AmédiJe VIII fut plus tard le pape Félix V
3. Le château de Bissestre, près Paris, a été baty par Jean, duc de Rorry, oncle du roy, Charles V qui a été un des grands bâtisseurs qui fut de longtemps. Ce château était un des plus beaux de France et de plus grande étendue. Il tut ruiné par ceux de la faction du duc de Bourgogne, par les cabochiens bouchers qui sortirent de Paris. Le duc Jean, en sachant la ruine, le donna au Chapitre Notre-Dame de Paris qui le possède présentement.
Monsieur de J. Fuscien y a demeuré autrefois, ayant ce lieu et dépendances pour son gros. Leduc a baty la saincte chapelle de Bourges. Il éloit aussi comte d'Auvergne et a
« L'architecture gothique se surpassa dans les hardiesses et les découpures de la pierre que les carrières voisines fournissaient à ces travaux légers et solides à la fois.... Winchestre fut hérissé détours, de créneaux, de clochers et de girouettes blasonnées ; l'intérieur étincelait d'or et de couleurs ; les murs et les lambris étaient couverts de fresques, de mosaïque et de sculpture (1). »
C'était l'un des plus beaux et des plus considérables domaines de France. Toutefois, l'évèque de Paris, en sa qualité de seigneur de Gentilly, s'opposa à ce qu'on y fit construire un pont levis et creuser des fossés. Hélas ! le duc de Berry n'eut pas la satisfaction de voir le château dans toute sa splendeur. Il était à peine achevé quand éclata la fameuse querelle des Armagnacs et des Bourguignons.
Depuis le meurtre de Louis d'Orléans par Jean sans Peur, l'inimitié des maisons d'Orléans et de Bourgogne s'était encore accrue. Malgré la paix de Chartres, les deux partis étaient plus ennemis que jamais. Charles VI était fou. Le duc de Berry (2) disputait la régence au duc de Bourgogne. Jean sans Peur mena des troupes dans Paris, se saisit des ponts et des passages de la Seine, mura les portes de la ville pour défendre la capitale et la personne du Roi dont il était maître. Le duc de Berry était au château de Bicêtre, Il essaya de le fortifier. Ses troupes campèrent dans la vallée delà Bièvre, le duc d'Orléans établit son quartier à Gentilly, le comte d'Armagnac à Vitry (3). Les Armagnacs poussèrent quelques reconnaissances jusqu'au faubourg Saint- Marcel, mais sans résultat.
baty de belles églises en ce païs-là. 11 éloit bon prince. Tout ce qu'on blàine en luy, c'est qu'il employoit les finances du roy à ses batiniens. {Perroniana et Thuana, editio tertia, Colonial Agrippinœ, apud Gerbrandum Scagen. p. 326. M D C X C I.)
i. Bibliophile Jacob. — Les Curiosités de l'histoire du Vieux Paris. — 1 vol., page 350, Paris, 1838. Edit. Delahays.
2. A travers tous ses vices, ce duc avait, comme ses frères Charles V et Philippe de Bourgogne, le goût des arts et des belles choses, et son château de Bicêtre était une vraie merveille pour la peinture, la sculpture, la mosaïque, les brillants vitraux, les meubles somptueux, mais ces belles choses avaient coulé les larmes et le sang de milliers de malheureux. (Henri Martin. — H. deFrance, tome 1"% page 438).
En 1404, une maladie contagieuse qui faisait des ravages terribles et enleva le sire de Bourgogne, atteignit aussi le duc de Berry dans son château de Bicêtre, mais sans issue fatale pour lui.
3. Et vindrent le dit duc de Berry en son hostel de Vincestre qu'il avoit aucunement réédifié et là se logea le duc d'Orléans à l'hostel de l'Euesque de Gentilly, le comte d'Armignac à Vitry et les autres lieux les plus proches qu'ils peurent et au vespre vinrent loger à Saint-Marcel et iusques à la porte de Bordelles (Enguerran de Mons-
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L'Université de Paris s'entremit alors entre les deux partis. Elle envoya des ambassadeurs à Joan de Berry pour lui demander la paix(l). Celui-ci reçut les délégués dans les salles splendides du château où l'on voyait, disent les chroniqueurs, a des objets d'art magnifiques, les portraits originaux du pape Clément septième et de ses cardinaux, des princes et roi de France, des rois d'Orient et d'Occident (2;. »
La Paix de Winchestre fut signée le l" novembre 1410.
Les ducs acceptèrent les conditions de l'Université. Ils consentaient à s'éloigner, à remettre le dauphin à deux seigneurs nommés l'un par le duc de Berry, l'autre par le duc de Bourgogne. Mais malgré les signatures et les serments, aucun des chefs ne renonça à régner pendant la minorité du prince. La lutte reprit de plus belle. La paix fut bientôt suivie de la trahison de Winchestre.
Sur l'annonce d'un complot formé par Jean de Berry pour enlever le roi, les Parisiens prirent parti pour le duc de Bourgogne. A leur tète étaient Simon Coutellier, surnommé Caboche; Jean de Troye, vieux chirurgien, orateur populaire; Le Goix, un des chefs de la milice; le bourreau Capeluche; tous, alliés aux Saint-Yon, aux ïhibert, les principaux bouchers de Paris. A la tète de trois mille hommes, Le Goix se porta sur Bicêtre, et le brûla de fond en comble. Pendant ce temps, les Armagnacs incendiaient à Bagnolet une maison du comte de Saint-Pol, gouverneur de Paris et ami de Jean sans Peur.
Suivant Juvénal des Ursins (3), Le Goix et ses partisans enlevèrent du château « les beaux huis et les beaux châssis de verre )>, objets de luxe réservés ahjrs pour les hôtels des grands seigneurs et pour les
trelet, gentilhomme, iadis demeurant à Cambray en Cambrésis. Volume 1°' des Chroniques, page 102 verso, éd. 1586. Paris. Chez Laurent Sonnius, au Compas d"Ur, rue Saint-Jacques).