‹ Histoire de BordeauxChapitre 3 sur 143 · DIS · texte numérisé non relu

DIS

PRiMCiPAiT% ÉTÉmamaiTS

Arrivés dans Bordeaux jusqu'à l'époque qù se sont arrêtés les demiert^

historiens de cette ville,

d'introduction a la. continuation de son histoire.

On ne peut raisonner que par conjecture sur l'époque de la fondation de Bordeaux. Strabon , le plus ancien auteur qui ait parlé de cette ville , et qui florissait vers la fin du premier siècle de l'ère vulgaire , a écrit que parmi les diverses petites nations qui habitaient entre l'Océan , la Garonne, et les Pyrénées, se trouvaient les Bituriges-Vivisques; qu'ils étaient d'origine gauloise; qu'ils vivaient comme étrangers dans l'Aquitaine , et qu'ils y possédaient une place de commerce renommée (emporium célèbre), que cet auteur appelle Burdigala, et qu'il dit être située dans un lieu entouré de marais que forme la Garonne.

Ptolémée , qui écrivait dans le siècle suivant , donne uniquement la position géographique de Bordeaux , qu'il établit à la distance d'un demi- degré de longitude et d'un degré de latitude , à prendre de l'embouchure de la Garonne. Ausone , quoique natif de cette ville dont il parle souvent dans ses ouvrages , se borne à dire qu'elle était d'origine vivisque.

Les Bituriges-Vivisques ne sont pas nommés parmi les

nations gauloises que César soumît par lui - même ou par Publius Crassus , son lieutenant. Il parle seulement des Bîturiges (habitants du Berri), sans leur donner le surnom de Cubes que Stràbon et Ptolémée font connaître , ni celui de FmsquesquG Pline , après Strabon , attribue aux habitants de Burdigala,

Dans un magnifique édifice romain qui a subsisté à Bordeaux jusqu'en 1677, sous le nom de Piliers de Tutelle, était un autel antique qu'on voit au Musée de cette ville. L'inscription de cet autel annonce qu'il a été consacré à l'empereur Auguste et au génie tutélaîre de la cité des Bituriges-Finsques, Cette inscription fortifie les témoignages de Strabon , de Ptolémée , de Pline , et d'Ausone , concernant le nom des fondateurs de Bordeaux , mais elle n'indique pas l'époque de la fondation de cette ville.

Il paraît probable que cette époque doit être bien antérieure à la conquête des Gaules par Jules-César. Il l'acheva en l'an 52 de l'ère vulgaire, en s'emparant d'Avaricum (Bourges , capitale des Bituriges-Cubes) , de Gergovie (Le Crest), et d'Alesia (Sainte- Reine )> villes puissantes dans lesquelles s'étaient fortifiés les Gaulois confédérés contre les Romains, sous la conduite de Vercingentorix. Ce chef fut fait prisonnier par César et son armée taillée en pièces. ' La défaite de cette armée détermina les peuples qui étaient entrés dans la confédération contre les Romains à se soustraire à leur vengeance par la fuite.

Les Bituriges-Vivisques établis sur les bords de la Garonne étaient-ils du nombre des Gaulois échappés au glaive des légions de César? il est impossible de le présumer; car ' dans l'espace d'un demi-siècle qui s'est écoulé entre leur fuite prétendue et l'époque où Strabon les a vus rassemblés en corps de peuple , ils n'auraient pu fonder Burdi^

gala et en faire une place de commerce renommée. Il y a plus : l'histoire atteste que ving^ept ans avant Tëre vulgaire l'empereur x\uguste érigea Bordeaux en métropole de la seconde Aquitaine. Eût-il donné ce titre à une ville qui n'aurait pas joui d'une grande considération par la force de sa position et de sa population? Or Bordeaux ne pouvait pas offrir ces avantages si ses habitants n'étaient autres que les malheureux Gaulois qui avaient échappé à la fureur des Romains vingt-cinq ans auparavant.

Le berceau de cette ville , comme celui de tant d'autres , est entouré de ténèbres qu'il est impossible de percer. Il est. pour les peuples ainsi que pour les hommes une première enfance , qui est un âge d'obscurité. Les uns et les autres n'intéressent qu'alors qu'ils commencent à jouer un rôle sur la scène du monde.

Historiquement parlant , Bordeaux n'a marqué dans les Gaules qu'au milieu du troisième siècle. En l'an 268 , Tétri-: eus t gouverneur de l'Aquitaine pour les Romains , accepte la pourpre impériale que lui offrent les légions qui étaient sous ses ordres. Il domine sur les Gaules , sur l'Espagne , et sur l'Angleterre, jusqu'en Stlk. Alors il songe à abandonner son empire , s'étant aperçu qu'il ne pouvait plus réprimer l'indiscipline qui régnait parmi ses troupes , et que sa vie était exposée au milieu d'elles. Ayant communiqué secrètement son projet d'abdication à l'empereur Aurélien , celuici marche sur les Gaules , feignant de vouloir attaquer Tétricus,qui de son côté arrive à la tête de ses troupes comme pour combattre celles des Romains. Les deux armées en vinrent aux mains près de Ghàlons-sur-Marne. Mais au fort de la mêlée , Tétricus et son fils passent dans le camp d' Aurélien. Cette défection assure la victoire à l'empereur et fait rentrer sous ^n obéissance les provinces révoltées.

