‹ Histoire de BordeauxChapitre 58 sur 143 · CHAPITRE CINQUIEBiE · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEBiE

dans laquelle les faits se troUyaient présmités à l'avatatage du bureau central. Malgré les réclamations des habitants» les membres de ce bureau se maintinrent dans leurs fonctions, jusqu'à ce qu'elles prirent fin par l'effet du changement qui sunrint trois mois après dans la forme du gouvernement.

Sur la fin du dix-Iiuitiéme siècle il fut de mode, dans les grandes villes de France, d'imaginer quelque fête en l'honneur des hommes fameux qui y avaient pris naissance. On fit à Bordeaux un essai malencontreux de cette mode. Le préfet de la Gironde ordonna que le 23 septembre 1800, jour où l'on célébrait l'anniversaire de la fondatiou de la république , on transférerait solennellement au musée de cette ville les cendres de Michel de Montaigne , qui reposaient depuis deux siècles dans l'église des ci-devant Feuillants. La cérémonie s'exécuta comme elle avait été prescrite ; mais elle fut accompagnée de deux circonstances qui sont d'une nature assez particulière pour que l'histoire les fasse connaître, afin de redresser une erreur de fait qui peut en être la suite.

D'abord , Montaigne , qu'on fit l'objet d'une fête locale, n'est point originaire de Bordeaux , comme on s'obstine à le répéter (*) dans cette ville. Il y a seulement exercé les

f ) n est né et décédé dans la commune de Saint-Micbel de Montai- ^e (canton de Vélines, département de la Dordogne) , laquelle n'appartenait pas, même autrefois , au diocèse deBordeaui. Le château qu'habitait Montaigne subsiste encore dans cette commune; et luimême apprend dans ses Essais qu'il y a composé cet ouvrage. Malgré

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fonctions de maire pendant quatre ans, et l'on ne toit pas même que son administration ait été signalée par quelque grand événement. Ensuite il parait assez étrange qu'on ait imaginé que son mausolée, qui n'est point un chef-d'œuvre de Fart , serait placé plus convenablement dans un dépôt d'antiques peu fréquenté , que dans une église tenue constamment ouverte au public. Mais ce qui est bien autrement remarquable , c'est que le préfet qui ordonna cette translation des cendres de Montaigne commit une méprise singulière , faute d'avoir pris des éclaircissements pour s'assurer du lieu où elles reposaient. Elles étaient dans un caveau placé au-dessous du mausolée de ce philosophe, et l'on crut les avoir rencontrées dans le caveau d'une chapelle voisine.

^ Bientôt après» il fut authcntlquement démontré (*)à l'autorité que le cercueil qu'on avait pris pour celui de l'auteur des Es&ais, était celui d'une dame de ses partîtes , et que dans la cérémonie de la translation prétendue des cendres de Montaigne , on n'avait fait que déplacer les pierres de son mausolée. Le quvproqtCo ayant été reconnu peu après , il fut permis à la famille Montaigne de rétablir les choses dans leur ancien état ; mais on n'a pas donné à cet acte la publicité qu'il devait obtenir. L'arrêté du préfet qui reconnaît que les cendres du grand homme reposent^ toujours dans l'ancienne église' des Feuillants n'a point été imprimé. Les étrangers qui veulent les visiter peuvent les supposer au musée des antî-

ce témoignage irrécusable, et Tassertion detousles biographes, ou croit à Bordeaux que Montaigne a pris naissance dans celte ville, et même qu'il y est mort. Celle erreur , qui mérite d'être redressée, n'a étépropagée que par quelques almaiiachs du pays. (*) Voyez le no xviii dc5 Pièces justificatives.

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ques , puisque leur translation dans ce lieu a été l'objet d'une fête solennelle. Sur la foi des^ journaux du temps , les biographes ont rappelé cette translation , parce que Terreur matérielle qui fut alors commise n'a pas encore été publiquement annoncée. Il nous a paru utile de la redresser, en remarquant toutefois, pour Thonneur du pays, que, quoi *qu'il en soit de cette erreur, la cérémonie dans laquelle on l'a commise n'en doit pas moins être considérée comme un hommage public que les habitants ont eu l'intention de rendre à la mémoire du philosophe dont la ville s'enorgueillit de posséder les restes dans ses murs.

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