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Salle Devillas, 2'' division

212 HISTOIRE DE BIGÊTRE

et riiabillement de la maison. Le trousseau se compose d'un paletot, un pantalon, un gilet, une casquette en drap, une paire de bas, une chemise en toile, une paire de souliers.

Le lever pour les valides est fixé à six heures en été, à sept heures en hiver. Les infirmes ne sont pas soumis à cette disposition du règlement, la plupart sont retenus dans leurs lits par leur maladie même.

La propreté et la salubrité des salles n'ont pas à en souffrir cependant. Les dortoirs sont au contraire l'objet des soins les plus minutieux. Ceux qui ne sont pas cirés sont lavés deux fois par jour, on les balaie après chaifue repas. Ils sont aérés autant que le permet la température. Chaque jour les grands infirmes sont levés, habillés, peignés; on leur fait prendre des bains de pieds tous les huit jours, leurs ongles sont coupés et leurs plaies pansées aussi souvent que cela est nécessaire. Les gâteux sont lavés deux fois par jour, le matin et l'après-midi; leurs lits sont refaits, leurs draps et leurs paillassons renouvelés. On veille h ce qu'ils soient toujours proprement et sainement couchés (1).

Tandis que les valides mangent dans les réfectoires, les grands infirmes mangent dans leurs salles. On leur sert la soupe le matin à sept heures; à onze heures, le déjeuner; k quatre heures du soir, le dîner.

Les pensionnaires qui veulent profiter des bienfaits de la promenade au grand air ont à leur disposition de petits chariots, dans lesquels ils peuvent se faire traîner par les infirmiers ou des camarades complaisants.

i. Les ilraps des valiilcs sont changés tous les mois, ceux des grands infirmes tous les quinze jours.

Les chemises, les bonnets, les bas sont changés tous les huit jours.

Les torchons, les tabliers, le linge du service des réfectoires sont changés au fur et à mesure des besoins. A l'effet de pourvoir aux besoins journaliers et immédiats du service, il existe dans chaque division un magasin particulier de linge et de vêtements tenu par un suppléant ou une suppléante.

Outre le change du linge qui leur est apporté chaque jour par les gens de service de la division, ils sont chargés aussi du change périodique des draps, chemises, etc... L'employé au linge établit en double la liste par espèces et par quantités des pièces de lingerie sales qu'il reçoit, il accompagne ce linge à la buanderie où, après vérification, l'une des deux listes lui est rendue, revêtue du visa de la surveillante de service. Cette liste vérifiée est remise à la lingerie en échange d'une quantité de linge blanchi égale à celle qui est rendue à la buanderie. On opère de môme à l'égard des vêtements déchirés ou malpropres soit au magasin d'habillement soit à la buanderie.

(Règlement intérieur de l'hospice de Bicêtre.)

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Les valides doivent se faire raser à la boutique du barbier de l'hospice une fois par semaine au moins. Les grands infirmes et les malades sont rasés à leurs lits au fur et à mesure des besoins. Leurs cheveux sont coupés aussi souvent que la propreté l'exige. Enfin les administrés doivent demander un bain de propreté chaque fois que cela est nécessaire. Les surveillants envoient d'office au bain ceux qui, par incurie ou manque d'initiative, laissent passer plus d'un mois sans y aller, et ceux dont la malpropreté évidente témoigne du besoin qu'ils ont d'en prendre.

La plupart des indigents sortant de la classe ouvrière et industrieuse de la capitale, le désœuvrement ne pourrait leur être que nuisible. Spontanément isolés, obligés de vivre d'une vie nouvelle, totalement étrangère à leurs habitudes et à leurs mœurs, ils tomberaient bien vite malades si le principe de l'obligation du travail n'avait été établi dans les hospices. Le travail est le meilleur agent de santé et de moralisation. Il entrait dans le projet de police intérieure soumis au roi en 1650, que tous les administrés valides soient contraints à travailler; la loi du 10 messidor an VII consacra cette obligation (I). Le conseil général des hospices, en conformité de cette loi, institua des ateliers à Bicôtreet à la Salpétiière par un arrêté en date du 30 fructidor an X.

L'administration installa d'abord de petits ateliers où chacun pu travailler, cà son métier, à son compte, puis elle-même occupa, pour le service de la maison, les administrés valides, soit comme tapissiers, menuisiers, charrons, fumistes, serruriers, tonneliers, peintres, etc., soit comme buandiers, balayeurs, hommes de peine (2). Plus de quatre

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