‹ Histoire de Bicêtre (hospice-prison-asile) d'après des documents historiqueChapitre 7 sur 137 · Le troisième jour de Septembre mil cinq cent vingt · texte numérisé non relu

Le troisième jour de Septembre mil cinq cent vingt

« Item, a été vendu à Jehan Berteau, servi teurde .Monseigneur le Président Bricon et iii s. V. qu'il avait baillez, pour le saisissement du château de Bicêtre parce que le Roy a donné la pierre d'icelui pour édifier le dit lieu de la Charité ;

« Item, le xxvu" jour de décembre, au clerc de Monsieur le Procureur général du Roy .X.. S. T, qu'il avait baillez à Mathurin Baudu, huissier de la Court, de certain procès intenté par le diz Chappitre au Trésor, pour raison de la pierre dudit casteau de Bicestre donnée par le Roy pour édifier le dit lieu de la Charité. (Collection de documents pour servir â l'Histoire des Hôpitaux de Paris, commencée sous les auspices de M. Michel Moring, continuée par M. Charles Quentin et M. E. Peyron, directeurs de l'Administration générale de l'Assistance publique à Paris, publiée par M. Brièle, archiviste de l'Administration, tome III).

Cet hôpital fut démoli avant d'être achevé. Les pierres de taille du château de Bicêtre, qui avaient été amenées pour sa construction, furent transportées, en 1524, à l'Hôtel-Dien (1). Au dire de Claude de Chatillon en 1610, les ruines n'avaient pas complètement disparu (2\

C'est alors que naquirent et s'accréditèrent ces histoires dont la légende s'empara et qui jettèrent leur lugubre voile sur Bicêtre. La superstition populaire considérait la partie méridionale, au dehors de Paris, depuis l'emplacement de l'ancien cimetière des Romains jusqu'à Gentill v, comme le théâtre des revenants et des loups-garous. Refuge de voleurs (3) et de brigands, tel était Bicêtre. Des femmes de mauvaise vie guettaient sur la route les passants, les entraînaient vers les ruines. Celui qui se laissait prendre dans leurs rilets, n'en sortait que complètement mis â sec, bien heureux encore s'il avait la vie sauve.

L'imagination aidant, les histoires les plus invraisemblables se racontaient sur ce lieu maudit. Bicêtre, c'était l'endroit où le soir les damnés venaient danser la funèbre danse macabre, où les revenants se promenaient librement, célébraient les sabbats profanes et se livraient aux orgies diaboliques. Le piéton attardé fuyait, sans oser regarder en arrière, en se signant, croyant voir dans la nuit, les sorcières franchir les airs sur un manche à balai et descendre emportées dans un nuage de fumée, au milieu des carrières sombres de la vallée de la Bièvre. Parfois encore, on entendait dans l'ombre, des clameurs, des plaintes étouffées, des cris de gens qu'on égorgeait, de déchirants sanglots (4). Ces parages étaient si mal famés alors que le mot Bisseslre s'introduisit dans la langue pour signifier, tantôt un

1. \î)i't-[ô25. « Six livres v. s, payées à Estienne Hardi, maçon tailleur de pierre, pour XXV journées par lui vacquées, tant en faisant plusieurs ouvrages de son métier que en aidant à charger la pierre de taille de La Charité pour amener audit Hôtel- Dieu (Brièle, loc. cit.).

2. Une partie des terrains couverts de ruines dut alors être livrée à la culture par le Chapitre Notre-Dame, ainsi que semblerait l'indiquer un article des comptes delb28, publié dans les mêmes documents cités plus haut.

« Dépense de xxix parisis a été faite pour achat et plantage d'arbres plantez aux vignes de Gentilly.

« Autre dépense de xiii s. vi den. pour marquottes mises aux dites vignes de Gentilly. ^Collection de documenta, etc., par Brièle.)

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