‹ Histoire de Bicêtre (hospice-prison-asile) d'après des documents historiqueChapitre 75 sur 137 · Arrêté du 30 fi'iictidoi' an · texte numérisé non relu

Arrêté du 30 fi'iictidoi' an

Art. 31. — Tout indigent valide est tenu de se livrera un travail analogue à ses forces et à son industrie.

Art. 32. — Los indigents valides qui refusent de se livrer aux travaux auxquels ils sont jugés propres ne pourront obtenir de permission de sortir et la commission peut même, lorsqu'elle le juge convenable, les renvoyer de la maison.

Art. 33. — L'agent de surveillance a le droit do faire faire par tous les indi-enls

cents administrés sont utilisés aujourd'hui. Leur travail est rétribué, le prix de leur journée s'élève de 0 fr. 40 à 1 franc. Seule, la corvée de l'épluchemeat des légumes est obligatoire pour tous et imposée à titre gratuit. Chaque division fournit à son tour les hommes nécessaires à ce service. Le grand âge (quatre-vingts ans au moins), les infirmités graves, le travail dans les ateliers de l'établissement ou une dispense donnée par l'administration peuvent seuls les en exempter. Les administrés sont désignés à tour de rôle, suivant l'ordre d'inscription sur un catalogue spécial tenu par le surveillant de chaque section. L'épluchement a lieu deux fois par jour : à huit heures du matin et à midi, dans un local spécial voisin de la cuisine et du magasin aux comestibles. En moyenne, chaque pensionnaire assiste à quatre séances par' semaine en été et à deux séances en hiver. Cette pi'oportion tend à s'élever à cause de l'aftlueuce toujours croissante des intirmes dans l'hospice.

Parmi les ateliers de Bicêtre, plusieurs sont d'une réelle importance. La cordonnerie, V habillement, la tapisserie et le coucher, la serrurerie, la menuiserie, le jardin du marais.., etc., occupent un nombre considérable d'ouvriers, indigents ou aliénés, et accomplissent une notable partie des travaux d'entretien et de confection relatifs à ce vaste établissement.

Les ateliers d'habillement, de tapisserie et de coucher, de cordonnerie sont si lues dans un même bâtiment de la cour dite du Grand- Puits. Leur organisation intérieure est à peu près la même.

Le magasin d" habillemenl occupe soixante-cinq administrés de l'hospice ou de l'asile, des ouvrières à la journée et un certain nombre à façons, pour la confection et l'entretien des effets à l'usage des administrés, des aliénés, des surveillants et des serviteurs. Ce service est

valides, non occupés à d'autres travaux, toutes les corvées, tous les ouvrages faciles qu'il jugera convenable.

Art. 34. — On ne peut travailler ailleurs que dans les ateliers.

Art. 3!i. — Les iudiyenis ne peuvent sortir de la maison plus de trois fois par mois à cet efl'et, les permissions se donnent par dixième de population dans chaque emploi.

Art. 49. — L'agent de surveillance aura droit de punir tous les indigents et employés qui contreviendraient au présent règlement, soit en les privant d'un jour de sortie pour la première fois, de deux ou davantage s'ils récidivaient; il pourra, lorsqu'il le jugera convenable, les faire mettre 24 et même 48 heures à la salle de discipline, en en donnant avis à la commission qui, selon les circonstances, les renverra de la maison,

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conduit par un maître tailleur qui reçoit en compte les matières premières, coupe, dispose, distribue l'ouvrage et verse au magasin les effets confectionnés. Le nombre moyen de confections est de i/natre mille cinq cents par an; celui des réparations de plus de trente mille.

