‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 136 sur 154 · LIVRE DlXlhME. sGq · texte numérisé non relu

LIVRE DlXlhME. sGq

porté dans V Histoire de Fénëlon, et nous sommes lieureusement dispensés d'en rappeler toutes les dispositions dans celle de Bossuet.

On regrettera toujours que Bossuet se soit cru dans la nécessité de faire intervenir sous une forme si impérieuse, le nom et l'autorité de Louis XIV dans le jugement doctrinal d'un livre déféré au tribunal de l'Eglise romaine présidé par le Pape lui-même, et d'y avoir mêlé des expressions menaçantes qui auroient pu intimider des juges accessibles aux considérations humaines.

11 est difficile de ne pas trouver au moins de l'exagération dans Faccusation portée par Louis XIV contre le livre de l'archevêque de Cambrai, qu'il déclare mettre tout son royaume en combustion. On ne voit rien dans les me'moires du temps qui annonce que la doctrine des Quiéiistes se fût propagée en France avec une rapidité si alarmante. A peine leurs excès donnèrent-ils lieu à quelques plaintes dans un ou deux diocèses. Toute la chaleur de cette controverse étoit concentrée à Paris et a Ja Cour. Elle n'inspiroit dans les provinces d'autre intérêt que celui qui étoit attaché au nom et aux lalens des duux célèbres adversaires.

Or? étoit a la vérité fondé à présumer que le projcît des canons proposés à Innocent XII étoit au moins inutile dans les circonstances, et qu ils donneroient lieu à l'archev^êque de Cambrai de prétendre que sa doctrine avoit été jugée exempte <le censure. C'est ce que l'abbé Phelipeaux a dé- 3Tionlré avec évidence dans un court mémoire:^ qui est un chef- d'oeuvre de dialectique.

Il n'est pas moins certain qu'I>N0CE>T XII n'avoit adopté ce projet de canons, que dans la vue

d'épargner à un archevêque dont il respecloit les vertus et dont il admiroit la religieuse docilité , rimmiliation d'une censure éclatante. Mais ce pontile tenait si peu à ce projet de canons^ qu'il l'avoit abandonné sans résistance dès le premier moment ou on lui en avoit fait sentir les inconvéniens , et avant même d'avoir reçu le mémoire àe Louis XIV.

Mais en supposant qu'iNNocENïXlI se fut mépris dans ses intentions paternelles pour Fénélon, cette respectable illusion pouvoit-elle mériter qu'un roi catholique et le plus catholique de tous les rois , que Louis XIV adressât à un pontife dontla France avoit toujours eu à se louer, ces expressions si déplacées : a Que si Sa Sainteté prolongeait cette )) affaire par des ménagemens quil ne compi enoil » pas ^ il saurait ce quil aurait a faire ^ et quil » espérait que le Pape ne voudrait pas le réduire » à de si fâcheuses extrémités. »

Il est vrai que les principes si connus de Bossuet, son zèle si éprouvé pour l'Eglise , que sa vie toute entière dépose contre les interprétations odieuses que l'on prétendroit donner à des exprèssions échappées dans un moment d'inquiétude ou d'irritation.

Mais il en résulte au moins une grande leçon qui ne doit pas être perdue pour notre iiisl.ructiop.

Si deux hommes tels que Bossuet et Fénélon, animés de l'amour le plus sincère pour la religion, ornés de tous les dons du génie et de toutes les, vertus qui honorent l'humanité, profondément versés, quoiqu'à un degré inégal, dans les matières qui faisoicnt le sujet de leurs controverses* à deux hommes qui u'ayoient plus rieu ù demua;

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