Ce même siècle est remarquable par rintroduction du christianisme à Bordeaux. Il y est prêché par saint Martial. Les détails sur sa mission ne sont pas connus , et de bons critiques contestent même l'authenticité de Tépltre que Ton suppose qu'il a adressée ai^x Bordelais dans cette occasion.

Les beaux-arts fleurissent avec le plus grand éclat à Bordeaux dans le quatrième siècle. Il existait alors dans cette ville un collège tellement renommé , que Rome et Canstantinople viennent y chercher des professeurs. Le poète Ausone a célébré ceux qui s'illustrèrent dans ce collège dont il a été lui-même un des principaux ornements. L'empereur Valentinien V" l'appelle auprès de lui à Trêves pour lui confier l'éducation de son fils Gratiep; ce dernier étant parvenu à l'empire décore Ausone du titre de consul romain en 579.

• Cette période d'illustration littéraire ne fut pas de longue durée à Bordeaux. Les Visigoths s'emparent de cette ville en 412 et commencent à y exercer des ravages que continuent d'autres barbares qui leur succèdent. L'empereur Honorîus étant contraint de céder l'Aquitaine aux Visigoths , ils y établissent un empire dont Toulouse est le siège. Cet empire est détruit par Glovis P' qui les défait à la bataille de Vouglé , prés de Poitiers , en 807. Ce prince entre en conquérant pacifique à Bordeaux et érige cette ville en capitale du royaume d'Aquitaine , qui conserve ce titre jusqu'à la mort de Charibert, son petit^fils, qu'on croit avoir été inhumé à Blaye en 650.

Alors ce royaume change de nom. Dagobert P' en fait un duché héréditaire et le donne à son neveu Boggis en 657 , à la charge par lui et ses successeurs de se reconnaître vassaux des rois de France. C'est le premier exemple

de rétablissement des grands fiefs dans la monarchie française , remarquent les savants auteurs de VJrt de vérifier les dates.

Cependant le nouveau gouvernement établi dans l'Aquitaine par les descendants de Clovis n'apporte aucune amélioration dans la position où se trouvait Bordeaux depuis la domination que les Romains y avaient exercée pendant quatre siècles. Cette ville continue à être le théâtre des dévastations qu'y commettent et ses ennemis et ses protecteurs naturels. Lors de leur irruption en France , les Sarrasins d'Espagne pillent et incendient Bordeaux en 739. Le maire du palais , Charles-Martel , les ayant défaits dans la Touraine , ajoute aux malheurs qu'ils venaient de faire éprouver à cette ville en la prenant d'assaut , pour punir un duc d'Aquitaine qui avait méconnu la suzeraineté des rois de^France.

Charlemagne, à son retour d'une expédition en Espagne , passe à Bordeaux en 778. Il rétablit le royaume d'Aquitaine en faveur d'un de ses fils encore enfant, et lui désigne pour lieutenant Seguin , le premier qui ait porté le titre de comte de Bordeaux, et dont il existe des monnaies frappées dans cette ville. On lui donne communément pour fils Huon , un des douze premiers pairs de France. On a publié sous son nom un vieux roman de féerie qui est le plus volumineux de ceux dont se compose la Bibliothèque bleue. Ce livre a dû être très-recherché par nos bons aïeux , à en juger par le grand nombre d'éditions qu'on en a faites; et cette circonstance est loin de prévenir en faveur du bon goût d'alors.

La Chronique Bourdeloise dit que Charlemagne, durant son séjour à Bordeaux , fit ilEiire de magnifiques obsèques aux princes et seigneurs français qui avaient été tués à

la HISTOIRE DE BORDEAUX.

Roncevaux lorsque les Gascons attaquèrent son arrièregarde , et que dans le nombre des morts se trouvaient le fameux Rolland, neveu de (l'empereur , Saterus, roi de Bordeaux, Engelerus, duc d'Aquitaine, Lambertus, roi de Bourges, et cinq mille autres guerriers. Nous ne rapportons cette citation de Tbistoire locale que pour donner un exemple du défaut de critique qu'elle offre.