Uatelierde tapisserie et découcher où l'on confectionne et répare les rideaux de lits et de fenêtres, les housses, matelas, oreillers, traversins, paillassons et autres effets de coucher et de lingerie: les vêtements de force pour les aliénés, les fauteuils ])Our les infirmes, les béquillons, est en outre pourvu : 1" d'un magasin, où sont déposés les matelas, couvertures et tous les eff"ets de coucher nécessaires aux échanges journaliers ou mis en réserve pour le service de l'établissement, 2" d'une carderie pour la laine et d'un séchoir pour les paillassons des gâteux de l'hospice et de l'Asile. Ce service occupe vmgt-cinq à trente travailleurs sous la direction d'une surveillante. Le nombre des confections (rideaux, housses, tabliers, offris, de force, etc.) est en moyeune de six mille par an; celui des réparafions de inille deux cents.

La cordonnerie confectionne et répare les chaussures, ordinaires et orthopédiques, non seulement pour l'établissement, mais encore pour la Salpêtrière et Ivry. Quarante-cinq ouvriers y sont occupés. Le chiff're des confections est en moyenne de six nulle paires de souliers ordinaires, de (/ualre inille paires de l)rodequins de force, de cinq cents paires de chaussures orthopédiques et de neuf cents paires de chaussons de lisière. Un chef cordonnier dirige l'atelier. Il coupe, essaye, prépare, distribue, surveille et reçoit le tiavail. Il exécute par ses mains les ouvrages ({ui présentent le plus de difficultés, il veille à l'approvisionnement des matières premières dont il a besoin, rend compte de leur emploi et s'attache à ce que la production de son atelier soit toujours en rapport avec les besoins des divers établissements que cet atelier doit pourvoir.

Les ateliers du bâtiment sont au nombre de neuf; les plus importants sont ceux de menuiserie, de serrurerie, de peinture et de vitrerie qui occupent de huit à dix ouvriers. Ceux de cliarronnaye, de maçonnerie, de tonnellerie, de [doinherie, n'occupent que de un à six ouvriers; enfin ceux de couverture et de fumisterie ne sont composés que d'un coni[)agnon et de son aide.

Les ateliers destinés à pourvoir a l'entretien des bâtiments et du

matériel de l'établissement sont conduits par des chefs ouvriers. Ils sont situés dans une même cour qui porte le nom de cour des Ateliers, et sont, ainsi que nous l'avons dit déjà, placés sous la surveillance d'un inspecteur des travaux. Les chefs d'atelier, après avoir reçu le matin les ordres de ce dernier, prennent eux-mêmes les mesures, tracent le travail, examinent les ouvrages qui leur sont rendus par les ouvriers et président à la pose des pièces, lorsque l'opération est de quelque importance.

Enfin, dans l'immense jardin potager appelé lé Marais, soixante à quatre-vingts aliénés sont occupés aux travaux de jardinage et de culture sous la surveillance d'un chef jardinier et de quatre aides. Ce jardin est contigu à l'hospice. Il s'étend le long des côtés nord et ouest de l'établissement. Sa superficie est de 7 hectares environ. Tout aliéné ou épileptique valide autorisé par le médecin y travaille sous la responsabilité du chef. Douze vieillards sont chargés de veiller sur eux pendant tout le jour, d'empêcher les rixes et les évasions, et de les ramener à l'asile, où leur rentrée est contrôlée. Cette exploitation est loin de suffire aux besoins de l'hospice; mais l'administration la considère moins comme un élément de rapport que comme un moyen efficace d'amélioration, de guérison même des malades.

Tels sont, répartis entre ces divers services, les travaux d'entretien, de confection, de culture, propres à la maison de Bicètre.

Grâce à ces ateliers ouverts aux administrés (1), l'indigent trouve une amélioration à sa situation, l'oubli de sa position malheureuse, et puise dans le travail un nouvel élément de santé si nécessaire à son grand âge. L'ennui ne le gagne pas, il n'est pas isolé au milieu d'une foule d'indifférents ; il a des camarades d'atelier, et le séjour de l'hospice lui parait moins pénible puisqu'il peut encore se rendre utile à l'administration qui l'a recueilli, à la société qui le protège.

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