‹ Histoire de BordeauxChapitre 4 sur 143 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ÉTÉNEMBNTS ARRIVÉS DANS BORDEAUX DEPUIS l' ANNÉE 1675 JUSQU'A

LA FIN DU DIX-SEPTIftMB SIÈCLE.

I. De la sédition de 167S et de ses suites. — II. Première pé^ riode de cette sédition. — III. Seconde période. — IV. Peines infligées aux Bordelais' par suite de cette sédition. — V. Les fortifications de la ville sont augmentées. — VI. Bordeaux achète la réintégration dans ses murs des tribunaux exilés. — VII. Des contributions extraordinaires imposées à cette ville.

Les Kabitants de Bordeaux ont de tout temps montré , pour le maintien de leurs anciens privilèges, un attachement excessif qui les a souvent portés à des actes d'insurrection , dont les résultats ne leur ont pas été constamment favorables, ainsi qu'on l'apprend par l'histoire que nous continuons. Ils purent, il est vrai , manifester impunément cet attachement pendant qu'ils restèrent sous la domination anglaise. Alors leurs souverains fermaient en quel^lue

sorte les yeux sur les troubles qui suryenaient en Guienne, parce qu'ils avaient un grand intérêt à en ménager les habitants. La possession de cette province était devenue une source de prospérité pour le commerce britannique , dont les importations et les exportations s'alimentaient par le moyen de la Garonne et de ses affluents , soit dans la Guienne, soit dans les' provinces qui avoisinàient celle-ci. Mais après que Bordeaux et les pays dont cette ville est le centre du mouvement industriel furent incorporés au royaume de France, les émeutes populaires^ qu^un intérêt local conseillait aux habitants, devinrent moins fréquentes , parce qu'elles pouvaient être plus facilement réprimées.

La sévérité avec laquelle le gouvernement français avait puni cette ville pour la part active qu'elle avait prise dans les mouvements de la Fronde , paraissait avoir guéri les Bordelais de la folie de§ émeutes. Ils vivaient tranquilles et soumis , lorsque , égarés par des conseils perfides, ils tentèrent un soulèvement pour s'opposer à l'exécution d'une loi qui venait d'être établie dans le reste de la France , sous prétexte que l'impôt autorisé par cette loi était contraire à leurs privilèges. Gq soulèvement n'eut pas un caractère aussi grave que ceux auxquels ils s'étaient précédemment livrés. Ils en furent cependant punis avec une rigueur qui dégénéra en injustice , parce que celui de leurs magistrats qui leur avait d'abord accordé le pardon de leur faute oublia ses premiers actes de clémence pour ne se souvenir que de ses ressentiments personnels , et qu'il eut l'adresse d'exciter à les venger , le monarque prévenu contre les Bordelais auxquels il avait déjà accordé trois amnisties.

La guerre que la France faisait en Allemagne, en Hollande , et en Espagne , avait obligé le gouvernement à don-

Page 1