‹ Histoire de Bicêtre (hospice-prison-asile) d'après des documents historiqueChapitre 61 sur 137 · Pariset, Éloge de Pinel · texte numérisé non relu

Pariset, Éloge de Pinel

qui, « bravant les appréhensions et les clameurs, avait osé détacher les « fers de quelques malheureux ».

Pussin (1) avait l'habitude de vivre continuellement avec les malades, d'étudier leur mœurs, leurs caractères divers, les objets de leurs plaisirs et de leurs répugnances. Il suivait attentivement le cours de leurs égarements pendant le jour, la nuit et les diverses saisons de l'année ; il les dirigeait sans effort et leur épargnait des emportements et des murmures. 11 avait le rare talent de prendre à propos avec eux le ton de la bienveillance ou un air imposant et de les subjuguer par la force lorsque les voies de la douceur ne pouvaient suflire. Le spectacle continuel de tous les phénomènes de l'aliénation mentale et les fonctions de la surveillance avaient communiqué à Pussin des connaissances multipliées et des vues de détail qui manquaient souvent à Pinel, parce qu'il ne pouvait consacrer que trop peu de temps à ses malades.

<< Aussi ce médecin avait-il des entretiens réitérés avec son surveillant et s'efforçait-il de mettre à profit les documents qu'il recueillait de sa bouche et qui pour la plupart étaient d'un grand prix (2). »

Secondé par Pussin, Pinel vainquit les résistances de l'habitude et les préjugés vulgaires. Le premier il eut l'idée de mettre à profit les forces des aliénés, de multiplier pour ces malheureux les moyens de travail et d'exercice du corps.

1 . Extrait des registres des entrées de l'hospice de Birétre.

DU f' OCTOBHE 1770 AU 30 JUIN 1771.

Le 5 juin 1771.

Jean-Baptiste Pussin, garçon tanneur, àpé de vingt-cinq ans, de Lons-le-Saulnier, en Franche-Comté, diocèse de Besançon, entré comme infirme atteint des humeurs froides, venant de l'Hùtel-Dieu.

Nommé maître des enfants du bâtiment neuf par délibération du bureau de la Pitié du 27 avril 1780 qui lui accorde le même traitement des sous-maitres de la correction, consistant dans le second réfectoire, une chopine de via et 36 francs de gages par an.

Le sieur Vincent, gouverneur de l'employ du bâtiment neuf étant sorti le 12 juillet 1780, le bureau, par délibération en date du 7 août 1780 a commis provisoirement ledit Pussin pour exercer les fonctions de gouverneur en même temps que celle tle maître des enfants du dit enipioy.

Nommé gouverneur des sous-employés de Saint-Prix par délibération du bureau dila Pitié du 3 octobre 1785 <à la place du sieur Mauderc à qui on a accordé la retraite au dehors.

Sorti le 30 lloréal an x (avril 1802) et passé à la Salpètrière en qualité de surveillant des folles. (Archives de Bicêtre.)

Voyez Appendice.

i. Coup d'œd hisluriquc et médical sur Bicétre (maison d'aliénés) par le D' A. Millet, ancien interne de l'hospice de Bicètre, lauréat, etc.. 1 broch. Paris, Rignoux, imprimeur de la faculté de médecine, rue Monsieur-le-Prince, 1842 (page 10).

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11 n'eut pas le temps d'expérimenter cette réforme à Bicétre. Deux années après sa nomination de médecin à cet asile, il était appelé par l'administration à la Salpètrière en qualité de médecin en chef du quartier des folles.

Fidèle à son chef de service, Passin ( Ij alla rejoindre Pinel à la Salpètrière,et,comme à Bicètre,ill'aida àrendre à laliberté les aliénées enchaînées dans des cachots à vingarct mhes au-dessous du sol, et qui l'hiver grelottaient,ayantles pieds gelés ou rongés par les rats,'à demi nues, le cœur ulcéré, dévorées par la haine de leurs bourreaux e't l'imagination surexcitée encore par le traitement odieux qu'on leur faisait subir.

M. Lanefranque, nommé médecin de l'hospice en 1795, continua l'œuvre de son prédécesseur jusqu'en 1807, époque de la réunion des aliénés en traitement à l'Hôtel-Dieu aux incurables de Bicétre.

La nouvelle administration s'occupa alors de donner à la médecine des locaux appropriés à ses besoins. Elle fit cesser la promiscuité eflfrayante qui n'avait cessé de régner pendant plus d'un demi-siècle eUe substitua l'ordre à la confusion et prépara aux successeurs de Pineî la large voie de la régénération et du progrès.

Un des premiers pensionnaires de Bicétre, fut cet illuminé de 1 lie Saint-Louis, SimontMorin, qui se proclamait l'homme saint, affirmait que lame de Jésus-Christ était sienne et que le roi était condamné aux peines éternelles. Dénoncé par le poète Desmarets de baint-Sorlin, il tut brûlé vif en place de Grève, le 13 mars 1663 (2).

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