La cour dite actuellement Cour des riiarcliands
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chemises tous les liuit jours, de draps, tous les mois. De même que pour les vénériens, ce linge de corps était confectionné à la Miséricorde et les vêtements par les malades de la Pitié.
— « On fera travailler ces enfants le plus longtemps possible et aux ouvrages les plus pénibles?), disait le règlement de 1684. Ce règlement était suivi à la lettre à Bicètre.
Levés à cinq heures et demie du matin, en été ; àsix heures et demie en hiver, les enfants étaient aussitôt conduits à l'ouvroir, où l'un de leurs sous-maîtres leur faisait dire la prière et chanter le Veni Creator. 0 i distribuait ensuite à chacun, un morceau de pain sec. Une fille de service venait les peigner l'un après l'autre et le travail commençait, fn ne leur faisait apprendre aucun métier. Ils étaient tous, sans exception, occupés à fabriquer des lacets qu'on leur payait à la pièce. Entrés à l'atelier, à six heures du matin, en été ; à sept heures, en hiver; ils n'en sortaient qu'à huit heures du soir, n'interrompant leur ouvrage que quelques instants à midi, pour manger un morceau de pain sec; à deux heures, pour chanter vêpres; à cinq heures, pour souper. En été seulement, ils allaient en récréation avant de se coucher. Dans la journée, à tour de rôle, deux par deux, ils passaient à l'école; lé matin pour apprendre à lire ; le soir, pour la leçon d'écriture. A huit heures du soir, un sous-maître leur faisait dire la prière et conduisait ensuite, les Grands dans les loges, et les Petits au dortoir.
La nourriture de ces pauvres garçons était détestable. Elle consistait en six quarts de pain bis par jour, de la soupe tailléesur leur pain, un quart de viande réduite à moitié étant cuite, les dimanches, mardis et jeudis; le tiers d'un litre de pois ou de fèves, les lundis et vendredis; une once de beurre, les mercredis ; une once de fromage, les samedis (1;.
Les enfants payant pension obtenaient un supplément de ration plus ou moins fort selon le prix, mais bien souvent ce n'étaient pas eux qui en profitaient. Les gardiens Se chargeaient de prélever sur leur portion ce qui leur paraissait profitable pour leur ménage. Du reste, pensionnaires ou non, à la moindre fatigue, au moindre semblant de paresse, ils étaient privés de potage, augmentés de travail, fouettés ou punis de prison.
l.ai;^'l(Mieiit delTlSl. Cli;ii>. UI, art. 7.
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Dimanches et fêtes, deux sous-maitres et deux veilleurs les conduisaient à la messe et à vêpres ; deux fois par semaine, un prêtre leur faisait lo catéchisme, le dimanche à l'église ; le mercredi, dans la classe. Tous les samedis, les plus grands répétaient l'évangile. Cinq fois l'an, ces derniers communiaient aux Quatre-Tomps et à Pâques.
Ils ne pouvaient écrire à leurs parents qu'avec la permission du maître qui lisait leurs lettres. On ne pouvait les voir au parloir sans autorisation. Leur sort était donc peu différent de celui des autres prisonniers.
A latùte de la Correction était placé un maître. Il avait sous ses ordres, deux sous-maîtres, un portier, trois garçons de service et deux veilleurs. Le maître maintenait le bon ordre et la police. Tous les matins, il rendait compte à l'économe de ce qui s'était passé dans son emploi. Les deux sous-maîtres veillaient sur les enfants, les faisaient travailler, leur enseignaient à lire et à écrire. Le portier, les garçons de service, les veilleurs avaient pour attributions, le premier d'ouvrir et de fermer toutes les portes, les seconds, d'apporter les vivres aux enfants, de nettoyer les escaliers, les loges, les dortoirs et les classes, et enfin, les deux autres, la nuit, de veiller à tour de rôle, le premier j'isqu'à minuit, le second de minuit à six heures du matin (1).
Point d'horizon dans ces bâtiments. Partout des murs, de grosses
chaînes et d'énormes verroux barricadant les portes. Sans air, sans
soleil, abrutis par le travail et par les coups, les enfants végétaient
là, pâles, exténués, anémiés par un régime brutal, parias de la société
et de la famille qui les reniaient. Faibles et innocentes victimes d'un
gouvernement despotique, ils devaient, hélas ' succomber sous les coups
de ceux qui auraient dû les protéger, le 2 septembre 1792. Le soleil de
la liberté se leva pour eux, entouré d'un nuage de sang. « Il fallait les
tirer de là, leur rendre l'air et le soleil, les panser, les soigner, les
remettre aux mains des femmes, leur donner des mères. Leur' mal
et leur vice à la plupart, tenaient â cela, qu'ils n'avaient pas eu de
luèrcs. Septembre, pour mère et pour nourrice, leur donna la mort
a'fïranchit leur jeune âme de ce pauvre petit corps qui avait déjà tant souffert (2). »