Bordeaux, qui depuis l'empereur Auguste avait été de la dépendance de l'Aquitaine , est incorporé au ducbé de Gascogne par Charles le Cbauve en 842. Cette ville devient alors la résidence de ses nouveaux souverains. L'un d'eux est fait prisonnier en la défendant contre des pirates normands qui la saccagent en 882. Les dévastations qu'ils y commettent pendant soixante ans qu'ils en restent les maîtres sont telles que les habitants sont forcés de l'abandonner. Cependant les seigneurs d'Aquitaine , voyant que les rois de France ne pouvaient pas protéger efficacement cette province , élisent, pour y comihander, Ranulphe ou Raoul, comte de Poitiers. 11 est la tige des derniers ducs d'Aquitaine qui , quoique héréditaires , se reconnaissent vassaux de la couronne de France. Ces nouveaux souverains , qui portent presque tous le même nom (Guillaume), se ressemblent par une égale faiblesse dans le gouvernement de leurs états. On peut dire qu'ils ont régné sans gloire , car ils n'ont rien fait pour le bien public. Guillaume VIII , l'un d'eux , après avoir assisté à la première croisade, se livra à la culture des lettres et a laissé quelques poésies qui sont citées dans VHtstotre des Trouhctdours. L'éclat des vertus religieuses distingue quelques autres ducs d'Aquitaine.

Charles le Simple ayant fait un traité de paix avec le chef des pirates normands pour qu'ils cessassent leurs incursions en France, ces barbares abandonnent Bordeaux au

commencement dadixième'siècle. Cette ville se repeuple. On la reb&tit survie plan qui^avait été suivi pendant qu'elle resta sous la domination romaine. Il est vraisemblable qu'on employa entr'autres, pour la reconstruction de ses murs de clôture , les débris des anciens monuments publics que les barbares avaient abattus lor» de leurs irruptions. Cette conjecture explique pourquoi Ton découvre , même dans les fouilles récentes, des fragments antiques d^architecture et de sculpture sur la ligne qui bordait Tenceinte de Bordeaux du temps des Romains.

La tranquillité étant rétablie dans cette ville > les ducs d'Aquitaine et de Gascogne y fixent leur résidence et la dotent de divers établissements publics. Le dernier de ces ducs est Guillaume IX. Ce prince ayant pris parti pour Anaçlet II , qui disputait la tiare à Innocent II , saint Bernard le reprit durement de s'être mépris dans le cboix d'un pape , et exigea de lui qu'il allât en pèlerinage à Compostelle pour se faire absoudre de cette méprise. Guillaume meurt dans ce voyage laissant deux filles^ Il institue pour héritière de ses états Aliénera ou Ëléonore, l'une déciles, et la destine en mariage à Louis le Jeune* fils de Louis VI, roi de France. Ce mariage est célébré à Bordeaux eh 1137; mais la faiblesse et la jalousie ayant rompu des nœuds mal assortis, les époux divorcent en 1152. Aliénera donne sa main et ses états au duc d'Anjou , depuis roi d'Angleterre , sous le nom de Henri II. Par ce mariage l'Aquitaine passe sous la domination anglaise et devient le théâtre des guerres qui durent pendant trois siècles entre les rois de France et d'Angleterre. On remarque que ce fut alors que cette province commença à prendre exclusivement le nom de Chiienne, qui parait être une corruption du mot Aquitaine.

La prospérité du pays s'accrott successivement sous ses nouveaux souverains. Ils y établissent une forme d'administration qui y ramène Tordre et la tranquillité qu'on n'y connasssait pas depuis plusieurs siècles. Au milieu d'une guerre presque continuelle , les arts voient ranimer leur flambeau. Bordeaux. reprend insensiblement la place qu6 lui assigne sa position. Son commerce fleurit par l'effet d'une ordonnance importante sur là police de la navigation , que les rois d'Angleterre publièrent pour être observée dans les ports qu'ils possédaient sur le golfe de Gascogne et sur les rivières qui y confluaient. Cette ordonnanc*'. est depuis devenue célèbre sous le nom de Jugements des Rôles d^Olerôn. La reine Aliénera et son fils Richard Cœur de Lion en avaient pris les dispositions dans les règlements en usage dans la marine , qu'ils avaient vu pratiquer en Orient pendant qu'ils y avaient séjourné.

On place à l'année 1189 le premier accroissement que reçut Bordeaux , dont l'enceinte est augmentée au delà du Peugue depuis la Porte-Basse jusqu'au bout méridional des fossés des Tanneurs, d'où elle se prolongeait le long des fossés de Ville et de Bourgogne jusqu'à la porte de la Rousselle. Cette ligne fut entourée d'un mur de clôture bordé d'un large et profond fossé, qui a retenu ce nom depuis qu'il a été comblé. Les murs de la primitive en-' ceinte de cette ville , telle que l'avaient tracée les Romains, étaient bordés par les fossés du Cbapeau-Rouge et de l'Intendance au nord , et au sud par le ruisseau du Peugue qui était alors totalement découvert juaqu'à son embouchure dans la Garonne. Ces murs s'étendaient du côté du couchant depuis les cloîtres de l'église de Saint- André jusqu'à la rue du Canon , où ils se terminaient à une vieille tour qu'on y voit encore , et du côté du levant

depuis le coin des rues Renière et de la Rousselle jusqu'au fond de Timpslsse Douhet.

