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PRODUIT ACTUEL

450,000 fr.

Les onéreuses concessions octroyées par les comtes de Blois aux couvents et hôpitaux de la ville et des environs , contribuaient à diminuer le revenu domanial des forêts; car la plupart de ces établissements avaient obtenu le droit de prendre chaque année certaines quantités de bois pour leur chauffage ou pour la réparation de leurs bâtiments. Outre ces prélèvements annuels, le Domaine accor-

• les cfaiffrcf de cette colonne «ont extraits d'un mémoire de M. Flcury.

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dait souvent des coupes extraordinaires de bois aux monastères, aux hospices et même aux gentilshommes en faveur ; les belles charpentes de nos ^Hses et celles de plusieurs châteaux ou hôtels anciens , proviennent de semblables libéralités. La multipUcité des droits de pacage et de pasnage, cause incessante de dévastation , n était pas moins préjudiciable au Domaine. De tous les établissements qui absorbaient une si forte part du produit des trob forêts, il ne reste aujourd'hui que les hospices de la ville ; ces deux maisons reçoivent chaque année 800 stères 72 c. sur les coupes des forêts de Blois et de Russy. Cette dernière est encore grevée d'un droit d'usage que le comte Jean de Châtillon , mort en 1278, légua aux habitants des communes situées entre le Beuvron et le Cosson; à défaut du titre original de concession, qui n'existe plus, nous rapporterons les clauses d*une charte datée du mois de mars 1283 \ par laquelle Jeanne de Châtillon, fille et héritière du testateur , confirme en les expliquant les dispositions du legs paternel :

Les exécuteurs testamentaires de notre père Jean de Châtillon s'ctant assemblés h Blois pour oïr connoistre et déterminer les complaintes qui leur estoient fectes et aportées des griefs que aucuns plainctifs disoient qu'ils avaient soustenu de nostre dict chier seigneur et père, entre autres les estagiers (habitans) d'environ la forêt de

' L'original existe aux arcbivcs de la ville; il porte un grand sceau de cire vcilc aux armes de Châtillon.

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Russy ealre les deux eaux (les rivières du Beuvron et du Cosson), et ceux qui ont maison entre ces deux eaux quand-même ils n'y demeureraient ; les dits exécuteurs , conformément au testament de notre père, déclarèrent que cesgens-lk avaient droit de bois mort et de pâturage dans la forêt de Russy , en payant les redevances accoutumées de seigle et d*avoine •. Plus tard, des difficultés s'étant élevées sur l'interprétation de cette déclaration , nous avons décidé ce qui suit : — Les dits usagers auront le bois sec gisant par terre et celui qu'ils pourront enlever au crochet et à la main sans coignée et sans ferrement^ plus le coiche sèche à arragier, Cespine, l^aubespine , le genest , le pourfits, le garais, la bruère, la fougère, le genièvre, la hourdene, le houx et le frasquon. — Les usagers ne pourront vendre ni céder leurs droits, ni les exercer ailleurs que dans les tailles au dessus de 7 ans; ils ne le pourront dans les deffois ni dans les coudraies.

Probablement ces concessions eurent pour but d'indemniser les riverains des dégâts et des dangers personnels que leur causaient les bêtes fauves; peut-être aussi doit-on les considérer comme une compensation de la servitude féodale de garenne oti/verte^^ dont nos comtes jouissaient dans un certain rayon pour la conservation de leurs plaisirs. L'usage des estagiers d'entre Beuvron et Cosson est connu dans le pays sous la dénomination de croc et mail; on l'appelle ainsi, parce que les usa-

' La redevance de leigle s'appelait grenagcy et celle d*avoinc avenage ; l'une et l'autre sont tombées en désuétude.

• Droit qu^avait le seigneur de chasser sur les propriétés riverai - «es, à Texclusion des propriétaires eux-niémcs.

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geps prétendent se servir du crochet et du maillet ' pour détacher le bois mort. Divers règlements ont successivement interprété les anciens titres; le dernier est un arrêté de l'administration centrale de Loir-et-Cher du 24 floréal an vu, qui reconnaît les droits de quatorze communes situées entre les deux rivières, savoir : les Montils, Seur, Cellettes, Chailles, Saint-Gervais, Vineuil, Huisseau, Mont, Tour, Bracîeux, Neuvy, Crouy, Thoury, Dhuison; les habitants de ces communes peuvent mener paitre, aux termes de Tarrèté, deus vaches et leur mite par chaque mouée^ de terre. On évalue à 40,000 fagots, d'une valeur de 24 à 26,000 francs, la quantité de bois que la servitude de croc et mail enlève annuellement au Domaine. L'administration des forêts plaide depuis longtemps pour la faire restreindre; mais, en attendant une solution définitive, les quatorze communes continuent d'exercer leur ancien privilège comme par le passé, et de révérer la mémoire de leur bonne comtesse Jeanne de Châtillon.

' Quoique cet instrument ne soit pas nentionné dam la charte de 1383» ton usage n^a rien de contraire A la clause expresse tam fer- Ttfntntm

* Une roouée contient 9 arpents du pays.

FTf DU TOME PREBIIER.

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