ÉYÉNBMENTS ABRITÉS DANS BORDEAUX DEPUIS 1758 XUSQU*AU
GOMMENCEMBIfT DE LA BÉTOLÙTION,
AYEC UN COUP D*OEIL SUB l'ÉTAT DE LA PBOTINCE A CETTE ÉPOQUE.
I. Le maréchal de Richelieu , gouverneur de la province de Guienne. ~ IL Jésuites bannis du ressort du parlement de Bordeaux. — III. Femme inconnue arrêtée sécrète^ ment dans cette ville. — IV. Inondation remarquable; trait ^humanité à ce mjet. — Y. Exil et réintégration du parlement. — VI. Emeute occasionnée par ^augmentation du prix du pain. — VIL Formation de deux nou^ veaux quartiers de Bordeaux. — VIII. Le gouvernement tente de s^ emparer des allunons de la Garonne. — IX. Translation du parlement à Libourne. — X. Obstacles apportés aux opérations des assemblées municipales à Bordeaux. — XI. Le parlement refuse d'enregistrer certains édits et demande la conçtsipation des états généraux. — XII. Projet des états provinciaux de Guienne. — XlIL Coup d'asil sur Vétat de cette province à V époque de la ré^ vohktion.
Le dernier historien de Bprdeaux passe brusquement du récit des événements arrivés dans cette ville en I67S à la nomination du maréchal duc de Richelieu aux fonctions de gouverneur de la province de Guienne. (c C'est, dit-il « en terminant son ouvrage , sous le gouvernement de ce « seigneur, dont le nom ne se perpétuera pas moins dans
a les fast^ de la monarchie que celui du célèbre cardinal « à qui la France doit sa prépondérance en Europe , que <( Bordeaux a vu une nouvelle administration établie sur « des principe^ lumineux , et qui dirige les vues des ma- « gistrats municipaux sur tout ce qui peut illustrer la <( ville et lui procurer les plus grands avantages ». Nous pensons que cette époque de l'histoire de Bordeaux est iftoins glorieuse que celle qui V» précédée , et que de tous les 'événements qui l'ont remplie^ celui du gouvernement du maréchal de Richelieu a été le plus déploriable. Uoe administration doit être appréciée et par les faits importafltls qui se sont accomplis heureusement sous sa direction et par les institutions d'intérêt public dont elle a doté le pays confié à ses soins.
Le maréchal de Richelieu fit son entrée à Bordeaux en qualité de gouverneur de la province , le k juin i7S6. Sa réception fût extrêmement pompeus^. Après avoir écouté les haraagiies de tous les corps de la viUe , assis sous un dais sottleoii par les jurats , qui était placé au milieu d'un vaste pavillon qu'on avait coBstruit sur le port , il s'achemina vers la cathédralo , où le Te D.eum fut chanté en mémoire de son idrrivée. Les mes p^r lesquelles il passa étaient tapissées; les troupes bourgeoises formaient la haie , et le soir toute la ville fut illuminée comme dans une fête publique.
La solennité extraordinaire de la réception du maréchal de Richelieu fut déterminée par le grand crédit dont il jouissait à la cour. Ce fut un des seigneurs de son temps dont la vie a été la plus remarquable dans la cai^rière de l'intrigue , des armes> et des plaisirs. Pendant son s^'our à Bordeaux , il y tint une cour de prince. Les jours de fêtes il recevait les personnes les plus qualifiées , qui ve-