‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 138 sur 154 · XIX. — Le Pape condamne le livre des Maximes des saints · texte numérisé non relu

XIX. — Le Pape condamne le livre des Maximes des saints

Les manuscrits de l'abbé Ledieu vont nous faire connoîlre les événemens particuliers qui suivirent cette condamnation CO.

a Le courrier du cardinal de Bouillon , chargé

(i) Bossuet étoit encore occupé à répondre au dernier écrit de Fénélon. « Cette réponse devoit porter pour titre : Rén flexions, dernier éclaircissement sur la Réponse de M. Var- )) chevcque de Cambrai aux Remarques de M. Vé\>êque de » Meaux. Mais cette pièce est restée manxiscrite , parce que )) la nouvelle du jugement arriva au moment où M. de Meaux » alloit la publier. » S'ils, de Ledieu.

272 UrSTOiRE DE BOSSUET,

» de la bulle du Pape pour le Roi, arriva à Ver- » sailles le 22 mars avant midi La nouv elle en vint » le même jour à Paris, oii étoitM. de Meaux ; le >) courrier que son neveu lui avoit dépêché, n'ar- » riva que dans la nuit, entre une heure et deux » heures. M. de Meaux avant de se coucher sur les » onze heures, avoit défendu qu'on le réveillât dans » le cas où le courrier arriveroit dans la nuit. Cette * espèce d'indllTérence dans un moment oii il éloit » assez naturel qu'il eût de l'empressement à con- ^> noître tous les détails et toutes les circonstances i) d'un jugement si vivement sollicité , et si long- » temps attendu, prouve sa confiance et sa tran- » quillité. On lui remit les lettres de son neveu à son a réveil , à huit heures du matin* M. de Meaux » les fit passer à l'archevêque de Paris, et resta ren- ■» fermé chez lui sans même se montrer en public.

» Au moment où le Roi annonça le jugement » du Pape, le duc de la Rochefoucauld, qui se » trouvoit présent à cette déclaration, dit qu'il » pouvoit assurer Sa Majesté que M. l'archevêque » de Cambrai n'hésiteroit pas h se soumettre à la •» décision du saint Siège. Il étoit singulièrement » attaché à ce prélat; et c'étoit annoncer haute- » ment qu'il l'estimoit autant qu'il l'aimoit.

w M. de Cambrai fut instiniit de l'arrivée du bref M par une simple lettre de Paris ('), le 25 mars » avant midi , au moment où il se disposoit à prc- 3) cher le mystère de l'Aiinoiï^iatioJi, 11 prêcha eu -» effet sur ce texte, yîa^ voliintas tiia^ et tourna » tout son discours en général sur la soumission à

(i) Ce fat le comte de Fénéicn , son frère ^ qui vint en poste de Paris lui iiorter la première nouvelly du jugement ttue copie du bref du Pape.

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