Louis VIII ayant envoyé une armée pour s'emparer de la Guienne en I25S, les Anglais la repoussent lorsqu'elle arrive aux portes de Bordeaux. Ils remportent sur elle de grands avantages , ce qui amène une trêve de sept ans entre les deux puissances. La trêve est ensuite renouvelée par saint Louis , qui finit par abandonner ses droits sur la Guienne au roi d'Angleterre en 12S9 , mais toujours à charge d'hommage envers la couronne de France.

Le roi d'Angleterre ayant refusé de faire des réparations à celui de France pour des insultes que des vaisseaux an-* glais avaient faites à des vaisseaux français dans le port de Bayonne, le premier est cité à la cour des pairs; et sûr son refus d'y comparaître, le duché de Guienne est confisqué au profit du roi de France. Ce prince envoie à Bordeaux son connétable , qui reçoit des jurats le serment de fidélité en 1293. Cependant les différents survenus entre les deux rois sont réglés en 1303; celui de France remet la Guienne à l'autre qui se reconnaît son vassal pour cette province. Elle était restée pendant dix ans sous la domination française.

La population de Bordeaux s'était tellement accrue depuis un siècle et demi que l'enceinte de cette ville avait été agrandie , qu'il devint nécessaire d'étendre cette enceinte en 1302 > pour y renfermer les nouveaux faubourgs de Sainte-Croix , de Saint-Michel , de Sainte-Eulalie, de Campaure, et de Tropeyte. La ligne sur laquelle on construisit les murs de cette clôture commençait^ du cAté du nord, à l'endroit où s'élèvent actuellement les colonnes rostrales , et aboutissait à l'ancienne porte Saint-Germain. Elle continuait de ce dernier lieu à l'église de Sainte-Eulalie , du

côté da couchant , et da côté da sud depuis cette église jusqu'à celle de Sainte-Croix. On diminua en même temps la grande largeur qu'on avait laissée au terrain du port , ««n avançant davantage sur les bords de la rivière le mur de la ville , depuis la porte de Sainte-Croix jusqu'à celle du Chapeau-Rouge.

Bertrand de Goth , archevêque de Bordeaux , est élevé à la papauté sous le nom de Clément V , en 1305. Pendant les trois premières années de son pontificat il réside avec toute sa cour dans cette ville , où son séjour procure de grands avantages. Plusieurs cardinaux qu'il crée , et qui étaient originaires du pays , y firent construire de magnifiques châteaux à son exemple. 11 transféra ensuite le saint Siège à Avignon , parce que Rome était en proie aux fureurs des factions qui agitaient l'Italie. Clément a été sévèrement jugé par les historiens contemporains ; et l'un d'eux> saint Antonin^ archevêque de Florence , qui a traité le plus bénignement ce pape , a dit de lui : Erat açidus gloriœ et honoris , et ad omnia flexihilts , ut vasco.

Le roi Jean, ayant été fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Poitiers, en 1586, est conduit à Bordeaux où il passe l'hiver. Le prince de Galles qui avait gagné cette bataille , et qui s'était d'ailleurs signalé par d'autres beaux faits d'armes , est créé duc souverain d'Aquitaine par le roi d'Angleterre , son père. Mais les dépenses excessives aiixquelles il se livre pour soutenir ce titre > pendant les onze années qu'il en fut revêtu, ayant forcé le nouveau duc d'augmenter les contributions de la province , les habitants en portent leurs plaintes au roi de France. Cité à la cour des pairs , le prince de Galles refuse d'y comparaître ; et la guerre est en conséquence déclarée au roi d'Angleterre. Les Français s'emparent de la Guienne, à la réser\'e du

pays bordelais , où les Anglais se maintiemient jusqu'à la bataille de Fonnigny. Alors Charles VU se met en mesure de les chasser totalement de cette province. Il y envoie quatr<e corps d'armée qui l'attaquent séparément. Celui que commandait le comte de Dunois s'étant emparé des places les plus rapprochées de Bordeaux, les habitants de cette ville capitulent le 12 juin 1451 , à condition que lé roi conservera leurs anciens privilèges. L'année suivante plusieurs seigneurs du pays y rappellent les Anglais. Charles Vil les défait à la bataille de Castillon, le 13 juillet 1455. Ils évacuent définitivement la France. Les habitants de Bordeaux implorent la clémence du roi , qui leur accorde une amnistie. Il en excepte seulement vingt des principaux d'entre eux^ qu'il bannit du royaume comme chefs de la révolte, et dont il- confisque les biens. Par cette amnistie en date du 9 octobre suivant, la ville est déclarée déchue de ses privilèges et frappée d'une contribution de cent mille écus d'or.

Lorsque les Anglais quittèrent Bordeaux , ils emportèrent avec eux les titres et papiers importants du pays dont ils se trouvaient dépositaires , comme y occupant tous les principaux emplois publics. Leur retraite fut suivie de celle d'un grand nombre d'hommes que des liaisons d'affaires , d'opinion, et de famille > leur avaient attachés. Cette ville perdit alors un quart de ses habitants. Louis XI s'occupa des moyens de réparer cette perte en publiant un édit çn 1474 , par lequel il réintégra dans ses anciens privilèges Bordeaux et accorda diverses faveurs aux étrangers qui viendraient s'y établir. Cet édit produisit son effet, et cette ville se repeupla insensiblement.

