INTRODUCTION
princière , a-ton dit tout ce qu'il y eut de splendeur dans la vie des comtes de Blois ; tout ce que les fils d'Henri II accomplirent d'attentats dans cette admirable construction de la renaissance , qu'après deux siècles de délaissement et de profanation les arts vont enfin restaurer.
Mais les annales du Blésois ont à peine signalé l'existence des populations qui végétaient dans leurs chaînes féodales, au pied des tours crénelées, ou qiii labouraient la plaine arrosée de leur sueur , pour y faire germer les redevances promises au seigneur. Il est vrai qu'au moyen-âge les destinées des peuples étaient si étroitement garottées , qu'il pouvait être difficile d'en observer l'action , et dangereux d'en révéler l'esprit , si l'on parvenait à le saisir. La plume , comme le soc du laboureur, était esclave. L'écrivain , n'ayant à choisir qu'entre les bienfaits réservés au panégyriste et la persécution promise à l'homme indépendant , optait en faveur de la servilité ; et le peuple de chaque province n'eut une histoire que lorsqu'il fut devenu partie intégrante de la grande nation.
Or, c'est précisément à cette époque que les historiens les plus modernes du Blésois ont borné leur tâche : après