I . Chiffre exact
se remplirent de malades qui autrement auraient conservé la santé. Le scorbut surtout fit de grands ravages. Le défaut d'air, l'humidité des cabanons, la malpropreté contribuèrent à le propager parmi les détenus. En 1810, il fut un moment où presque toute la prison eut la gale.
Tousles prisonniers étaient classés en deux séries : Les Travailleurs et les non-Travailleurs. Au bâtiment de la Force ils étaient presque tous employés dans les ateliers au nombre de neuf, savoir : 3 ateliers de boutons de métal, 1 de cordonnerie, 1 de bonneterie, 1 de tissage, 1 de tailleurs d'habits, 1 de tresse de paille pour chapeaux de femme, 1 de tabletterie. — La filature de laine occupait toute la Correction, et un quatrième atelier de boutons de métal était établi dans un corridor du bâtiment des cabanons.
En travaillant douze à treize heures par jour, le prisonnier gagnait à peine quelques sous. Un système inique lui enlevait les trois quarts de son gain. En effet, sur le produit des ateliers, il était prélevé d'abord un tiers pour le gouvernement. Sur les deux autres tiers, on distrayait le montant des fournitures, le reste était divisé en deux parties dont l'une formait la réserve de l'ouvrier et on lui en tenait compte à la libération de sa peine ; l'autre lui était donnée comptant. Cependant, on faisait encore avant de la lui payer, par quinzaine, une distraction de quinze centimes par francs de la masse totale. Cette retenue servait au gouvernement d'indemnité, pour le supplément de vivres, pour le coucher et le linge fourni aux détenus dès leur entrée à l'atelier. Il ne restait guère aux ti-availleurs plus de quarante à quarante-cinq centimes par jour. Tous les travailleurs n'allaient pas aux ateliers. 72 étaient occupés au manège du Grand-Puits, payés à la tâche (1).
Enfin, surtout dans les cabanons, d'autres se livraient aune petite industrie très productive. C'était la fabrication d'objets en paille, boîtes, étuis, paniers, toilettes, etc.. Depuis longtemps en effet, devant les cabanons, s'étaient installés des marchands de comestibles de toute sorte qui vendaient aux prisonniers des denrées autorisées par l'administration. Les détenus leur vendirent ces objets de paille que les particuliers