Cependant un événement malheureux vient y apporter la désolation. Le 31 août 1548 commence à Bordeaux une

18 HISTOIRE DE BORBEAU^Ï.

révolte qui avait pris naissance en Saintonge , à Toccasion d'un nouvel impôt mis sur le sél. Cette révolte dure plusieurs jours dans cette ville. Tristan de Monneins qui y commandait est massacré par le peuple , ainsi que le préposé en chef de la gabelle et diverses personnes notables de Bordeaux. Le connétable de Montmorency y est envoyé par le roi qui le charge de faire rechercher et punir les auteurs de la révolte. Il est accompagné de dix mille hommes de troupes et d'une commission de magistrats qui fait le procès à la ville. Le 26 octobre cette commission condamne à être pendus deux jurats^ le commandant du fort du Hà , et les capitaines des cent cinquante compagnies bourgeoises , met le parlement en interdit ^ déclare la ville déchue de ses privilèges , ordonne que ses titres seront^rûlés, enjoint aux membres de l'administration municipale de déterrer avec leurs seules mains le corps du commandant qui avait été massacré , et de le porter eux-mêmes à l'église où on l'inhuma , et condamne la ville à deux cent mille francs d'amende. Cependant Bordeaux fut rétabli dans tous ses privilèges deux ans après, mais en payant quatre cent mille francs au roi pour être exempt de la gabelle.

L'affreux massacre connu sous le nom de la Saint-Barthélémy ne s'exécuta pas le mêmejour dans toute la France. Il eut lieu à Bordeaux le ^ octobre 1573 et les deux jours suivants : deux cent soixante-quatre protestants furent alors égorgés. L'historien Devienne, qui indique la date et le résultat de ce massacre , 'n'a pas publié le document qui constate son indication : on le trouvera sous le n® i des Pièces jmttficatiçes de cet ouvrage. Nous ne devons ajouter aucune observation ni sur ce fait ni sur les autres dont se compose cette Introduction , parce qu'elle est destinée à résumer simplement ce qu'ont raconté d'im-

portant les historiens dont nous continuons les recher* ches.

Le parlement manifeste sa sympathie pour la Ligue en ^ordonnant qu'il serait fait , le 15 août 1588 , une procession générale à Bordeaux , à la suite de laquelle les habitants j urera^at adhésion à ce qu'on appelait alors la Sainte Union, On décorait de ce nom en France la coalition formée entre le fanatisme religieux et le fanatisme politique , pour empêcher que la famille de Bourbon ne montât sur le trône lorsque celle de Valois viendrait à s'éteindre.

Le mariage de Louis XIII est célébré à Bordeaux le âS novembre 1645. Le cardinal de Sourdis n'ofScia point dans cette cérémonie parce qu'il avait encouru rinterdiction par rapport au meurtre du concierge du parlement dont il avait été Toccasion , en enlevant lui-même des prisons un gentilhomme qui était condamné à mort.

Le duc d'Ëpernon,^ gouverneur de Bordeaux, ayant quelques sujets de se plaindre de l'archevêque Henri de Sourdis , donne à ce dernier des coups de canne sur la place de Saint-André, le 11 novembre 1654. Le prélat excommunie le gouverneur qui , malgré son crédit en cour, est obli gé de recevoir publiquement l'absolution de cette excommunication aux pieds de Tarchevéque. Ce fut la seule fois que le duc d'Epemon éprouva quelque contrariété dans son gouvernement, où il commanda toujours de la manière la plus absolue.

Le 14 mai 1685 il y a un soulèvement à Bordeaux à l'occasion d'un impôt que le gouvernement voulait mettre sur le vin débité en ville. Le peuple massacre les préposés à la levée de cet impôt. Le soulèvement recommença avec plus de violence le 5 du mois suivant , et il y eut une centaine de personnes blessées ou tuées , tant du côté des ré*

âO HISTOIRE DE BORDEAUX.

voltés que panai les troupes dirigées cantre eux. Jamais on ne remarqua dans le peuple une fureur pareille à celle qu'il montra dans cette occasion. Il se passa même alors un trait de bra<voure qui serait digne des plus grands éloges s'il avait eu pour but une meilleure cause. Un tonnelier commandant une barricade dans la rue de Sainte-Croix reçut un coup de feu qui lui cassa le bras. Il courut chez un chirurgien , se fit couper le bras ; et lorsqu'on eut mis le premier appareil à sa blessure , il retourna à une autre barricade qu'il défendit encore avec beaucoup de valeur. Quelque graves que fussent ces soulèvements, l'autorité n'en fit aucune poursuite , et l'impôt qui en avait été la cause ne fut pas même établi.

