‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 129 sur 154 · XV. — Des difFércns écrits de Bossuet · texte numérisé non relu

XV. — Des difFércns écrits de Bossuet

Bossuet avoit été un peu gêné dans la rédaction de la Déclaration par la déférence qu'il avoit cru devoir à ses deux collègues. Devenu le maître d'exprimer avec plus de liberté ses sentimens, lorsqu'il parloit en son propre nom, il composa

(") OEin'res du chancelier d'Aguesseau, tom. xm.

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un écrit, sons le litre de Sommaire de la doctrine diL livre de l'explicalioîi des Maximes des saints i'^'). Il le publia en latin et en français j et il chargea son neveu de le pre'senter en son nom au Pape et aux cardinaux.

Son objet e'ioit de prouver « que les maximes » de ce livre , dans les endroits clairs et inlelli- » gibles, sont, pour la plupart, fausses, dangereuses » et mauvaises par leur fin; dans les endroits ob- » scurs et embarrassc's , elles sont suspectes et in- )) duisantes à l'erreur j il le termine , en disant :

» Je supplie l'auteur de regarder cet e'crit, tel » quel , avec un esprit d'e'quite', en conside'rant ce » que je dois dire, plutôt que ce qui lui seroit » agréable. Je me réjouis de ce qu'il s'est soumis, » lui et son livre, au saint Siège apostolique^ et » j'espère que le souverain pontife tranchera les » nœuds, réprimera une sagesse, qui , en s'élevant, » s'en va en fumée ^ et que pour achever le triom- » plie de la vérité sur le Quiétisme, déjà abattu par » l'autorité de ses prédécesseurs, il effacera les cou- » leurs et le fard sous lequel on le déguise. »

Ce premier ouvrage de Bossuet fut immédiatement suivi d'un recueil de dii'ers écrits, ou mémoires concernant le livide de l^Explication des Maximes des saints (^).

Bossuet y exposoit les principales erreurs qu'il reprochoit à Fénélon , telles que celle de reconnoître comme le plus parfait amour de Dieu, ctilui où l'on détache le motif du salut et le désir de sa propre béatitude; de supposer qu'il est permis de se livrer au désespoir , et que c'est même une

{"■ OEuures de Bossuet, toin. xxviir, p. 287 et siùy. édit. de ^'ers. i/z-8''. — ^') Ibid. p. SjS et siiiv.

2j4 histoire de BOSSrtT,

perfection cl^etre prêt à faire le sacrifice cle son

salut éternel.

Bossuet rendoit ensuite compte de ce qui s'e'toit passé a 1 archevêché au sujet des conférences. Il se juslifioit de l'intention qu'on lui supposoit de vouloir détruire la véritable orrzz.vow, expliquoit le sens de différens passages de saint François de Sales, que Fénélon alléguoit en faveur de son système; il établissoit enfin des principes pour l'intelligence des Pères, des scolastiques , et des auteurs mystiques.

Bossuet réunit à ce recueil d'écrits , un ouvrage encore plus étendu, sous le titre de Préface sur l^ Instruction pastorale de M. V archevêque de Cambrai du i5 septembre lôg-} C'^).

Il est impossible de méconnoître dans cet ouvrage , comme dans tous ceux de Bossuet, ce génie unique et inimitable, qui trouvoit toujours le moyen de répandre la chaleur et la vie sur les sujets qui paroissoient les plus étrangers aux grands mouvemens de l'éloquence.

Après avoir montré que Fénélon n'avoit pris que dans son esjjrit le système de théologie qu'il proposoit, Bos-uet fînissoit par dire :

« Résistons donc de toutes nos forces à cette au- » dacieuse théologie, qui, sans principes, sans au- » torité, sans utilité, met en péril la simplicité y) de la foi. JNe nous laissons point éblouir par des î) paroles spécieuses. Ici les ménagemens seroient î> dangereux. Plus on se cache, plus il faut percer » les «énèbres souvent affectées ; plus l'erreur s'en- » veloppe et se replie, pour ainsi parler, en ellc- » rncme , plus il la faut mettre au jour. »

("J OEuvrcs de Bossuet^ tom. xxvj'J; p. 3^5 et suiv. ii/iJ.

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