CHAPITRE TROISIEME
aussi étroites et plus mal bâties, qu'on appelait rues des Lauriers et de Castignac. Pour aligner la rue Royale et lui donner une issue convenable , il fut reconnu nécessaire d'établir une nouvelle place publique sur le terrain com* pris entre les rues des Ecuries et de Castignac « et partie de celles des Lauriers et du Parlement. En conséquence , par délibération du 29 janvier i7S4, la jurade ordonna que le massif des maisons comprises entre ces quatre dernières rues serait démoli , et que ^ur ce terrain on formerait une nouvelle place , sous le nom de Marché Royal.
M. de Tourny prescrivit un plan uniforme pour la façade des maisons élevées en cet endroit. Il fit en m^me temps construire , au milieu du Marché Royal , une fontaine d'une forme élégante, la seule de Bordeaux qui ait été entièrement couverte en marbre. Dans ces derniers temps , les jets de cette fontaine ont été transportés sans nécessité et placés sans gr&ce auprès d'une maison de la rue Royale. Us y embarrassent la voie publique, tandis qae lorsqu'ils étaient au centre du Marché Royal , ils y formaient une décoration agréable.
M. de Tourny, qui se proposait d'utiliser un jour le terrain appelé plate-forme de Sainte-Eulalie , fit pratiquer une percée au mur de ville en cet endroit. En attendant qu'on y construisit' la porte Berry, on en fit l'inauguration le iS septembre 4754. Au moyen d'une plac^ publique qui devait être formée au-devant de cette igtouvelle' portée t de celle de Sainte -«Eulalie qui ét^t auprès, on aurait supprimé cette dernière , dont la ferme' gothique et l'état de dégradation ont commandé la démolition dans ces derniers temps; mais la porte Berry n'a jamais été bâtie : elle aurait été située à l'endroit oà se rencontrent actuellement la rue Berry et celle des remparts de Sainte-Eulalie.
iâO HtSTOIRE DE BORDEAUX.
En 4716, la jurade avait formé ce qu'on appelait VÀcadé^nie du Roi, pour Téducation des jeunes gens qui se destinaient à occuper les grades d'ofiSciers dans les régiments de cavalerie. Cet établissement, alors situé au coin des rues Pont-Long et Collignan , était placé dans un local trop resserré pour les exercices qu'on y pratiquait. Le 9 septembre 4754, la jurade délibéra qu'il serait transféré dans un nouveau manège qu'on bâtirait à la suite du Jardin-Public. Sa construction fut commencée l'année suivante. Elle fut suspendue par suite des discussions qui' survinrent entre les jurais et M. de Tourny , et dont nous parlerons plus bas. Ces discussions retardèrent l'acbèvement de ce bâtiment. On n'y commença les exercices d'équitàtion qu'en 4757 : ils se continuent depuis.
M. de Tourny , dont les projets étaient toujours conçus dans la plus grande vue de Tintérèt général , avait voulu que ces exercices se fissent sous les yeux du public , afin d'exciter d'autant l'émulation des élèves lorsqu'ils prendraient leurs leçons. En conséquence , l'arène du manège était adossée contre le péristyle septentrional du Jardin- Public, et en était séparée par une clôture en claire-voie. Cette ouverture a été supprimée en 4788. Maintenant le péristyle lui-même est totalement fermé au public , auquel il ne reste plus aucun des trois abris que lui avait ménagés le bienfaisant intendant dans cette vaste promenade.
Dans le même temps, M. de Tourny fit reconstruire rhôtel de l'intendance qui venait d'être la proie des flammes. On prétend que cet hôtel, appelé Podium Paulini dans les vieux titres, avait été bâti par la famille de saint Paulin , évêque de Noie. Il est certain que sa construction remontait â des temps très-reculés , et qu'il servit