Une émeute populaire qui eut lieu à Bordeaux «n 1648 devint l'occasion de grands troubles qui agitèrent pendant deux ans le pays bordelais. LeiO mai, le peuple s'attroupe sur le port de cette ville pour s'opposer à une exportation de blé qui avait été autorisée par le duc d'Epernon fils, gouverneur de la province. Le parlement prohibe cette exportation^ et elle ne s'effectue pas. D'Epernon saisit une occasion qui se présente , pour se venger de l'affront qu'il venait de recevoir à Bordeaux. Ayant persuadé au gouvernement qii'il était à craindre que les habitants de cette ville ne se joignissent à ceux de Paris dans les troubles delà Fronde qui commençaient alors, il se fait autorisera construire un fortin à Libourne pour y loger les troupes qu'il demande pour comprimer au besoin ces troubles. Le parlement , n'ayant pu empêcher d'Epernon de faire travailler aux fortifications projetées, lève des troupes dans la province pour les opposer à celles du gouverneur. Ces divers corps en viennent aux mains non-seulement à Liboume et à Bordeaux , mais encore sur divers points envi-

INTRODUCTION. Sîf

ronnant ces villes. Tout le pays bordelais s'arme contre les^ forces que d'Epernon fait agir pour y maintenir son autorité. Le gouvernement, déjà embarrassé pour mettre finr aux troubles que la Fronde avait fait naître à Paris, trouve plus expédient d'apaiser ceux de Bordeaux en accordant une amnistie entière aux Bordelais , pourvu qu'ils déposent les armes. Ils acceptent cette amnistie : elle est du 25 décembre 1649.

Maïs de nouveaux troubles éclatent.à Bordeaux Tannée suivante. Le 29 mai , la princesse de Condé arrive inopinément dans cette ville, avec son JGls, pour demander un asile contre la persécution du cardinal Mazarin , qui venait de faire arrêter son mari et ses deux beaux-frères > comme étant chefs de la faction de la Fronde. Les habitants se déclarent en faveur de cette princesse. Elle recrute une petite armée avec leur secours et au moyen de diverses sommes qu'elle obtient du gouvernement espagnol. Plusieurs affaires meurtrières ont lieu entre les troupes royales et celles qu'on lève à Bordeaux.^Enfin cette ville ayant été tenue assiégée sans succès pendant douze jours sous les yeux du cardinal Mazarin , ce ministre fait rendre par le roi , qui s'était transporté à Bourg, une déclaration en date du 1^' octobre 16S0 , portant amnistie générale en &veur des Bordelais. La princesse de Condé ^insi que divers grands seigneurs , ses partisans, profitent de cette grâce pour se retirer dans leurs terres , sans cesser leurs intrigues séditieuses.

Elles recommencèrent à Bordeaux au bout d'un an. Le 22 septembre 16Si , le prince de Condé arrive dans cette ville en qualité de gouverneur de la province. Il parvient à y ^re reprendre les armes aux habitants, dans l'objet de forcer le cardinal Mazarin à quitter le ministère, afin de

gouverner l'jétat à sa place. Les troubles recommencent , mais avec moins d'activité que les précédents. Le cardinal de Retz , qui avait été à portée de bien les apprécier, puisqu'il fut à la tète des frondeurs de Paris , dit que ceux de la Guienne ne faisaient que du galimatias inexplicable. Le 2^ mars 1682 , le prince de Condé , ayant été prendre le commandement de l'armée que le parti de la J^ronde avait levée dans les environs de Paris , laisse, pour le remjj^lacer à Bordeaux , le prince de Gonti , son frère. Ce dernier continue à y maintenir la révolte en se mettant à la tête des frondeurs les plus exaltés de cette ville • qu'on appelait ormîs^es ^.parce qu'ils tenaient leurs assemblées sous les allées d'ormes de la plate*forme de Sainte-Ëulalie. Ces hommes dominaient par la terreur ; et tout en se livrant à des violences contre ceux des habitants qui ne partageaient pas leurs, fureurs , ils négligeaient de s'occuper sérieusement à repousser les forces que le gouvernement dirigeait contre eux. Leur incurie était telle , qu'ils n'avaient organisé aucun moyen de défense lorsque , dans les premiers jours de juillet de l'année suivante, Bordeaux se trouva bloqué par l'armée royale. Alors ceux des habitants qui étaient amis de l'ordrci ouvrant enfin les yeux sur les malheurs dont ils se voient menacés poiïr des intérêts qui leur sont étrangers , se prononcent hardiment contre les ormistes. En dépit de ces derniers , ils nomment des députés pour aller à Lormont négocier avec les généraux de cette armée. Les articles convenus dans ces négociations furent ratifiés par une déclaration du roi donnée le mois suivant (*).

