‹ Histoire de Bicêtre (hospice-prison-asile) d'après des documents historiqueChapitre 58 sur 137 · Archives de Bicêtre. Règlement dr 1781, chap. v, art. II · texte numérisé non relu

Archives de Bicêtre. Règlement dr 1781, chap. v, art. II

HISTOIRE DE RICÈTRE I f » |

Dès leur arrivée à liicètre, ils étaient interrogés et conduits à leur destination. On leur ôtait leurs habits et on leur donnait l'uniforme de la maison (l).Cet uniforme consistait en un frac, une culotte de tiretaine grise, des bas et un bonnet de laine et des sabots.

Bien qu'à cette époque il y eût un magasin d'habillement spécial à chaque emploi, dans lequel on confectionnait des vêtements neufs, il s'en faisait fort peu pour le septième. Les habits neufs étaient donnés aux aliénés calmes, les autres étaient vêtus des défroques des pauvres et des prisonniers. En général, ces vêtements usés se détérioraient promptement; indépendamment de l'agitation du malade, l'humidité des loges et la quantité innombrable de rats qui circulaient dans ces localités y contribuaient beaucoup.

On évalue à un cinquième environ, le nombre des malades qui lacéraient leurs habits et restaient nus. Quelques-uns se vêtaient d'une manière bizarre sans qu'on songeât à les en empêcher. En 1789, un fou, nommé Houbigan, avait la manie de se croire femme et en portait continuellement le costume. On le nommait M'^e Houbigan.

Aucun remède ne leur était donné contre leur état de folie. Pour toute nourriture, ils recevaient six quarts de pain bis par jour, la soupe taillée sur leur pain: un quart de viande, réduite à moitié étant cuite, les dimanches, mardis et jeudis ; le tiers d'un litron de pois ou de fèves les lundis et vendredis; une once de beurre, les mercredis; une once de fromage, les samedis. La nourriture des aliénés payant pension variait selon le prix payé (2).

Les vivres étaient distribués journellement : le pain à cinq heures

Page 1