‹ Histoire de Bicêtre (hospice-prison-asile) d'après des documents historiqueChapitre 33 sur 137 · Mirabeau, déjà cité · texte numérisé non relu

Mirabeau, déjà cité

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mur, et prévenaieiu le correcteur qui les ibuettait avec un martinet aux longues lanières de cuir, sans écouter jamais leurs cris déchirants ni leurs prières. Ce qu'ont dû souffrir ces martyrs, les murs seuls l'ont su!

Le bâtiment de là Correction(l) était composé d'un rez-de-chaussée et de deux étages. Pour entrée, une espèce de porte de cave verrouillée ; des lucarnes pour fenêtre ; pour escalier, une étroite et chétive rampe jetée au milieu d'un corridor. Au rez-de-chaussée et au premier, quatorze petites loges de six pieds de long sur quatre pieds et demi de large, s'alignaient de chaque côté d'un couloir fermé par une porte pleine, soigneusement garnie d'une grosse serrure et de deux énormes verroux. Dans chaque loge, scellé dans le mur, un lit. Sur ce lit, une paillasse, un matelas, deux draps, deux couvertures, un traversin. Au deuxième étage, un dortoir contenait 30 petits lits seuls. Un autre corps de bâtiment composé d'un rez-de-chaussée (2) seulement donnait sur les jardins, et comprenait un ouvroir, une école et un réfectoire. Une cour intéi-ieure (3) servait pour les récréations.

Lors de la séparation administrative des deux établissements, hospice et prison, la Correction rentra dans l'enceinte delà prison. Elle occupa une des ailes adossées au mur extérieur jusqu'au jour où l'ouverture delà petite Roquette, en 1830, vint enlever àBicètre sa population de jeunes détenus.

Jusqu'en 1792, cette catégorie de pensionnaires fut habillée par les soins de l'Hôpital général. Leur habillement consistait en un frac, une culotte de tiretaine grise, bas et bonnet de laine et des sabots. Tous les ans, à la Toussaint, on renouvelait leur costume; on les changeait de

1. Ce bàliiuent était sitiu' dans la cour Je l'Eglisn, à gauche en entrant. Un témoin oculaire, surveillant à liicètre de 1832 à 188a, nous a alliinié ([ue vers 1833 on lisait encore au-dessus de la porte d'entrée du bureau actuel de la deuxième division : Corrwtion, bien que depuis 30 ans cette partie fût habitée par des vieillards di: l'hospice et que la correction fût silut'-e alors dans une aile intérinure de la prison.

Ce bâtiment est occupé actuellement, au rez-de-chaussée, parlebureaude la deu-viénic division, des logements de surveillants, etc. ; aupremier, pardes cliambres; au second, par le dortoir des infirmières et filles de service de l'hospice. P. B.

■2. Ce bâtiment est très probablement celui qui est occupé aujourd'hui |iar les commerces d'épicerie et de tabac et le passage des anciens petits ateliers.

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