(*) Voyez-la soas le n® 11 des Pièces justificatives. Quoiqu'eUe soit importante pour Thistoire locale , cette déclaration n'a pas encore

Cette déclaration , conçue dans un .esprit de paix et d'équité , mit fin à des troubles qui pouvaient dévenir sérieux. Elle permettait au^prince de Conti et à ceux de ses partisans qui l'avaient suivi en Guienne de se retirer où bon leur semblerait. Cependant les principaux d'entre eux ne tombèrent point dans la disgrâce du gouvernement. Le prince de Conti épousa peu après une nièce du cardinal Mazarin contre lequel il s'était prononcé pour le faire expulser du royaume. Le célèbre moraliste La Rochefoucault , qui avait été généralissime des Bordelais insurgés , vécut en grande considération à la cour. Lenet , qui dirigea les troubles de Bordeaux depuis leur origine, fut fait conseiller d'état. Le colonel Balthazar, qui commanda un régiment étranger que le roi d'Espagne avait mis à la disposition de l'Ormée , obtint de l'avancement dans l'armée française. Le parlement fut rappelé de l'exil où il était depuis un an. Mais six des principaux ormistes furent nominativement exceptés de l'amnistie ; et Dureteste , l'un d'eux, ayant été arrêté , fut condamné à la peine de mort. D eût été plus rationnel de sévir exclusivement contre les hommes ambitieux qui , pou^ satisfaire leurs folles prétentions, avaient mis les armes à la main à un peuple crédule dont l'égarement était leur ouvrage.

Les historiens dont nous venons de résumer les principales recherches n'ont esquissé , dans aucune des périodes qu'ils ont parcourues , la physionomie morale de cette ville ; il nous a paru convenable de suppléer à leur omission par quelques considérations succinctes sur ce sujet. Nous alloqs

été imprimée; et les chroniqueurs Damai et Tillet , ainsi que les liistoriens Lacolonie et Devienne , n*en ont parlé que d*une manière trèsinexacte.

les présenter dans Tordre qu'offrent quatre époque^ bien distinctes de cette histoire.

Quelle que soit l'origine de Bordeaux, le, commencement de son existence politique est attesté par les grands monuments que les dominateurs du monde y firent élever lorsqu'ils achevèrent la conquête des Gaules. Ces monuments ne permettent pas de douter de la prospérité dont jouissait alors cette ville. Les arts y fleurirent pendant que les Romains en furent les maîtres. On bâtit durant le règne de l'empereur Auguste le magnifique édifice qui a subsisté jusque vers la fin dû dix-septième siècle sous le nom de Piliers de Tutelle ; il était situé sur le terrain où Ton voit le Grand-Théâtre, Cet édifice formait un péristyle de vingt-neuf mètres de longueur sur vingt-deux d6 largeur et vingt d'élévation totale. Sa plus grande face avait huit

colonnes et sa plus petite six , chacune de onze mètres de hauteur sur trois de circonférence. Un autre ordre d'architecture s'élevait sur ces colonnes, ayant la moitié de leur hauteur, percé d'arceaux que séparaient en dehors et en dedans quarante -huit cariatides de trois mètres de grandeur. On montait sur l'aire où les colonnes étaient placées par vingjt et une marches. Nous pensons que le préteur romain rendait la justice en cet endroit. Le vaste amphithéâtre, qu'on appelle encore le Palais Gallien, dut être construit lorsque l'empereur dont il porte le nom fit une de ses expéditions dans les Gaules. Le grand nombre de beaux fragments d'architecture, de sculpture, et de mosaïque , découverts dans diverses fouilles faites à Bordeaux , prouve l'ancienne magnificence de cette ville et l'opulence qui régnait parmi ses habitants. Son collège , dont Ausone a célébré les professeurs, rivalisait avec les plus renommés de l'empire romain ; et cette circonstance

démontre encore cpie les sciences, les lettres, et les arts, étaient en grand honneur parmi les Bordelais au quatrième siècle.

Au commencement du siècle suivant , Bordeaux succombe sous les efforts des barbares qui envahissent de toutes parts l'empire romain et entraînent sa chute. Les Visigoths , les Francs, les Sarrasins, les Normands, saccagent successivement cette ville et en détruisent les monuments civils et religieux. Ces dévastations ne prennent fin qu'alors que les ducs d'Aquitaine parviennent h ressaisir leur ancien^pouvoir.

C'est de l'époque où Bordeaux passe sous la domistfCfbn anglaise que date son entière restaumfioit. Cette ville reprend une nouvelle forme sous un gouvernement éelairé qui encourage le développement des ressources des contrées qu'il administre. Au milieu d'une guerre presque continuelle, le flambeau des arts se ranime insensiblement ; le commerce s'étend à Bordeaux , qui reprend bientôt tout l'éclat qu'il avait perdu. Deux accroissements successife de son enceinte attestent que cette ville augmente en prospérité, puisqu'elle voit dans moins de deux siècles doubler la force et l'industrie de sa population. Le gouvernement s'occupe spécialement de diriger l'activité^des Bordelais vers le commerce maritime qu'ils avaient jusqu'alors négligé. Les Rôles giascons indiquent un grand nombre de chartes et de privilèges accordés à diverses associations de commerçants , et surtout aux marchands de vin (mnetariis). Mais le règlement le plus utile en cette partie est celui que les rois d'Angleterre publient sur la fin du douzième siècle , sous le nom de Jugements des Rôles étOleron. Ce règlement contient les plus sages dispositions sur tout ce qui concerne la police de la marine marchande

