la peine de huit ans de fers, et laissé à la garde du concierge de la maison de Bicèlre pour le représenter quand il en sera li'galement requis.
Signé : Hurtel et Hirdov,
lluissifr audiencier au Tribunal criminel de la Seine.
Au dessous, en note : Pour crime de faux en écriture authentique et pratiqué a dessein de nuire à autrui.
En marge de l'écrou : Au 30frimaire an VI, (20 décembre 1797), le nommé cicontre a été remis au citoyen Bault, officier invalide chargé de la conduite de la chaîne pour le port de Brest.
Vidocq s'échappa du bagne, fut arrêté par des gendarmes qui lui demandèrent ses papiers. Il confessa ingénument qu'il n'en avait point.
« Je menomme Duval, dit-il, je suis néà Lorienl et je suis déserteur de la frégate la Cocarde, actuellement en rade de Saint-Malo.
C'était là des renseignements qu'il avait recueillis dans son court séjour au bagne où l'on connaît tous les mouvements des ports de France.
Les gendarmes l'écrouèrent à la maison de détention des marins à Pontamon, Vidocq s'échappa en franchissant un mur à 2 heures du matin, en habit complet de religieuse.
Il arriva presque sans encombre à Nantes, se rendit dans l'île Feydeau chez la mère des voleurs, reprit les habits de son sexe et revint à Paris en qualité de toucheur de bœufs.
Delà, ilse rendit à Arras, puisa Bruxelles et à Rotterdam où, après s'être
436 HISTOIRE DE lUCÉTRE
enivré, il fut fort étonné de se réveiller matelot.à bord d'un brick de guerrehollandais. Plus tard il s'engagea en qualité de capitaine d'armes sur le- Ban-as, corsaire de Dunkerque. Le mauvais temps ayant forcé ce navire derelâcher à Ostende, Vidocq fut reconnu, ramené à Paris et de là dirigé sur Bicèlreoù nous le voyons écroué pour la deuxième fois le 4 messidor an VII.
Le signalement est le même que la première fois.
En note du registre d"écrou : Esl parti de cette maison sous les mêmes noms,, avec le même signalement le 30 frjmaire an V à la chaîne pour le port de BresC d'où il s'est évadé.
Et plus bas : Le nommé cy-contre a été remis au citoyen Vie chargé de la conduite de la chaîne au port de Toulon.
II est à remarquer que les registres décrou donnent :1° 26 ans à Vidocq quB n'en avait réellement que 22 et la seconde fois 28 au lieu de 24 ; 2° que dans les- Mémoires de Vidocq il y a erreur de date en ce qui concerne le départ de la chaîne partie au mois de décembre. L'auteur la fait partir en novembre.
Vidocq fui chef de la sûreté pendant seize ans à partir du 1" janvier 1817.
La démission de Vidocq fut acceptée le 20 juin 1827 ; il rentra sans caractèrD officiel en 1831 ; et redonna sa démission en juin 1833.
3° P.\PAVOINE.
— Du l"' mars an 1823. —
Du 23 mars an 1825. — Le nommé ci-contre a été Iransfihé à la Conciergerie par
ordre de M. le Procureur Général en date d'hier.
Le nommé Papavoine (Louis-Auguste), fabricant d'étolTes, lors de son arrestation à Mouy (Oise), âgé de quarante et un ans, natif de Beauvais, département de l'Oise, taille lm.740. cheveux et sourcils noirs, front large, yeux gris, nez gros bouche petite, menton rond, visage ovale, marqué de petite vérole.
A été extrait de la Maison de Justice de Paris en vertu d'un arrêt rendu parla< cour d'assises du département de la Seine, en date du 26 février 1825, qui le condamne à la peine de mort pour crime d'assassinat avec préméditation et de teiLtative d'assassinat.
Exposé le et laissé à la garde du Directeur de la maison de détention de.-
Blcêtre pour le reprendre quand il en sera légalement requis.
Signé: LiR'aLiEH,.HARON.
IllSTOIRK DE UICÈTHK 437