‹ Histoire de Bicêtre (hospice-prison-asile) d'après des documents historiqueChapitre 49 sur 137 · H E N K Y DIT F (3 I S S Y · texte numérisé non relu

H E N K Y DIT F (3 I S S Y

Nous devons à l'obligeance de M. Cousin, bibliothécaire de la ville de Paris, au musée Carnavalet, la communication d'une curieuse brochure intitulée « le Diable boiteux àBicêtre, à la découverte d'un prisonnier d'Etat qui y est détenu depuis vingt et un ans (1). »

C'est l'histoire de la captivité d'un malheureux courtier, condamné à mort pour duel, dont la peine fut commuée en celle d'une détention perpétuelle, et qui, malgré la Révolution, vit sa peine maintenue et fut incarcéré à nouveau à Bicêti'e. E'auteur anonyme de cette brochure s'étend dans force détails oiseux qui fatigueraient nos lecteurs. Nous empruntons seulement à son histoire les détails essentiels qu'il nous a été permis de vérifier sur les registres de Bicêtre.

François-Nicolas Henry dit Foissy (et non Foissey comme dit la brochure), était issu de l'illustre et infortuné baron de Goertz, gentilhomme suédois, décapité à Stockholm, après la mortdeCharles XII, dont il était le favori, « crime impardonnable aux yeux de ceux dont il entravait l'ambition ». L'aïeul du prisonnier suivit la mauvaise fortune du roi de Pologne, Stanislas Leczinski. Devenu duc de Lorraine et de Bar, le père du prisonnier occupait une des premières places à la cour, où naquit Henry dit Foissy, en 1755. Sa mère mourut en 1766, son père en 1772.

Maître à dix-huit ans d'une honnête fortune, l'amour lui tourna la tète, un goût particulier pour la dépense, trop de facilité de ses tuteurs lui firent dissiper, en moins de deux ans, la majeure partie de ses biens avec l'objet de ses feux. Pour cacher à ses compatriotes l'indi-

t. De riiupriiMcrie Aufiuslus. nie ili' l;i Puirheminerie. — Musée C;u'iia\alef, 14428, in-8".

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gence qui le menaçait, il voyagea en Brabant,, ou Hollande, entiu arriva à Paris.

Choisi par le commerce de Lyon, pour présenter à la cour les nouveaux dessins des fabriques, il s'ac({uitta pendant près de trois ans, à Versailles, de cette mission, à la grande satisfaction des princes et des princesses. M""' Clotilde, mariée au prince de Savoie, désira l'avoir près d'elle. Il partit en avril 1778 pour C]iamb6ry,en passant par Lyon, pour recevoir les ordres de ses patrons.

Pendant (|u'on lui préparait son travail et qu'on liquidait ses cumptes, il eut l'idée d'aller jusqu'à Marseille. Danscetle ville, à la sortie d'une partie de plaisir, il provoqua un Italien (.'t le blessa grièvcuneut eu duid. Seize jours après son adv(!rsaire mourait de ses blessures.

Le parlement d'Aix s'émut et tit une enquête. Les partisans de l'Italien firent des rapports avec une mauvaise foi insigne. Foissy fut condamné à mort, et do suite, obtint des lettres de grâce du roi, portant commutation de sa peine en une prison perpétuelle. La malheureuse compagn(; de son inlortune mourut de chagrin Tannée suivante (mai 1770).

Conduit d'abord au château d'If avec 1,2<I() livres de pension, à Saint-Pierre-le-Canon avec S0(^ livres, il fut enfin amené à Bicétre, du fond de la Provence, avec pension do 2<X) livres, et toujours aux Irais de la maison, jiar ordre du roi, ainsi conçu, en date du 22 mai 1779 :

De par le Roy

C.liers et liien auiés, nous vous mamloas i.'l (inlunniuis de recf voir à l'héjutal le nommé l<^oissy, et de l'y garder jusnu'à nouvel ordre de notre part, au moyen de la pension de 200 livres ([ui sera payée par le S' ***; si n'y faites faute, car tel est noire bon plaisir.

Uiimu' à Versailles Ir "if mai 177!).

Sigui'' : Lm'is.

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