CHAPITRE TROISIEME
d*habiiation aux anciens cap taux de Buch. En 1707, le roi l'avait acheté au dernier duc de Foix , héritier de là famille d'Ëpernon, pour servir de demeure aux intendants de la province. Cet hôtel était appuyé sur les murs .de ville de la première enceinte de Bordeaux. En le faisant reconstruire , M. de Tourny fit rebâtir l'église qui lui était contiguë et qu'on appelait Notre-Dame de Puy-Paulin. On trouva dans les fouilles une grande quantité de pierres sépulcrales très-curieuses par leur forme et par les inscriptions latines qu'elles portaient (^). Elles furent conservées à l'intendance^ etDom Devienne les a décrites dans les Eclaircissements historiques que M. de Tourny fît imprimer. Ses successeurs ont négligé de veiller à la conservation de ces antiques. Après sa reconstruction, l'hôtel de l'intendance passait pour le plus beau de Bordeaux. Il était précédé d'un grand jardin , sur le terrain duquel on a ouvert trois rues dans ces derniers temps.
Un événement malheureux, arrivé dans Bordeaux et dont la cause fut inconnue , éveilla la sollicitude de M. de Tourçy sur le^ moyens de le' réparer et d'en prévenir le retour. Le 28 décembre 1755 , la salle des spectacles fut la proie des flammes, qui atteignirent en même temps une partie de l'ancien Hôtel de Ville auquel elle était contiguë. L'intendant s'étant transporté sur les lieux tle l'incen-
n Pendant que Bordeaux resta sous la domination romaine, le quartier actuel de Tintendance fut consacré à la sépulture des principales familles de cette ville; c'est pour cela quMl porte le nom de Gampaure (Campus aureus) dans les anciens titres. On inhumait le commun des habitants dans un lieu situé à Feitrémité du faubourg Saint-Seurin et qu'on appelle encore Terre-Nègre. Les débris des monuments funéraires qu'on découvre encore dans ces deui endroits prouvent leur précédente destination.
lââ HISTOIRE DE BORDEAUX.
die réprésenta aux jurats combien il importait à l'ordre publie de reconstruire promptement cette salle. Il fondait l'urgence de cette reconstruction sur la nécessité de procurer aiïx habitants un point de réunion auquel ils étaient habitués , et d'empêcher surtout qu'ils ne se livrassent à des jeux prohibés pendant la cessation des spectacles. Il remarqua avec raison qu'il fallait désormais éviter de placer auprès de l'Hôtel de Ville le nouveau théâtre , et qu'il convenait même de l'isoler de tout autre bâtiment, attendu le danger de l'incendie auquel les édifices de ce genre sont continuellemeof exposés. Il mit à la disposition de la ville la salle des concerts (*)qui était dans son hôtel , afin qu'il n'y eût pas d'interruption dans les représentations théâtrales. En effet , dès le mois suivant , les spectacles reprirent comme par le passé dans la salle de Tintendance , jusqu'à ce qu'on eût bàli un nouveau théâtre. M. de Touroy en autorisa la construction sans la diriger, les circonstances pressantes ne permettant pas de donner à ce théâtre , qui n'était que provisoire , un caractère monumental. Il a servi pendant vingt-deux ans. Il s'élevait près de la même place où l'on voit actuellement l6 Théâtre des Variétés , et bordait l'intérieur des anciens murs de ville , sa façade éta^it sur l'alignement du cours de l'Intendance, vis-à-vis la rue du Canon.
La carrière administrative de M. de Tourny à Bordeaux se termina par le projet d'un établissement public
{*) M, de Tourny, qui dimait à se délasser des travaux administraitifs par les plaisirs de là société , donnait souvent des fêtes chez lui. n avait fait construire, à la suite du jardin de Tintendance, une salle où s* exécutaient les concerts qui accompagnaient ces fêtes. Cette salle a été incendiée le 18 février 1803. Elle servait alors à un petit spectacle qu'on appelait Théâtre du Lycée,