â6 HISTOIRE DE BORDEAUX.

en faveur de& nai^res de Bordeaux qui fréquentaient les parts de Bretagne , de Normandie , et d'Angleterre , ou qui faisaient la pèche dans TOcéan. Les richesses que le commerce attire dans cette ville servent à construire un grand nombre d'édifices publics dont certiiins subsistent encore , comme l'église de Saint-André, celle de Saint-Michel « les tours de l'Hôtel de Ville, la vieille Bourse , et le clocher de Pey-Berland. Un préjugé populaire les attribue aux seuls Anglais. C'est une erreur que démontrent les titres mêmes de ces fondations, qui sont le produit du zèle, de la générosité , et des talents des Bordelais. Les rois d'Angleterre prélevaient les contributions publiques de cette ville et y commandaient par les gouverneurs, les sénéchaux de Guienne , les présidents de la cour de Gascogne , et les connétables qu'ils y envoyaient. Lés autres fonctionnaires étaient originaires du pays, et eux seuls pourvoyaient à la construction des édifices publics et aux dépenses qu'ils né^ cessitaient. Le gouvernement anglais ne faisait qu'autori** ser ces constructions , ainsi qu'on en trouve la preuve dans le recueil des Actes de Rymer»

Lorsque Bordeaux passa sous la domination française , les esprits commençaient à s'éclairer ; mais les discordes civiles que le fanatisme l'eligieux et politique fait naître dans cette ville y retardent le progrès des lumières et de l'industrie pendant les seizième et dix-septième siècles. Les guerres de religion , les orages de la Ligue, les troubles de la Fronde , entretiennent dans les esprits une fermentation aussi nuisible à la tranquillité publique qu'à l'avancement des connaissances humaines et à la prospérité du commerce, qui prenait déjà un grand accroissement à Bordeaux. L'introduction du calvinisme dans cette ville y amène lés plus graves perturbations. Ses bis-

toriens indiquent l'année 1558 comme l'époque où commencent les persécutions pour cause d'opinions religieuses. Alors le parlement condamne plusieurs novateurs à faire amende honorable pour leurs croyances et à les rétracter publiquement. Bientôt après il en envoie d'autres à l'échafaud. Le parti le plus fort attaque et massacre celui qui lui est inférieur. La Ligue remet ensuite les armes à la main aux habitants. Ils ne les déposent un instant que pour les reprendre en faveur de la Fronde , la dernière et la plus déplorable des guerres civiles , parce que les populations s'arment sans aucun but positif, mais uniquement afin d'arracher le pouvoir des mains de quelques ambitieux pour le transférer à des hommes non moins cupides. Si les deux siècles que les Bordelais ont employés à ces trois malheureuses guerres civiles eussent été consacrés au progrès des arts et au développement de l'industrie commerciale, leur cité 'Serait devenue la plus importante de l'Europe.

Evénements arrivés dans Bordeaux depuis Tannée 4675 jusqu'à la fin du dix-septième siècle.

Evénements arrivés depuis le commencement du dixhuitième siècle jusqu'à Tannée 174S.

Bordeaux avant et pendant l'administration du célèbre intendant Tourny.

Evénements arrivés depuis Tannée 17S8 jusqu'au commencement de la révolution , avec un coup d'œil sur l'état de la province à cette époque.

Evénements arrivés depuis Tannée 1789 jusqu'à la fin du dix-huitième siècle.

Evénements arrivés depuis le commencement du dixneuvième siècle jusqu'à la restauration de la monarchie.

Evénements arrivés depuis l'année 4815 jusqu'à 1830.

Evénements arrivés depuis l'année 4830 jusqu'à 4838.

Historique de la fondation des divers établissements civils , religieux , d'instruction publique , et de bienfaisance , qui subsistaient à Bordeaux en 4789 , suivi des listes des principaux fonctionnaires publics d'alors.

De la formation des institutions publiques créées dans cette ville pendant la révolution , avec les listes deà che6 des principales de ces institutions.

Nécrologe des personnes originaires de Bordeaux qui se sont distinguées par leurs productions dans les sciences et dans les arts depuis le quatrième siècle.

Pièces justificatives et documents officiels qui servent de preuves à l'Histoire de cette ville.

Notices historiques, littéraires, et statistiques, sur les villes de la Gironde et sur les communes rurales de ce département, qui renferment des monuments curieux ou qui ont été le théâtre de quelques événements'mémorables pendant les guerres civiles.

Revue critique des mœurs et coutumes singulières , des patois divers , et des croyances et pratiques superstitieuses , anciennement en usage dans le pays bordelais.

En tête de chacufi de ces chapitrés se trou9e k sommaire des articles qu'il contient.

HIIS^TOIRE

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