LIVRE DIXIEME
qlie Ton avoit ajoutes à la demande de Fcnélon , senibloit au moins tolérer la doctrine de Varnour désinléressé.
Aussi Tëvéque dé Mirepoix (La Broue}, dont Bossuet estimoit la science et aimoit la personne, lui en marqua-t-il son étonncment.
La réponse de Bossuet mérite une attention particulière.
« J'ai bien pensé, écrit Bossuet ( a4 mai lôgS), » au xxxiii^ article) et je le trouve en tant de » livres approuvés, que je n'ai pas cru qu'on pût » le révoquer en doute. L'exemple de faire des » actes sur des suppositions fausses est venu de » ÎSIoïse et de saint Paul. Les interprétations de » saint Clirysostôme et de Théodoret sont formelles w pour ce genre d'actes, et il m'a paru que la. » chose n'a besoin que de limitation , comme j'ai
î) fait Cet acte est de plusieurs auteurs très-ap-
» prouvés, etnotamment de saint François deSalcs, » en plusieurs endroits. Il est marqué comme uu y> acte cViine grande perjection dans sa vie par » M. d'Evreux («).
» Je demande en quoi cette proposition diffère » de celle-ci : Il vaudrait mieux souffrir toutes les » peines d'enfer dans toute V éternité ^ que défaire » un péché mortel ou véniel. Celle-ci est pourtant
:> amour, qui est un acte d'abandon parfait, et dun amour » pur pratiqué par des saints, et qui le peut être utilement 3) avec une grâce très-particulière de Dieu par les âmes vraij> ment parfaites, sans déroger toutefois à Tobligation des 3j autres actes , que nous avons marqués comme essentiels au 3; christianisme w Article xxxm<^ d'Issj.
;<*, Henri de Maupas.
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» incontestable; donc l'autre qui ne fait que s'y y confoimer, le doit être aussi.
» D'ailleurs, la doctrine introduite dans V Ecole, biffait consister la charité dans la volonté d'aimer » Dieu, quand on ne devroit jamais parvenir par i> là à aucune sorte de béatitude. Or cette proposi- » tion enferme visiblement Tautre. »
L'adhe'sion de Bossuet à ce xxxiii*' article , et les raisons même dont il l'appuie, annonçoient de sa part le désir sincère de se rapprocher des senlimens de Fe'nélon, autant que la vérité et la précision tliéologique pouvoient le lui permettre.
Cette sorte de rapprochement dans les opinions paroissoit ne plus laisser craindre à Fénélon aucun retour aux préventions qu'il lui avoit supposées sur cette matière, et la signature des articles d^Jssy calma les inquiétudes de tous ceux qui prenoient le plus tendre intérêt à la réputation de Fénélon.
On étoit même si persuadé de sa droiture, qu'on n'avoit pas attendu qu'il eût signé les articles d'Issy , pour l'élever à l'un des premiers sièges de l'Eglise de France.
L'empressement que mit Bossue^, à être avec l'évêque de Châlons («) , le consécrateur du nouvel archevêque de Cambrai, devenolt dans les circonstances , une espèce de témoignage public du parfait accord de scnlimens et de principes de tous les prélats qui avoient été mêlés à cette affaire.
Enfin, la satisfaction que montra Bossuet delà conduite de M""^ Guyon pendant les six mois qu'elle passa sous sa surveillance dans le couvent de la \ i-
i"} Dej>nis cardinal de ISoailUs.
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sitalîon deMcaux, elle ccilificat favorable qu'il crut pouvoir lui donner, achevèrent de rendre le calme et la se'curité à tous ceux qui avoient vu à regret ces divisions naissantes.